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Rameau, possédait donc, enfoui au fond d’un tiroir, un trésor considérable qui ne s’élevait pas à moins de 40.584 livres. Arrivons maintenant aux Papiers, rubrique fort importante
(1) Decroix ( Biographie Michaud) signale un opéra-comique intitulé le Procureur dupé , dont il ne reste pas trac'*, dans le fonds légué par ses héritiers à la Bibliothèque nationale. Le titre exact de cette pièce est : Le Procureur dupe sans le savoir ; il en existe une copie autographe, due à M. de Soleinne, à la Bibliothèque nationale, Ms- fr. 9253, f° 124.
(2) Il est possible que l’acte d’ Io soit un des 3 actes séparés dont il est question dans le Journal de Collé (mars 1751) à propos de la reprise de Pygmalion.
(I. pp. 299-300.) . .. .. ,
(3) A. Pougin Loc. cit, M. Pougin, après Fétis, cite aussi 3 manuscrits théoriques de Rameau (p. 107, en note).
(4) C’était le secrétaire en bois de rose avec ornements de cuivre en couleur qui recélait le trésor de Rameau.
et qui résume, en quelque sorte, toute la vie économique et administrative du musicien. Ici, nous nous contenterons de citer les pièces que nous avons déjà analysées dans la première partie de ce travail, et nous ne transcrirons in extenso que celles dont il n’a pas encore été question.
I. — Premièr' : l’expédition du Contrat de Mariage de Sr et De Rameau passé par devant Delambon, notaire à Paris et son confrère, le 22 février 1726.
inventoriée comme pièce unique . . Première
II. — Les grosses de 3 contrats passés devant M* Ballot et son confrère notaires à Paris le Ier le 4 octobre 1745, les 2 autres le 17 janvier 1746 (1).
les 3 pièces inventoriées l’une comme l’autre Deux
III- — Les grosses de 2 contrats passés devant Me Gervais & son confrère le 18 mars 1758 (2).
2 pièces inventoriées l’une comme l’autre . . . Trois
IV. — Quatre billets au porteur de M. Colin de Saint-Marc, receveur général des Fermes, chacun de la somme de 5.000 Livres, payables le 20 janvier 1765, valeur reçue d’un fermier général dont l’endossement est au dos ; lesquels billets, attendu leur nature n’ont été ny cottés, ny paraphés, mais seulement inventoriés sous la présente cotte . . . Quatre
V. — 76 Actions des Fermes, Chacune de la Somme de 1.000 Livres expédiées en conséquence de l’arrêt du Conseil du 17 avril 1759, touttes dattées à Paris, le 31 mars 1763, signées Prévost, formant ensemble 76.000 Livres de capital, avec leurs coupons d’intérests à compter de celui payable en octobre 1764, jusques et y compris celui payable en octobre 1768, et de leurs dividendes, à compter celuy payable au Ier octobre 1763 jusques et y compris celuy payable au Ier avril 1769, à l’exception de 11 dividendes payables au Ier octobre 1763, dont les numéros sont cy-après distingués.
Chacune desdites actions et leurs coupons et dividendes relatifs sous les nos 4.275, 7.464 et suivants jusques et y compris 7.470, 9.610, 9.813, 30.422, 34.633 et suivants jusques et y compris 34.692, 65.126, 7i 2-359>7i-36o, 71.375.et 71.3 76.
Les 11 dividendes antérieurs à celui qui est échu au iet avril 1764 sont ceux des actions notées 7.464 et suivantes jusques et y compris 7-47°> 7I-359> 71.36°» 71.375 et 7I-37^, dont les dividendes ne commencent que depuis et y compris celuypayable comme dit est au Ier avril 1704.
Lesquelles actions et leurs coupons et dividendes n’ont été cottées ny paraphées, attendu leur nature, mais seulement inventoriées sous la présente cotte . Cinq
(1) Voir plus haut pour ces contrats de rente viagère.
VI. — 6 Pièces, la iere est la grosse d’une obligation passée devant Me Baron, Notaire qui en a minutte et son confrère, le 2 août 1760 par le Sr Antoine Gabriel de Pallu (1).
