J.U E L Q.U ES HÉROS S
gnies est réduite à dix-huit combattants. Plus d'officiers, tous tués ou blessés.
Au petit jour, le capitaine (l) qui commande le bataillon envoie un jeune sous-lieutenant (2), le seul officier qui reste à ses côtés, prendre le commandement de cette poignée d'hommes. C'est un solide gaillard de la classe 14, grand, taillé -en force, blond, yeux bleus, mâchoire énergique, une impression de santé robuste.
A peine est-il arrivé que l'artillerie allemande cesse son feu. L'attaque préparée se prononce : neuf Stosstruppen (sections d'assaut) de dix hommes chacune, en colonne par un, suivies par des vagues de bataillon à cinquante mètres derrière.
Le sous-lieutenant regarde autour de lui. Les « poilus » ne sont plus que des blocs de boue. Les armes ont été brisées, ensevelies dans la terre mouvante par le bombar-
(1) Le capitaine Bouchacourt.
(2) Sous-lieutenant Massart.