LES DÉBUTS LITTÉRAIRES DE FANNY BUHÏÏEY
elle, de son coin, elle voyait, elle entendait^ elle observait, et elle notait tout.
Car, dès l'enfance, elle avait éprouvé un irrésistible besoin de racheter sa timidité naturelle, — qui peut-être élaît due en partie â la petitesse de sa taille, ou à sa myopie, —en confiant tous les soirs au papier le détail de ses impressions et de ses pensées. Les premières lignes de son Journal qui nous sont parvenues datent de sa seizième année l mais on suppose que, bien avant, déjà, elle avait commencé à tenir un journal, ou du moins à écrire une relation des principaux faits de sa vie. Et ce n'est pas tout. Elle s'était liée encore, de très bonne heure, avec un excellent vieillard ami de ses parents, un certain Samuel Crisp, dramaturge manqué, mais homme d'infiniment de goût et de savoir- Ce brave homme, dépité de Téchec misérable d\me Virginie de sa composition, avait quitté Londres, et s'était retiré dans une belle vieille maison de campagne aux environs de Kingston : là, il n'avait point de plus chère distraction que de recevoir de longues lettres de sa petite Fanny. C'est lui qui, de tout temps, avait engagé Tenfant à cultiver ses dons d'observation et de style : infatigable à lui vanter, et en même temps à lui expliquer. Tari avec lequel les grands écrivains classiques parvenaient à résumer en quelques