La 2e est ampliation délivrée par Henriet, lors adjudicataire des fermes, de la quittance de finance de Garde du Trésor royal, à luy donnée le 28 décembre 1760, des sommes provenantes de celles à luy fournies par les employés des fermes, conformément audit arrêt, par forme de cautionnement, avec déclaration que du nombre desdites sommes, était celle de 28.000 Livres à luy payée par led. Sr Pallu pour raison de son employ de receveur des Gabelles de Vienne, ensuite de laquelle ampliation est la reconnaissance dudit Henriet du payr des 28.000 Livres par led. Sr Palu, contenant que led. Sr Palu luy avoit déclaré qu’elle provenoit dudit emprunt par luy fait dudit Sr Rameau par l’obligation cy-devant inventoriée, et promesse par led. Henriet de payer annuellement aud. Sr Palu 1.400 Livres pour les intérêts des 28.000 livres sous le visa des fermiers généraux, et enregistrement de ladto promesse, scellée, bureau des fermes, le 11 décembre 1760.
La 3e est assignation donnée à la requête dud. Sr Rameau au Sr Palu, le 4 août 1760 au Châtelet de Paris, pour se voir condamner au payement des 28.000 Livres et intérêts.
La 4e est la grosse d’une sentence contradictoire entre lesd. Sr Rameau et Palu, rendue au Châtelet de Paris, le 12 août 1760, qui condamne ledit Sr Paluau payement desd. 28.000 livres envers led. Sr Rameau, intérêts et frais.
La 5e est l’expédition d’un acte passé devant led. Me Baron le même jour, 12 août 1760, signifiée, par exploit du n septembre suivant porté au pied, aux fermiers généraux dans la personne dudit Sr de Saint-Marc, qui a visé led. exploit le lendemain, par lequel led. Sr Palu, pour le payement des intérêts adjugés contre luy, a délégué aud. Sr Rameau ceux des 28.000 livres par luy consignées à M. Henriet suivant la reconnaissance formant la 2e partie de la présente cotte.
La 6e et dernière contient des conventions & reconnaissances de la part du Sr Palu, relativement auxdites créances & employ en faveur dud. Sr Rameau. Lesdites pièces cottées & paraphées par première et dernière et inventoriées l’une comme l’autre . Six
VII. — L’original en parchemin du Brevet accordé par le Roy audit Sr Rameau, le 4 mai 1745, de 2.000 Livres de pension viagère (2) Sept
VIII. — L’original en parchemin d’un autre Brevet donné par le Roy en faveur dudit Sr Rameau, le 10 avril 175°» de I 2-500 Livres* de pension viagère payable audit Sr Rameau, sa vie durant, de quartier en quartier, par les concessionnaires du privilège de l’Académie royale de
(1) C’est l’obligation dont il est question plus haut.
(2) Voir plus haut.
musique sur le produit des représentations de l’Opéra, inventoriée comme pièce unique (i) . Huit
IX. — Deux pièces, la iere contient un traité fait double entre le Sr Tréheux, cy-devant valet de chambre du Roy, et led. Sr Rameau fils, le 15 décembre I754> à 21.500 Livres de récompense de la charge de valet de chambre du Roy dont led. Sr Rameau fils est aujourd’huy pourvu au lieu dudit Sr Tréheux, au dos de ce quel traité sont 2 quittances dud. Sr Tréheux des 18 mars et 4 avril 1755, la iere aud. Sr Rameau de 4.000 livres à compte, et la 2e aud. Sr Rameau père de 17.500 Livres faisant avec les 4.000 Livres cy-dessus les 21.500 Livres contenues audit Traité, et dont le Sr Tréheux a, par sa dernière quittance, quitté Ledit Sr Rameau père.
