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LES PARTAGEUX

Que sont en définitive tous ces gens-là ?

Tous, volontairement ou involontairement, sont des exploiteurs du travail ; ils absorbent la plus belle part de la f richesse sociale ; chaque jour ils procèdent au partage , en r^^curdant pour eux la part du lion !

Ip. Le patron, qui se glorîGe de la richesse qu'il a acquise Lpar son travail, ne jouit de la fortune que grâce à un * système de partage connu sous le nom de réalisation des y bénéfices dus à une entreprise industrielle, système consis- V. tant à ne payer à l'ouvrier, sous le nom de salaire, qu'une r' partie du produit de son travail et à mettre dans sa poche ^ le surplus.

fi. Le comnfierçant ne fait fortune qu'en prélevant sur les ç- consommateurs un impôt, connu sous le nom d'indemnité ^ payée au négociant pour son travail et les chances de ■ perte qu'il court; indemnité qui, en réalité, n'est q#e^ . l'exploitation du' peuple par une caste mercantile.

La banque, qui vit de Tagîo, de Tusure, voit s'engouffrer, chaque année, dans ses coffres une notable partie des fruits du partage organisé par la féodalité financière, industrielle . et commerciale au grand détriment de la classe ouvrière. Les grands fabricants, les propriétaires des usines, des mines, des chemins de fer, du sol, constituent cette haute bourgeoisie accaparant le fonds commun et partageant sans cesse les produits du travail social, de manière à avoir - pour elle toutes les jouissances morales, esthétiques et matérielles et à ne laisser aux travailleur que le dénuement, le paupérisme.

"^ Puis viennent les a sauveurs » de Tordre et de la société, qui méritent aussi leur part de gâteau : huissiers, notaires, avocats, juges, greffiers, présidents ; tous se précipitent avidement dans l'arène et réclament leur portion dans le partage; le peuple sait combien elle est grosse. Tout n'est pas fini.

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Il y a les « au ton lés » locales, préfeclorales, caa tonales, fédérales, qui fabriquent des décrets et des lois grice auxquels le privilège se trouve protégé et conseillé ; et, comme tout travail mérite salaire, maires, préfets^ coaseillers d'Etat et conseillers fédéraux participent au partage.

Il manquait quelque chose de plus sombre au tableau : La robe noire du pasteur et du curé s'use vite, et il n'est plus de mode d'aller pieds nus comme au temps des apôtres ; pour le paiement de ses sermons, le prêtre, protestant ou catholique, prendra part au partage.

C'est à ces classes qu'appartiennent tous ces gens qui \ sont si prompts à formuler des accusations contre le so- \ cialisme ; et le peuple, tout en payant la note, prête com- ■{ plaisamment roreille à leurs mensonges et repousse toute Informe sociale !

C'est que Téducation du peuple est faite de manière à le rendre avant tout adorateur du fait établi, et ne concevant de progrès que ce que ses seigneurs et maîtres jugeront à propos de lui ])ermettre. Seulement, ce que les corrupteurs du sens moral, chez le peuple, n'avaient pas prévu, c'est que le paupérisme extrême devait un jour devenir révolutionnaire.

Nous en sommes là aujourd'hui.

Que veulent ces classes ouvrières qui parlent de réformer la propriété, de réorganiser la société de fond en comble ? Qu'est-ce en un mot que le socialisme ?

L'histoire de réconomie politique et sociale en mains, le socialisme affirme que la source de tous les abus sociaux est dans Tapproprialion, par une minorité, de toute cette partie du capital naturel et social qui est indispensable au travail pour qu'il puisse produire ; que cette appropriation individuelle est la cause du paupérisme croissant, parce qu'elle contraint les travailleurs, pour

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