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HONORAIRES DE L’ACTE DE LA GUIRLANDE

DEUX ETATS ARRESTES

Académie royale de musique.

Acte de la Guirlande. — Autheur de la musique. — Etat des honoraires revenans au sieur Rameau autheur de la musique de l’acte de la Guirlande, représenté pour la première fois sur le théâtre de l’Opéra le mardy 21 septembre 175 r.

Il y a eu 14 représentations de cet acte, depuis ledit jour 21 7"® 1751,

(T) I.a santé de Rameau était donc déjà très précaire en 1751.

(2) fournal de Collé, mai 1751. I. pp. 321-322.

jusques et compris le 22 octobre suivant, dont les honnoraires au prorata d’un opéra demeurent fixés par l’art. 15 du Réglement.

Sçavoir •

Pour les 10 premières représentations données depuis le

21 7bra jusques et compris le 12 8bre 1751, à raison de

33 Livres, 6 sols, 8 deniers par chacune représentation. 333L, 6S. 8d.

Pour les 4 représentations, depuis le 15 octobre au 22 du

même mois à raison de 16 Livres, 13 sols, 4 deniers par

chaque représentation . 66L, 13% 4d

Total : . 400 L. » ».

Le Sieur Rameau demande, qu’attendu que l’acte de ia Guirlande est resté au théâtre, ses honnoraires luy soient payés er entier comme s’il avoit été donné 30 représentations de cet acte, celles qui manquent pour les complet ter pouvant être données en différens tems (1).

Dans la circonstance, le musicien reçut satisfaction, car une note marginale, datée du mercredi 8 Mai 1752, porte ce qui suit :

« Arresté au Bureau de la ville, ouy et ce consentant le procureur du Roy et de la ville, que la demande du Sr Rameau est accordée, à l’effet de quoy le Sr Deneuville payera audit Sr Rameau la somme de 670 Livres, 13 sols, 4 deniers pour ses honnoraires de l’acte de la Guirlande et, en raportant par ledit Sr Deneuville le présent ordre et quittance dudit Sr Rameau, ladite somme luy sera passée et allouée dans la dépense de son compte sans difficulté. Fait au Bureau de la ville les jours et . an que dessus.

Signé : De Bernage.

" Un mois avant ^représentation de La Guirlande , sa fille aînée, Marie-Louise, sé faisait religieuse et entrait au couvent des Visitandines de Montargis. A cette occasion, Rameau et sa femme constituaient une dot à leur fille :

(1) Arch. de l’Opéra. Historique. 2.

Le Réglement alors en vigueur ne faisait pas la part bien large aux auteurs pour leurs honoraires. Il était cependant plus libéral que celui de janvier 1713 qui ne leur allouait que 100 Livres pour chacune des 10 premières représentations, et 50 Livres pour chacune des 20 représentations suivantes, disposition qui faisait ressortir les honoraires d’un acte à 20 Livres (dans le cas d’une pièce en Ç actes). — Ce réglement fut amélioré en 1776. (Voir Arch. Nat. O1 624). En 1756. les honoraires touchés par Rameau pour l’opéra de Zoroastre s’élevaient à 2000 Livres, à raison de 400 Livres par acte. (Arrêté du Bureau du 16 avril 1756 : Inventaire des papiers et pièces déposés au Greffe de la ville depuis son administration de V Académie royale de musique. Arch. Opéra. Historique. 2)

14 Aoust 1751.

Ingression de M. L. Rameau au couvent des Dames de la Visitation de Sainte-Marie de Montargis.

Furent présents Sieur Jean Philippe Rameau, Bourgeois de Paris & Dame Marie-Louise Mangot, son épouse qu’il authorise à l’effet des présentes, demeurant à Paris, rue de Richelieu, paroisse Saint-Roch.

Lesquels, voulant seconder le pieux dessein que Delle Marie-Louise Rameau, leur fille, a de se faire religieuse au couvent de la Visitation de Sainte Marie étably en la ville de Montargis, où elle est actuellement novice, et où elle doit faire profession le 22 aoust présent mois, Et luy procurer une vie douce et aisée, par une dot convenable, afin que d’ailleurs, elle ne soit point à charge au Couvent(i).