La 2e contient une reconnaissance dudit Sr Rameau fils, sous seing privé, datée à Paris le 4 avril 1755, en ces termes :
« Je reconnais que mon cher père a eu la bonté de m’achepter une charge de Valet de Chambre du Roy, dont il pourra disposer ainsy que des appointements à sa volonté (2). »
lesd. 2 pièces inventoriées l’une comme l’autre Neuf
X. Deux pièces, dont la iere est l’original double du Bail qu’occupoient lesd. S1 et De Rameau, susdite rue des Bons Enfans, fait entre eux et le Sr Lavoisière, pour 9 années, qui ont commencé au Ier octobre dernier, moyennant 1.000 Livres par an.
La 2e contient les quittances des loyers de ce Bail des 3 quartiers échus le Ier juillet dernier, les deux pièces inventoriées . Dix
Suit une déclaration des parties relatives à la location de la cave .
XI. — « La quittance de la capitation de la présente année 1764, Onze
XII. — Led. Sr Rameau fils a représenté 3 pièces qui sont les quit¬
tances des frais funéraires dud. S1 son père par luy payés des deniers de la Communauté à luy remis à cet effet, montantes ensemble à 372 Livres, 14 sols. . . . Douze
Apres quoi les parties déclarent qu i! est dû à la Communauté par la succession de M. de Blenacque (Blénac), environ 20.000 Livres, suivant les lettres de la créance qui sont entre les mains de M. Desprès, ancien procureur au Châtelet.
« Qu il y a aussi entre les mains de M. Lasnier, procureur au Parlement, les titres d une créance d’environ 5 à 6.000 Livres sur un débiteur dont les parties ne se rappellent pas le nom, & pour lesquelles ladite créance
( i ) C’est là ce brevet de pension sur l’opéra dont la délivrance s’accorde mal avec les racontars de ^ollé.
(2) Voir Arch. nat. O1. 71 1. f° 45. Brevets d' assurancey Rameau, valet de chambre du Roy à la date du 12 avril 1755* — Cette pièce nous fixe sur la valeur qu avait alors une charge de valet de chambre du roi.
doit être colloquée sur le prix des biens de ce débiteur consignés ès mains de M. Gagniat receveur des consignations des requestes du Palais (i).
Comme aussi, qu’il est dû, par lad. Communauté 2.400 Livres qui ont été prises dans les derniers temps de la maladie dud. Sr Rameau, qui ont subvenu en partie aux dépenses d’enregistrement des Lettres de noblesse accordées par Sa Majesté audit Sr Rameau (2).
Qu’il est dû seulement les gages courants du logement et de la cuisinière, chacun de 120 livres par an, les comptes du laquais du mois de janvier dernier et à la cuisinière du mois d’avril aussy dernier, et ont toutes les parties signé :
M. L. Mangot. C. F. Rameau.
M. A. Rameau.
De cet inventaire résultent plusieurs constatations et entre autres, la confirmation de ce que les contemporains de Rameau nous ont dit de son avarice. La médiocrité du mobilier, la pauvreté des vestiaires et du linge, b existence d’ une réserve en espèces monnayées, véritable trésor que couve jalousement le musicien, tout vient à l’appui des déclarations de Collé, de Grimm, de Bachaumont. Et la ladrerie de Rameau s’affirme encore avec plus d’évidence, lorsqu’on envisage le chiffre relativement considérable de sa fortune, car Rameau est mort riche, ainsi que le prouve le partage des biens de sa communauté. De plus, on ne trouve chez lui qu’un seul clavecin, et encore, ce vieil instrument est-il en mauvais état; en tout cas, aucun violon n’est inventorié, bien que Maret rapporte que le musicien se servait souvent de cet instrument pour composer ses mélodies. Depuis longtemps déjà, l’auteur de Castor ne s occupait plus activement de musique proprement dite. Revenant aux travaux de sa jeunesse, il composait des ouvrages théoriques ; en 1761, il écrivait Y Origine des sciences ; l’année suivante, il rédigeait sa Lettre aux philosophes concernant le corps sonorey confessant lui-même « qu’il n’avait plus de génie » (3).
Le partage et la liquidation de la communauté des époux Rameau furent effectués dès le lendemain de la clôture de
( 1 ) Ce débiteur, dont les parties ne se rappellent pas le nom, est très probablement Fourdinier de St Michel, car la participation à cette affaire du procureur au parlement Lasnier déjà chargé du procès St Michel semble indiquer qu elle
se confond avec celui-ci. > A
(2) Ceci met définitivement fin à la légende qui voulait que Rameau n eut pas acquitté les frais d’enregistrement de ses Lettres de noblesse.
