ACTE D’INGRESSION
« Je soussignée Louise Julie Rameau, fille de M. Jean-Philippe Rameau et de dame Louise Mangot demeurant à Paris, aagée de 18 ans et demy, certifie à tous qu’il appartiendra que de Mon propre mouvement, et sans aucune contrainte, j’ai, ce jour d’huy 22 aoust 1751, fait solennellement les vœux de la Sainte profession entre les mains de Monsieur Pichot, notre digne Confesseur, assisté de M. Jean Roucelet, vicaire de Sainte Marie-Madeleine de cette ville. En présence de ma mère, de mon oncle Albert Mangot et autres (3). En foy de quoi,
( 1 ) Voir ci-dessus.
(2) Minutes Fortier. Vingtain sticcessL
(3) On remarquera que Rameau n’assistait pas à la profession de sa fille.
ils ont signé ce présent acte avec notre très-honorée mère et moy- Signé : Sœur Louise Julie Rameau.
Sœur Geneviève Angélique Ducerceau, Supérieure.
André Pichot, Prestre.
Rousselet, Vicaire.
Marie-Louise Mangot-Rameau.
Charroyer, Président au Présidial, i’ ' ''' 'A; Trieson (?), Médecin
Boisseau et (?), Chevigny, Bourgeois, (i).
Les erreurs que nous avons déjà signalées dans plusieurs actes et qui concernent les prénoms de Rameau et de sa femme, erreurs auxquelles venaient s’ajouter celles qu’on relève dans l’acte d’ingression ci-dessus, où Mme Rameau porte simplement le prénom de Louise, et où sa fille est appelée inexactement Louise- Julie, provoquaient sans doute des difficultés, tant pour le paiement des rentes viagères que pour le transport de certaines de ces rentes en vue de la constitution de la dot de Marie-Louise Rameau. Aussi, Rameau passa-t-il le 8 mai 1752, devant le notaire Fortier et en présence de 2 témoins, Antoine Beaulieu et Pierre Caillot, un acte de notoriété tendant à rectifier son propre état-civil et celui des siens (2).
Les actes entachés d’erreur y sont visés, pour la plupart.
(1) Extrait des Registres des Vêtures et Professions de la maison et Communauté des Religieuses de la Visitation établie en cette ville de Montargis, tiré du 5e feuillet , recto du registre courant . — Minutes Fortier, Vingtain suce1 2 * * * * 7".
Cet extrait conforme, signé de Sœur Louise Julie Rameau, et établi par Sœur Catherine Agnès Gaillard économe et secrétaire de la Communauté, est accompagné de la procuration générale et spéciale donnée à Pierre Caillot bourgeois de Paris, pour passer avec Rameau et sa femme le contrat de profession de leur fille. Cette procuration est signée de :
Sœur Marie Angélique Ducerceau supérieure.
Sœur Marie Anastasie De Chandé, assistante.
Sœur Louise Hélène D’Hautefeuille conseillère.
Sœur Anne Marguerite Julien, conseillère.
Sœur Catherine Agnès Gaillard, conseillère.
(2) Un certain nombre de biographes, entre autres, Marpurg, Gerber, Poisot etc., ont donné à Rameau les prénoms de Jean-Baptiste, au lieu de ceux de
Jean-Philippe, (Cf. M. Brenet. Notes et croquis sur /. Ph. Rameau, Guide musical
24 avril 1898. p. 386, en note). Nous verrons plus loin que, lors d’un service célébré à Marseille après sa mort, on lui donne encore les initiales J. B. — De plus, le Privilège du n 7bre 1733 accordé à Rameau pour « plusieurs piesses de musique tant vocale qu’instrumentale de sa composition », portait les prénoms de Jean-
Baptiste au lieu de Jean-Philippe. (Voir le précieux dépouillement des privilèges
de librairie publié par M. M. Brenet sous le titre : La librairie musicale en France
de 1653 à 1790, d’après les Registres de Privilèges — Recueil de la Société intle de musique, avril-juin 1907.)