COMMUNICATIONS VERBALES DE X
1*" A l'ageni Guénée, mars 1894,
« // faut vous rappeler ce que je vous ai déjà dit au sujet des relations qui existent entre Schwartzkoppen et Panizzardi. Dites bien à ces messieurs que ces relations prennent chaque jour 11)1 caraclère qui semble jilus intime, ET TOUT CE QUE FAIT LUX EST I M MÉDIA TE MENT T BAIS S MIS A L AUTRE.
Dans la brochure, le général Mercier, pour renforcer, ALTERE ainsi le texte versé au dossier: a Tout ce qui est APPRIS par l'un est communiqué à F autre. . . »
Le général Mercier n'est pas sans avoir
mesuré la distance entre les deux phrases.
Page 85. — Le général Mercier argumente de la pièce ci-dessus : Ces renseignements nous indiquent quau commencement r/^1894...
Dans la brochure, il affirme : D'AUTRES RENSEIGNEMENTS CONCORDAIENT AVEC CEUX-LA. Au commencement de 1894, etc.
S'il y avait d'autres renseignements concordants, pourquoi ne l'avoir pas dit à la barre?
Page 88. — Voici ce que, de l'audience à la brochure, devient l'entrevue avec l'expert Gobert, racontée ou écrite, par le général Mercier : « A première vue^ il [Gobert) dit que le doute NE LUI PARAISSAIT PAS POSSIRLE et quHl croyait pouvoir affirmer que le bordereau était DE LA PERSONNE INCRIMINÉE... ))
Dans la brochure : « A première vue, il dit que le doute N'ÉTAIT PAS POSSIRLE et quil croycdt pouvoir affirmer que c'était de la MAIN DE DREYFUS! »
Page 92. — A propos d'une lettre de M. Charles Diipiiy, le général Mercier s'exprime ainsi : ce Par conséquent^ vous voyez que M. Dupny me demande dans cette lettre un certificat d' anti-drey fusisme , certificat que je me suis empressé de lui envoyer^ car il le méritait complètement à cette époque ...»
Dans la brochure, cet alinéa est modifié de la sorte : « Ainsi, M. Charles Dupuy me demandait de lui décerner, pour lui E T POUR LE CABINET qu'il présidait^ im certificat et anti-drey fusisme que je m'empressai de lui donner y car il y avait entièrement droit à cette époque, »
La modification a son importance. Si le général avait mis en cause à l'audience le cabinet^ qui comprenait MM. Poincaré et Barthou, cela aurait pu amener quelques questions de la défense.
Page 95. — -A raudience, le général Mercier n'ose pas trop s'avancer, en ce qui touche à l'empereur d'Allemagne qui (( s occupe SOUVENT personnellement des affaires exceptionnelles cF espionnage... »
Dans la brochure, l'empereur d'Allemagne (( s'occupe personnellement, etc. »
SOUVENT est supprimé. C'est-à-dire que l'empereur d'Allemagne s'occupe régulièrement, etc.
Il est donc certain que M. Mertian de Muller a vu dans un château de Potsdam, dans le cabinet de travail de l'empereur, sorti tout exprès pour laisser aux touristes le temps de fouiller sa correspondance, un numéro de la Libre Parole qui portait au crayon rouge : Capitan Dreyfus ist gefangen... •
Pafje 95. — Sur la communication de pièces secrètes, le général Mercier prononce cette phrase : D'autre part, la Cour de cassation se base sur ce que J'AI REFUSE DE RÉPONDRE.
Dans la brochure, on lit : ...La Cour de cassation se base sur ce que JE N'AI FA IT AUCUNE RÉPONSE...
La seconde version est moins près do la vérité que la première. M. le général Mercier a le sens des nuances.
Paçe 97. — M. le général Mercier n'aime pas tous les jours les parenthèses. Confrontez la sténographie et la brochure:
(( ... Nous sommes restés pemlant quatre heures et demie à attendre si la paix ou la guerre allait sortir de cet échange de comnuinications (entre M. de Munster et l'empereur d'Allemagne).
{M. Casimir-Perier fait un GESTE DE DÉNÉGATION. Sensation.) •
Dans la brochure, toute la parenthèse
ja
est supprimée, supprimé le GESTE DE DÉNÉGATION...
Et M. le général Mercier continue : Vous voyez, messieurs^ que nous avons été à deux doigts de la guerre.
{31. Casimir -Perler fait un geste pour demander la parole.)
Dans la brochure, la parenthèse encore s'évanouit, et pour cause.
Page 103. — Sur des aveux qui auraient été faits en présence de Du Paty, le général Mercier n'est pas solidement fixé. Il prête à Dreyfus ces paroles : « Ces deux attachés militaires, je voudrais leur planter un poignara DANS LA TÊTE. »
A la réflexion, qu'il ne s'agissait pas de Rochefort aux araignées empoisonnées ou de Drumont aux chemises soufrées, mais du capitaine Dreyfus, le général Mercier change la place du poignard et imprime dans la brochure : « ...Je voudrais leur plonger un poignard DANS LA GORGE l » Ce qui est bien banal, pour un nationaliste — mais plus vraisemblable.
Page 103. — Toujours sur les aveux :
(( Tai envoyé M. Lebrun- Renault au président de la République et au président du Conseil pour leur répéter la scène des aveux. Or, cette scène extraordinaire ne leur a pas été répétée. Pourquoi? Parce que M. le président de la République et M . le président du Conseil, encore sous r émotion très vive de la scène que je vous ai racontée et des menaces de guerre imminente avec r Allemagne, étaient hypnotisés.,. »
{M. Casimir-Perier proteste.. .)
Cette parenthèse, naturellement, est allée rejoindre ses aînées.
Dans la brochure, vous en chercherez vainement la trace.
Page 104. — Elles parenthèses de Jaurès étaient traitées comme celles du président de la République. Ecoutez le général Mercier : « Le gouvernement était attaqué en particulier par 31. Jaurès. »
{M. Jaurès se lève POUR PROTESTER et fait de VIVES DÉXÉ GATIONS.)
Ces vives dénégations n'ont pas snrvécu à l'andience, enterrées par le général Mercier qni n'en souffle mot dans la brochure.
Page 115. — Dans une lettre au général Mercier du général Vanson, lue à l'audience, il y a : (( Le capitaine Dreyfus, ENTRE AUTRES, critiquait... »
Dans la brochure, c'est : a Le capitaine Dreyfus critiquait. . . »
Le général Mercier a décharoé la sténographie des mots « ENTRE AUTRES », pour charger le capitaine Dreyfus !
Page 116. — Toujours ce souci de l'exactitude, de l'heure militaire. Devant les membres du Conseil de guerre, le général Mercier rapporte : « Le témoignage du commandant Cuignet, qui témoignera devant vous que le capitaine Dreyfus est venu lui demander de lui faire une conférence QUI A DURE