LÉS CAISSES DB RÉSISTANCE
partie, ou ils s'y refusent. Dans le premier cas, ils paient leurs cotisations et ont, par conséquent, droit à tous les subsides ; donc, tout est pour le mieux. Dans le second cas, il est de l'intérêt de la société et des membres qui en font partie de soutenir ces faux- frères en temps de crise.
Tu le révoltes contre cette idé&? Je comprends comme toi que c'est indigne, de la part de ces deux ouvriers, de recevoir des subsides sans avoir contribué à former le fonds commun ; des hommes pareils méritent la réprobation et non l'appui. Mais l'intérêt de tous exige que la société de résistance n'abandonne pas les deux individus en question, qu'au contraire elle leur donne gratuitement des subsides, afin qu^ils ne soient pas contraints par la misère à accepter des conditions de travail funestes à tous. Et il faudrait, crois-moi, que ces ouvriers imprévoyants fussent bien endurcis ou bien stupides, pour ne pas sentir, après avoir reçu Vaumône de la caisse de résistance, que leur devoir est d'y adhérer aussi pour supporter leur part des charges qu'elle impose à ses membres pour le bien de tous.
Voilà comment la caisse de résistance, en s'occupant de sauvegarder les intérêts généraux d'une profession, est supérieure à la caisse d'épargne.
Pierre, — Il est vrai que, par ce moyen, les ouvriers arriveraient à mieux défendre leurs intérêts, mais il faudrait pour cela que chacun entrât dans la société de résistance de son métier.
Jacques, — Il n'est nullement besoin que tous adhèrent en commençant ; il suffit que quelques-uns prennent l'initiative. Le reste finira toujours par comprendre qu'il ne s'agit plus ici du dévouement généreux de quelques-uns^ mais de la sauvegarde des intérêts de tous, par le concours de chacun.
QriLQUIS iCHTS
Pierre. — Ecoule, ami Jacques, je n'avais jamais sém sèment réiléchi à ces choses ; je vois maintenant que ti raison, aussi lu nie feras le plaisir de me présenter coni adhérent à la première assemblée de la société de noh métier.
LES PARTAGBUX (1)
Occupez-vous de réformes sociales, dites que vous êtes ialiste, cela sufût pour qu'un grand nombre de personnes OU8 traitent de pariageux.
Rien n'est si peu fondé que celte accusation formulée centre le socia^lisme, de vouloir un partage des biens ; aussi ceux qui Tout inventée ne donnent-ils jamais aucune preuve ' de ce qu'ils avancent. Du reste cela leur serait difficile. Aucun des auteurs socialistes, dans ses projels de réformes, n'a conclu au partage ; les associations ouvrières, qui sont aujourd'hui les représentantes du socialisme populaire, n'ont jamais, dans leurs congrès, adopté une résolution demandant un partage.
La vérité est que la réaction bourgeoise cherche, au moyen d'accusations mensongères, à soulever contre le progrès les instincts égoïstes des masses. Chaque fois qu'un F- projet de réforme a été formulé, les partisans du fait établi, ' les privilégiés de toute sorte se sont d'abord servis de la calomnie pour déconsidérer l'idée naissante ; les masses ignorantes, peu habituées au raisonnement suivi, devaient être • abusées par tous les jésuitismes, et le statu quo restait tou* )^ gours l'idéal de la majorité du peuple.
(i) Extrait ÙAVAlmanach du Peuple pour iSli,
{]'! QUBLQUBS âCRITS
1.0 SDcialisme, (|iii ost la négation absolue des privilèg iVonnini(|iios de la hourgooisie et l'affirmation de l'égalii li(in snciale des clas<es (1), par rorganîsalîcii du traviL ûv lïxhangc ot des services publics, sur des bases gana lissjiit les droits de tous les iMres humains, devait nécessù HMiiont dôchatner contre lui foutes les passions boa^ geoisfs.
A IVliid(> sciiMitifirpie des phénomènes de Téconomie M)-rialc et de la \w politique, par laquelle procédèrent leil t'iassps oitvrirros pour formuler leurs aspirations, les classai ^'(Mivernaiiles et privilégiées répondirent par de rldicules.et 1 i*tw|iidi*s attaques.
La ))lus mensongère de ces attaques, mais celle qui était ! :i])p('l<'>o à (>xorecr le plus d'influence sur le peuple des cam-pagnes contre Icaociaiisme, était cette tendance qu'on lui prêtait faussement de n'aspirer qu*à un nouveau partage des biens.
Ueniarquons, avant tout, que presque tous ces accusateurs no possèdent aucune des notions élémentaires de la s<:ioii( (ï sociale : leur raisonnement sur les rapports du travail et du capital et, en général, sur ce qui se rattache à récoiwoniio, le prouve suffisamment; ne connaissant rien do 00 qui ost lo fondement du socialisme, comment en raison neraionl-ils sainement?
Enfin, autre observation, qui devrait mettre en garde les ouvriers contre le jugement des ennemis du socialisme: Joi:«, sauf quelques misérables vendus et quelques pauvres abusés, apj)artionnont aux classes privilégiées.
Los uns sont patrons, commerçants, banquiers, grands falrii ant"<, propriétaires; les autres notaires, avocats, int'Mibros d'un pouvoir judiciaire ou politique quelconque; quel pios-uns appartiennent au clergé.
f{) dette expression à^érjalisation sociale des classes, qui était Alors eiui)loyùe souvent, équivalait à celle d'abolition des classes.