‹ Quelques HérosChapitre 40 sur 48 · MENSONGES DES BARBARES · texte numérisé non relu

MENSONGES DES BARBARES

Sauvagerie monstrueuse! Barbarie sans nom !

Aussi cherche-t-on à trouver un prétexte.

La Galette des Ardennes du 17 mai 19 17, reproduisant des allégations de la Galette de Francfort, déclare gravement : « Les Français utilisent la cathédrale comme observatoire. »

Est-il nécessaire de dire que les Français n'ont nul besoin de ce trop précieux observatoire? que jamais la cathédrale n'a été utilisée comme tel ? que S. Érri. le cardinal Luçon — dont la parole ne saurait être mise en doute — l'a affirmé à maintes reprises ?

Que signifient ces mensonges?

Simplement qu'en détruisant ce chefd'œuvre de l'esprit humain, les barbares se rendent compte du crime de lèse-humanité qu'ils commettent et lui cherchent des circonstances atténuantes, de misérables circonstances atténuantes.

Ces mensonges ne sont que la preuve éclatante de leurs remords,

Mais ils ne trompent personne, pas même ceux qui les font.

Le crime de Reims est de même nature que ceux de Louvàih, d'Ypres et d'Arras. Il est de ceux qui — malheureusement avec beaucoup d'autres — ont mis les Boches hors de l'humanité, et « toute l'eau de la mer » passerait sur les hontes dont s'est souillé le nom allemand sans les effacer.

Victoires militaires, intrigues diplomatiques ou mensonges puérils n'y changeront rien.

Pour tout homme digne du nom d'homme, l'Allemagne s'est déshonorée à jamais.

Elle n'a pas à mentit; mais à se repentir et à expier.

Arras !

Dédié aux signataires de l'Adresse des quatre-vingt-treize intellectuels allemands.

Arrivée par la porte Baudimont.

Les rues Baudimont, Saint-Aubert, Ernestal et de la République forment l'artère centrale de la ville, allant de la porte Baudimont (au nord-ouest) jusqu'à la gare (au sud-est).

Dans la rue Baudimont, peu de dégâts; malgré la proximité de la partie subsistante des fortifications, les obus ne sont pas ici tombés dru.

Le carrefour à l'angle de la rue d'Amiens, avec sa fontaine Louis XV, a conservé son aspect habituél.

Tout le haut de la rue Saint-Aubert n'a rien, ou peu de chose.

La place du Théâtre, aussi, a peu souffert.

On est saisi de l'impression de vide que produit la ville.

La seule vie qui y subsiste est donnée par les relèves de soldats anglais qui, sous leurs casques en plat à barbe et le fusil à l'épaule, filent le long des boutiques aux volets clos.

Rue Ernestal.

Le collège de jeunes filles est éventré.

Quelques mètres plus loin, la gracieuse tour des Ursulines, délicieux souvenir du quinzième siècle, est décapitée. C'est elle qui fut visée : le collège a bénéficié du voisinage.

Voici la gare.

Elle a été criblée. Plus une vitre, bien entendu. Partout, dans la brique rouge (la construction datait de vingt-cinq ans à peine), des trous béants.

De toutes les maisons de la place, il ne reste rien.

Retournons.

LE BEFFROI d'aRKAS EN 1914

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