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IV — LOIVRE EST ENLEVÉ

Le commandant Pichon, qui est à sa tête, s'avise d'une solution : opérer un léger recul et redemander son barrage roulant au 75.

Exécution.

LA PRISE DE LOIVRE, LE 16 AVRIL i9i7

On prend position un peu en arrière et on lance les fusées.

Voici des obus qui explosent sur la ligne boche.

C'est notre barrage roulant En avant!

A gauche, le capitaine adjudant- major Martin, qui a pris le commandement d'une compagnie dont le chef est tombé, tourne le cimetière.

Une mitrailleuse claque obstinément. Il abat le lieutenant qui la sert (2), se penche dans l'abri qui est auprès :

— Ergibt eucb ! (Rendez-vous !)

Un Boche se risque dehors en levant les bras ; il est suivi d'un autre, puis de deux, puis de trois... C'était un véritable nid de Kameraden : il en sort cent vingt-deux!

— Still stehen! commande Martin.

JJnter officier en voran !

(1) Or, il s'agissait (on l'a su depuis) d'obus de 77, dont les Boches marmitaient le cimetière, qu'ils croyaient déjà occupé par nous.

(2) Le lieutenant Neuhausen.

QUELQUES HtiROS IX«

Aufmarschiren, Marsch ! Et les Boches sont partis en rang et au pas ! Parmi eux, il y avait un sous-lieutenant; Martin le prend avec lui.

— Vous allez me faire visiter Loivre. En avant !

Puis il se tourne vers son clairon :

— Sonne la charge !

Ii est ioh 30.

Le grand soleil tape sur les ruines blanches, sur les murs croulants ou étoilés de trous d'obus qui sont tout ce qui reste de Loivre.

Les « Lions » se battent depuis le matin ; ils ont passé la nuit accroupis dans la boue de la parallèle de départ; depuis seize heures ils n'ont pris qu'un quart de jus.

Mais quand les notes claires s'élèvent, ils se sentent frémir jusqu'aux entrailles. D'un seul bond ils s'élancent. En avant!

La monteras-tu la côte ?

La monteras-tu la côte ?

LA PRISE DE LOIVRE, LE 16 AVRIL i9iy

Ces notes! Il faut, au soir d'une journée exténuante, s'être rué à leur accent sur le Boche exécré pour comprendre leur puissance résurrectrice !

En un clin d'œil, le village est traversé, les derniers défenseurs cloués à coups de baïonnette, assommés à coups de crosse, les abris vidés !

Loivre est à nous !

A cinq cents hommes, le 3e bataillon des « Lions » y avait fait huit cent vingt-cinq prisonniers.

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