‹ Quelques figures de femmes aimantes ou malheureusesChapitre 8 sur 31 · LES SIX FEMMES D'HENRI VIII · texte numérisé non relu

LES SIX FEMMES D'HENRI VIII

Depuis notre Ancelot jusqu'à miss Strit-Hand, auteur d'une copieuse galerie biographique des Reines d^ Angleterre y personne ne nous avait encore offert autant de renseignements précieux sur les six femmes du Barbe-Bleue anglais que vient de le faire le major Marti a Hume, dans un livre qui, traduit en français, trouverait chez nous, j'en suis sur, un surrès égal à celui qu'il a trouvé aussitôt dans son pays*. Précisément parce qu'il a toujours évité, avec un soin extrême, les descriptions pittoresques et les expansions sentimentales, précisément parce qu'il a toujours eu en vue, surtout, le rôle historique des six infortunées créatures dont il nous raconte l'avènement et la déchéance, son récit nous aniêno, si je puis dire, plus directement en face d'elles que les apologies et les réquisitoires de leurs précédents biographes, qui, à fort peu d'exceptions

* The Wive» of Henry VIII, and Ihe Parts they played fa fUxttiry^ par M. Martin Hume, un vol. in-S» Londres, Eveleigh ?5«sb. Jgûfî*

près, n'ont voulu voir que le côté romanesque de leurs aventures. M. Hume ne nous parle pas de leurs robes, que nous a complaisamment détaillées miss Strickland ; et de leur caractère et de leurs sentiments il se borne à nous transmettre ce que lui en ont appris les innombrables papiers d'archives qu'il a consultés : mais il nous les présente, pour la première fois, dans le milieu où elles ont vécu ; il nous révèle les intrigues diverses où elles ont pris part; il s'elïorce de les étudier en historien, avec plus de sérieux qu'on n'a fait jusqu'à lui. Et il se trouve, en outre, que les portraits qu'il nous trace d'elles, ou plutôt que nous dégageons, nous-mêmes, de l'ensemble des faits historiques qu'il produit devant nous, concordent, le plus exactement du monde, avec ceux que nous ont laissés, de chacune de ces reines, les peintres • ^ les plus adroits et les plus fidèles du temps, iT Holbein, Jost van Cleef, Lucas Cornelisz, tous (^^ ces honnêtes portraitistes allemands ou flamands qu'Henri VIII entretenait à sa cour afin que, grâce à eux, la postérité put apprécier le charme des princesses qu'il avait daigné honorer de son attenlion. Presque dans tous les cas, ces portraits peints et les témoignages écrits qu'a rassemblés M. Hume se complètent, réciproquement, de la façon la plus singulière : et de

Page 1