ETABLISSEMENT DE LA FISTULE BILIAIRE
Il me reste à décrire le procédé employé pour obtenir soit la bile vésiculaire, soit la bile de fistule :
On fait sur la ligne blanche, à partir de lappendice xyphoïde, une assez longue incision aux parois abdo— minales du chien en expérience.
L’animal doit être à jeun, sinon les vomissements sont à peu près inévitables après la ligature du canal cholédoque ; les efforts provoquent la hernie par la plaie de la masse intestinale, ce qui complique notablement lopération.
D'ailleurs, ce n’est que chez un animal à jeun depuis quelque temps que l’on peut espérer trouver une quantité notable de bile dans la vésicule.
On cherche le canal cholédoque et on le lie près de lintestin. On y fait au-dessus de la ligature une petite incision dans laquelle on fait pénétrer une canule. On fait alors écouler par une légère pression la bile contenue dans la vésicule.
Ceci fait, on jette sur le canal cholédoque une seconde ligature plus rapprochée du foie. On retire la canule. On fait à la vésicule biliaire soulevée à l’aide de deux pinces une incision permettant d’introduire une assez grosse canule, sur laquelle on lie solidement
les parois de la vésicule. A la canule on adapte une
vessie de caoutchouc vide d'air, qu’on laisse pendre au dehors du ventre, et on suture.
Au début de ces expériences, dans la crainte que le chien ne déchirât avec les dents la vessie de caoutchouc, on enfermait celle-ci dans l'abdomen : il ne se développait qu’une péritonite médiocre; mais la bile s’écoulait difficilement. On renonça de bonne heure à ce mode opératoire. Dans les observations il est indiqué si la vessie à été placée dans l’abdomen. Quand il n’y a pas d’indication, c’est qu’elle à été placée extérieurement.
Les chiens ne survivaient guère à l’établissement de la fistule. Celui qui a vécu le plus a succombé au bout de cinquante heures.
Kunkel dit avoir conservé pendant six jours des chiens porteurs de fistules complètes. Il est probable que ces animaux étaient placés après l'opération dans de bonnes conditions hygiéniques, tandis que le laboratoire où ont été effectuées ces expériences est éminemment malsain.
Vers la fin de la vie, la bile, d’abord verte comme celle de la vésicule, devient plus fluide et tend à prendre une couleur orangée, Quelquefois elle devient trèsfloconneuse et prend une odeur repoussante due à an commencement de décomposition, car elle dégage au sortir même de la vésicule des traces d'hydrogène
sulfuré.
TT