‹ Quelques expériences d'acoustiqueChapitre 70 sur 80 · TUYAU A FERMETURE HYDRAULIQUE · texte numérisé non relu

TUYAU A FERMETURE HYDRAULIQUE

interstices remplis d'eau, un point quelconque de l'intérieur du tuyau, qui pourra d'ailleurs être ouvert ou fermé à ses extrémités. Cette disposition est indiquée dans la figure 55 qui représente la seclion du tuyau. Le tube de laiton est fixé contre un support, formé

Fig. 54. Tuyau d'orgue à fermeture hydraulique.

de deux planchettes garnies de cuir et assemblées à angles droits, qui peut glisser sans bruit tout le long de la paroi supérieure du tuyau d'orgue. Celte paroi est formée presque entièrement de deux

Fig. 55. Coupe transversale du tuyau d'orgue à fermeture hydraulique.

fortes glaces, qui laissent voir tout l'espace intérieur; elle porte en outre, dans toute sa longueur, une division qui commence au noyau, et sur laquelle on peut lire directement la distance du support, et par suite celle du tube, comptée à.partir du noyau. Sa

lèvre supérieure est mobile, et peut être fixée à une distance convenable de la lumière, pour obtenir, avec toute la force et toute la pureté possibles, un son partiel quelconque du tuyau. Les parois du tuyau sont vernies à l'extérieur et à l'intérieur, et celles de l'auge sont doublées de zinc. Un robinet permet de vider l'auge quand l'expérience est terminée.

En mettant en communication avec l'oreille, par un tube de caoutchouc, l'extrémité extérieure d'un tube de laiton recourbé de 5 millim. de diamètre, dont l'autre extrémité pénètre jusqu'au milieu de la section du tuyau d'orgue, et en promenant le support du tube tout le long du tuyau pendant que ce dernier donne un de ses sons partiels, on constate que le son s'enfle puissamment dans les nœuds, et qu'il s'affaiblit dans les ventres. Cependant la transition entre ces points d'intensité maxima etd'intensité minima n'est pas, comme on pourrait le croire, parfaitement continue. En effet, le son ne s'accroît graduellement, pour diminuer ensuite de la même manière, que dans l'intervalle compris entre deux ventres; mais dans les ventres mêmes la chute est très brusque, et l'affaiblissement très sensible; les sons partiels supérieurs notamment semblent y disparaître tout d'un coup. Aussi, tandis qu'il serait difficile de déterminer par l'oreille avec quelque précision les endroits des nœuds, la position des ventres se détermine ainsi avec la plus grande facilité et la plus grande précision.

Lorsque le tube d'exploration, par un mouvement de va-et-vient passe et repasse par un ventre, le renforcement subit du son, des deux côtés du ventre, s'entend comme des coups de cloche: on marque alors les deux points où se produit ce renforcement, et le milieu de leur intervalle indique la position du ventre. Pour les sons partiels de plus en plus élevés, ces deux points se rapprochent de plus en plus, l'intervalle diminuant en valeur absolue et en valeur relative, avec la longueur d'onde, et paraissant aussi de mieux en mieux marqué; l'écart étant, par exemple, de 0m,l4 pour le deuxième son du tuyau ouvert, soit de | ou i, de la demi-longueur d'onde, il ne sera plus que de 0m,02 pour le huitième son, c'est-àdire d'environ fo de la longueur d'onde correspondante.

J'ai réuni dans le tableau I les résultats des observations que j'ai faites, à la température de 15°, 5 c, avec une série de sons partiels du tuyau ouvert de 2m,33. Le tableau II renferme les observations concernant les sons partiels du même tuyau bouché, la longueur de colonne d'air étant alors de 2in,28 ; elles ont été failes

Page 1