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LA CHARGE DES CHARS D'ASSAUT

d'infanterie, lorsqu'il commandait une section.

Le commandant Bossut est blessé aux jambes. Il ne peut plus conduire. Il a l'énergie de sortir de l'appareil. Il tombe mort. Son frère, l'adjudant Bossut, qui pilote un autre char, vient chercher son corps sous les obus qui craquent de toutes parts.

Une contre -attaque allemande se déclenche : trois compagnies au moins.

Bravement, le lieutenant Mainardy y fait face, mitraille à bout portant les Boches qui sont obligés de regagner en hâte leurs tranchées.

Jusqu'où nos tanks sont allés? nous ne pouvons le dire.

Mais cette première expérience légitime les plus beaux espoirs.

Honneur aux équipages de nos chars d'assaut.

Vn 'Régiment qui a fait plus de pri^ sonniers qu'il n'avait de fusils en ligne

C'est le 31e régiment, que commande le colonel Cuny.

Deux mille deux cents prisonniers! Joli chiffre au tableau. Et cela, bien que le combat, très dur, ait coûté à l'ennemi de nombreux morts et des blessés plus nombreux encore.

De même que les poilus ont pris fort simplement la place des Boches dans les abris qu'ils ont nettoyés, de même le colonel s'est installé dans le P. C. du colonel boche avec une grande simplicité.

Taille moyenne, râblé, des yeux noirs

UN RÉGIMENT FAIT PLUS DE PRISONNIERS

très vifs, la figure pâle et énergique barrée d'une forte moustache noire frisottante. Belle physionomie de soldat.

Il est rayonnant.

— Mes troupiers sont admirables.

— Quel recrutement, mon colonel ?

— Paris et environs...; un allant, un entrain, une endurance qui confondent!

De fait, je viens de les voir dans les boyaux. C'est l'heure de la soupe.

Ils n'ont pas l'air de « s'en faire », et ils blaguent, tout en faisant honneur à la tambouille et au pinard.

— Et puis, reprend le colonel, ça a très bien marché !

Nous sommes partis quelques minutes avant l'heure « H ». Le tir de barrage du 75 sur les tranchées boches était un peu long : quarante mètres environ; j'en ai profité.

Nous sommes entrés chez le Boche « dans nos obus ».

A 6 heures (l'heure H), j'étais ici (il

montre un point sur la carte), c'est-à-dire au delà de la tranchée de soutien.

La surprise a été complète.

Un commandant fait prisonnier m'a dit : « Nous ne vous attendions pas sitôt. »

A peine leurs guetteurs ont-ils crié :

« Voilà les Français ! » nous étions sur eux.

Ici, à l'entrée de cette sape, ils ont voulu mettre une mitrailleuse en batterie. Ils n'ont pas même eu le temps de la placer. Quelques grenades bien appliquées : les servants étaient hors de cause et la garnison de l'abri n'avait plus qu'à faire « kamarade » !

l'ai laissé le soin de les cueillir aux unités chargées du nettoyage et nous nous sommes portés plus loin.

Là encore, nous avons bénéficié de la surprise et aussi du formidable travail de notre artillerie. Le combat a été plus dur. Il a fallu avancer à coups de crosse, à coups de baïonnette, à coups de grenades.

Mais tous les objectifs ont été atteints

UN RÉGIMENT FAIT PLUS DE PRISONNIERS

et, heureusement, sans grandes pertes. Une cinquantaine de tués, à peine, pour tout le régiment!

Il n'en est pas de même des Boches, comme vous avez pu voir.

En effet, un agent de liaison m'a fait parcourir les lignes. Bien qu'on ait déjà enlevé beaucoup de cadavres, il reste encore, dans ce bois haché par notre artillerie, une quantité respectable de « Fritz » étendus, les corps tordus, les mains cireuses sortant des manches de la tunique gris-vert.

L'agent de liaison me mène à leur ancienne cuisine.

C'est une sape assez vaste.

A l'entrée, un écriteau intact : « Kùche ».

Le couloir est d'une saleté repoussante. Il faut passer sur une sorte de ponceau fait de deux planches, car le fond est plein d'eau croupissante à la surface de laquelle nagent des globules.

C'est fétide. Nous assainirons tout cela.

Sur le couloir donne une galerie; sur cette galerie, des sortes de chambres.

Je pousse une porte. Dans l'ombre, des poilus sont assis autour d'une tablé.

Ils se lèvent.

— Repos ! Repos, les enfants ! et bon appétit!

— Merci, mon capitaine. Vous venez nous relever?

J'éclate de rire.

— Hélas! non. Je ne demanderais pas mieux, ne fût-ce que pour vous donner cette satisfaction — que vous avez bien méritée.

Ils rient et me répondent d'un joyeux :

— Merci, mon capitaine.

Cette belle humeur^ chez des hommes qui viennent de supporter de si rudes journées, de soutenir de si rudes combats, est vraiment magnifique. Je comprends l'admiration du colonel Cuny pour ses poilus.

Je leur demande :

UN RÉGIMENT FAIT PLUS DE PRISONNIERS

— Êtes-vous bien installés? Les Boches ne vous ont pas laissé trop de totos?

— Des totos? non, mon capitaine. Mais des puces! Nous sommes dévorés! Sont-ils sales, ces cochons-là!....

Et maintenant, comment les Barbares ontils accepté le coup qui les a frappés ?

A leur manière habituelle : ils ont bombardé Reims! Et quinze obus de 305 sont tombés sur la cathédrale !

Brutes !

Comment on se sert

de Crapouillots boches

e ié avril 191 7 se déclenchait notre f offensive.

Au sud de Loivre, le Ier bataillon du 133e d'infanterie attaquait les positions boches.

Une demi-heure à peine après la sortie de la parallèle de départ, nous occupions la première ligne.

Cependant, le corps à corps continuait pour purger la tranchée de tout élément ennemi.

Le sergent Gauliard, un Roannais, vingthuit ans (classe 191 1), solide gaillard, bien découplé, au parler lent comme tout bon

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