ÉVOLUTION ET CAUSES
Nous avons résumé rapidement les différentes étapes de l'épidémie, nous voudrions dire quelques mots sur son évolution et sur ses causes.
Les causes se résument en une seule : l’eau.
En 1914 la boisson du soldat était simplement l’eau, le pinard n’avait pas encore fait son apparition sur le front, les mercantis étaient ignorés. L'analyse faite au laboratoire de l’armée a démontré plus tard que l’eau de Berles-au-Boiïs était polluée.
L'évolution fut curieuse. Au début les températures ne dépassaient pas 39 degrés, plus tard au contraire certains sujets eurent d'emblée 40 degrés le premier jour de leur mise en observation. Enfin beaucoup de malades eurent une fièvre tout à fait passagère : premier jour 38 degrés, deuxième jour 39 degrés un plateau de quelques jours puis normale.
Les renseignements recueillis à ce sujet ont montré que c'était surtout les combattants du premier jour qui avaient bien supporté la maladie.
Cette épidémie revêtit un caractère de gravité exceptionnel, nous sommes loin des statistiques
d'avant guerre donnant 2 à 3 o/o de mortalité, nous
sommes au contraire plus voisins des chiffres
indiqués par Griesinger dans ses statistiques (10 à 20 0/0), le cimetière de Wanquetin en témoigne éloquemment par ses nombreuses croix de bois.
La maladie frappa surtout les jeunes qui furent évacués en grand nombre.
Les médecins d’ambulance ont constaté ce détail et ils ont ajouté qu’en revanche chez les territoriaux malades la mortalité était plus grande que chez les
jeunes.