Ont en exécution des conditions faites entr’eux et Dame Geneviève Angélique Ducerceau Supérieure dud* couvent de la Visitation de Sainte Marie de Montargis : présent1 2 remis et délivré au Sr Pierre Caillot, Bourgeois de Paiis, y demeurant rue de Richelieu, paroisse Saint-Roch, à ce présent et acceptant au nom et comme procureur de ladt# Dame Ducerceau et des Religieuses assistantes et conseillères dudr couvent, fondé de leur procuration spécialle passée devant Hurissé et son confrère Notaires Royaux à Montargis, le 30 juillet

dernier . Lequel reconnaît avoir reçu desdits Sr et De Rameau la

somme de 3624 Livres en une Rescription des fermes Généralles adressée à ladt6 De Ducerceau, et à elle payable par M. Philippe, Receveur général des Gabelles à Orléans. Icelle Rescription signée Maizière en datte du 12 aoust présent mois et enregistré le même jour au Controlle Général des fermes au folio 72, dont led* Sr Caillot aud1 nom est content et en quitte et décharge lesdits Sr et De Rameau, et laquelle Somme Ledit Sr Caillot, conformément à ladt0 procuration dont il est fondé, reconnaît qu’il y en a 3000 Livres pour partie dans a dot de ladte D1Ie Rameau, 500 Livres pour les frais de sa Profession et 124 Livres pour 6 mois de la pension de son année de noviciat qui écherront au jour de ladite Profession, les 6 autres mois se trouvant acquittés par la cession qui sera faite, à compter du Ier janvier dernier, des arrérages des rentes viagères dont sera cy-après parlé.

Plus les dits Sr et De Rameau, aussy à titre de dotation, ont présentement cédé et abandonné audit Couvent de la Visitation de Sainte- Marie, ce acceptant led1 Sr Caillot audit nom :

Deux parties de rentes viagères constituées sur les revenus du Roy au profit dudit Sr & De Rameau sur la teste et pendant la vie de ladte D0,1° Marie-Louise Rameau ; La iere, de 160 Livres purement viagère, par contrat passé devant Me Ballot notaire à Paris le 10 juin 1740, provenant d’une loterie royale(2) ;

(1) Ceci atténue un peu la réputation de dureté et d’avarice qui fut faite à Rameau et qu’il méritait du reste, dans une certaine mesure.

(2) Voir cet acte ci-dessus.

Et la 2e de 88 Livres de rente viagère dite Tontine, employée dans les 4 divisions de la 3e classe, dans la 8e Tontine, par contrat passé par devant ledit Me Ballot le 4 octobre 1745 (1).

Pour, par ledit Couvent en jouir et disposer... à compter du Ier janvier 1751, à l’effet de quoi lesdits Sr et De Rameau ont mis et subrogé ledit Couvent en leur bien et place... et ont remis et délivré au Sr Caillot qui le reconnaît et les en décharge les 2 grosses et contracts viagers cydessus dattés et énoncés. Et est la présente dot effectuée sous la condition que lesdites Dames de la Visitation remettront annuellement et manuellement à ladt# D11® Rameau la somme 48 Livres sur la perception des arrérages desdites rentes viagères pour ses menus besoins après sa profession. Et que ledites rentes viagères... suivront toujours la Susdite D®Ile Rameau dans quelque couvent qu’elle soit transférée par la suite, afin qu’elle ne soit point à charge.

Ledit Sr Caillot oblige lesd. Dames de la Visitation d’employer les 3000 Livres de deniers qui font partie de la dot cy-dessus au payement de partie des dettes dudit Couvent et de déclarer par la quittance qu’elles en retireront qu’ils proviennent desdits Sr et De Rameau pour justifier que cette partie de la dot de la Susdite D®1'® Rameau a réellement tourné au profit et utilité dud* Couvent.

Fait et passé à Paris, le 14 août 1751 après-midy(2).

Ont signé : Rameau. Caillot.

M. L. Mangot Rameau. Fortier.

Régnault.

Le 22 août suivant, Marie-Louise Rameau, prenant inexactement les prénoms de Louise- Julie, faisait profession au couvent de Montargis. Voici son acte d'ingression :

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