(3) Déclaration faite par Rameau à Chabanon. Eloge de Rameau p. 54.
inventaire, c’est-à-dire le 29 septembre 1764 (1). Nous nous contenterons de présenter une analyse aussi succincte que possible de l’ensemble des dispositions énoncées dans cet acte.
C’est l’ordre de l’inventaire qui sert à l’établissement de la masse de la communauté, masse formée de v'ngt et un articles et s’élevant à un total de 199, 42Ôlivres, quatre sols un denier. (2) Rameau en mourant, laissait donc une fortune d’environ 200,000 livres, chiffre considérable pour l’époque, et qui, au taux de la valeur actuelle de l’argent, représenterait un capital d’un demi-million.
La somme ci-dessus représente l’actif de la communauté, dont il faut déduire les dettes, savoir :
Frais durant la maladie de Rameau
6 mois de loyer .
9 mois de gages du laquais .
6 mois de gages de la cuisinière Coût de l’inventaire .
Soit 3,206 Livres auxquelles il convient d’ajouter le préciput de Mme Rameau, c’est-à-dire 2,500 Livres.
La masse nette à partager s’élève donc à :
199.426 Livres, 4 s,i d. — (3.206 + 2,500 Livres) =193,720 Livres 4 s. 1 d., dont la moitié est de 96,860 Livres 2 s. 1 d.
Dès lors, voici quelles sont les parts respectives de Mme Rameau et de chacun de ses enfants :
I. Mme Rameau— A la moitié delà masse, soit 96,860 Livres 2s. i d., on ajoute :
Le préciput de Mme Rameau . 2.5001
L’acquit des charges de la Communauté . 3.2061
La y2 des frais funéraires . 1861 7S
(1) L’inventaire de Rameau fut clos au greffe de Sifflet de Berville, le 28 7^ 1764. Le partage et la liquidation de la communauté Rameau furent effectués par devant Lambot et son confrère. Minutes Lambot, A. Père succr.
(2) Ces 21 articles constituant l’actif brut de la communauté n’étaient pas
tous partageables. Ainsi que nous le verrons, un certain nombre d’entre eux fu¬
rent laissés indivis, d’autres comptés pour mémoire, d’autres enfin firent l’objet
d’échanges entre Mme Rameau et ses enfants.
Le deuil de Mme Rameau et de ses gens Le fonds de son douaire et 2001 de rente préfixe fournies par un prélèvement de .
6oo'
Soit :
La part de Mme Rameau revient ainsi à :
96860 Livres, 2 s. 1 d + 10492 Livres = 107352 Livres 9s. id.
Il ne revient donc plus aux deux enfants que 92073 Livres 15 s. soit, pour chacun d’eux, 46036 Livres, 17 s. 6 d.
IL Claude François : Il précompte les 21500 Livres qu’il avait reçu de son père pour payer le prix de sa charge. Sa part se réduit donc de ce chef à 24536 Livres, 17 s. 6 d.
IL Marie- Alexandrine : Elle touche net 46036 francs 17. 6d.
La part de Mme Rameau est constituée par les fonds ciaprès :
i° Les meubles sujets à crue . 4.3951
20 La vaisselle d’argent . 6531 4sgd
30 4001 dont elle fait fictivement raison à la masse
pour les arrérages de 2 rentes .
40 Les 4 billets des fermes .
5° 30 actions des fermes à prendre dans les 76 actions
de cette nature
6° Les coupons et dividendes de ces 76 actions . . . 2.957'ios
70 La créance Pallu (28.000') . 28.0001
8° Les intérêts de cette créance depuis le 20 oct. 1763 1.2521 6S
90 Les arrérages de la pension sur le Trésor ... 3.oi7'ios
io° Les arrérages de la pension sur l’Opéra . 1.050'
ii° 16.0101 5S à prendre dans les deniers comptants . 16.0101 5"