Léon Hermann, Thèse de Paris
Nous avons souvent entendu les réflexions que fai-
saient au poste de secours nos brancardiers, celle-ci était courante : & Je préfère mourir de la typhoïde
qu’empoisonné par leur eau javellisée. » Ce raisonnement n’est peut-être pas très fort mais il est celui de ia majorité des hommes, c’est pourquoi il faut en tenir compte.
Nous avions heureusement comme autre moyen de prophylaxie la vaccination ; comme je l'ai dit, d'autre part, elle fut pratiquée chez nous à la fin de l'épidémie. Elle eut un effet très bienfaisant puisqu'après l’action du sérum aucune récidive n’eut lieu au contraire.
Le Dr Crozat, dans sa statistique de mille deux cas de typhoïde pendant la guerre dit, au sujet de la vaccination antityphoïdique : « Grâce à elle les cas de typhoïde ont été rares, si l’on songe aux effectifs engagéset aux causes favorisantes ; de plus, lés hommes qui par suite des fatigues excessives de la campagne ont succombé à l'infection et ont été atteints de typhoïde malgré la vaccination, ont fait en général des formes bénignes ».
Æ La vaccination a évité bien des épidémies et pour le montrer citons un exemple :
: Au Mort-Homme au temps des attaques allemandes les communications avec l'arrière étaient très difficiles, le soir venait le ravitaillement qui
nous apportait le mininum nécessaire c’est-à-dire très peu de boisson. Il fallait pourtant boire: les émotions fréquentes, la chaleur torride donnaient
bien soif. Or à Chattencourt au pied du mont célèbre se trouvait un cimetière où la nuit nous inhumions rapidement les morts de la journée. A 2 mètres du cimetière coulait une source claire et du « Boyau de Toulouse » elle semblait un oasis renfermant la joie et le bonheur pour nos lèvres désséchées. Quelqu’un se dévouait pour aller prendre le précieux liquide et tous nous buvions. Pendant la période de repos qui suivit le séjour dans ce secteur agité nous eûmes seulement deux évacuations et pour des maladies non intestinales, c’est dire que l’eau indiscutablement souillée fut bien supportée. Il nous a semblé que seule la vaccination avait pu préserver nos unités d’une nouvelle épidémie.