‹ Quelques considérations sur une épidémieChapitre 8 sur 11 · MESURES DE PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

MESURES DE PROPHYLAXIE

L'eau ayant été mise en cause on s’occupa en haut lieu de créer des mesures de prophylaxie, ainsi naquit aux armées de javellisation des eaux de boisson.

Le procédé de la javellisation de l’eau décrit dans - l’Instruction du 27 octobre 1914 était en théorie parfait. Il comprenait deux méthodes :

r° La stérilisation de l’eau par l’hypochlorite de soude ;

2° L'emploi combiné de la poudre Lambert et du filtre Garrel.

. Nous n'avons pu avoir recours au deuxième procédé n'ayant eu ni la poudre Lambert ni le filtre Garrel.

Pour l'emploi du premier nous avions à notre disposition de l’extrait de Javel concentré du commerce (85 à 90 grammes de chlore par litre), on en versait, suivant la nature microbienne de l’eau de une à trois gouttes par 10 litres d’eau.

La commission du Bureau d'hygiène de Paris dit dans son rapport du 30 mars 1912 ; « Parmi les pro- cédés de fortune pour la purification des eaux de source suspectes le pius économique et le plus pra-

tique est le procédé à l’hypochlorite de soude... ce procédé ne peut êlre qu’un moyen de fortune. »

Moyen de fortune en effet car pour rendre l’eau ainsi stérilisée agréable au goût il fallait neutraliser l'excès de chlore, c’était une chose possible dans les grands cenires où par une opération assez diflcile la neutralisation fut faite au sulfite de soude.

Plus tard la javellisation par brassage à très faible don de réactif donna une eau potable sans goût désagréable (1).

Mais ces procédés n'étaient pas réalisables dans un bataillon aussi notre eau bien stérilisée avait un goût effroyable et son absorption déterminait des nausées chez les moins délicats.

Nous l'avons installé très souvent dans les cantonnements ce fameux tonneau; les poilus ricanaient pendant la préparation de la boisson et admiraient l’écriteau placé en vedette avec ces mots pourtant bien rassurants « Eau potable ». |

Ils reconnurent rapidement l'avantage de notre liquide et tous les matins à l’heure de la toilette ils venaient auprès du tonneau, ouvraient la clé et se lavaient soigneusement... sans jamais boire.

Donc, malgré l'exécution, par nous, de la circulaire

nl

du 27 octobre 1914, l’eau javellisée n’a rien empêché

à la contamination des troupes.

[ faut bien comprendre que le soldat n’est pas une machine destinée à absorber tous les mélanges thérapeutiques fabriqués dans les laboratoires.

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