LA SENTINELLE ARABE
Tout à coup, un ouragan de feu se déchaîne. Obus et mines s'écrasent sur le petit poste.
Les Boches ont dû inscrire à leur programme du jour: « Tir de concentration sur le poste d'écoute n°4. »
Le boyau du poste en un clin d'œil est nivelé. Blocs de terre, éclats de bois, débris d'étoffe, volent en l'air dans un nuage de poussière et de fumée noire.
Le capitaine, en rampant, s'approche.
Le caporal et les trois tirailleurs gisent, déchiquetés.
Mais, immobile, la sentinelle est telle qu'il l'avait laissée, les yeux vers l'ennemi.
Il appelle :
— Ben Daho ! Ben Daho !
Alors, lentement, comme à regret, une face basanée se retourne, une face qu'illuminent des dents blanches et un bon sourire.
— Mon captan ! Rien nouveau !
Le Prisonnier alsacien
Un radieux dimanche de printemps. Un azur sans fond tout étincelant de lumière, et dans lequel l'oreille attendrait le tintement joyeux et clair des cloches de Pâques.
Des avions volent dans l'air vermeil, oiseaux majestueux sur lesquels par éclairs brusques resplendit le soleil.
- Soudain des cris :
— Un Boche ! Un Boche !
En effet, à la lunette, sous les ailes blanches on distingue les croix noires.
Mais voici deux autres qui sortent de l'azur.
La cocarde aimée !
Ce sont des nôtres.