UN ANCIEN C. 0. A. PROPOSÉ POUR LA CROIX
montré qu'un C. O. A. pouvait devenir un soldat d'élite. Déjà, dans la Somme, il s'était distingué. Cette fois il a fait mieux : il a pris une part décisive à l'un de ces avantages locaux dont sont constitués dans la guerre actuelle les grands succès.
Le 20 avril 19 17, la 7e compagnie du 133e régiment d'infanterie (compagnie dont il faisait partie), renforcée d'un groupe de grenadiers de la 6e, recevait l'ordre d'enlever un petit bois situé au sud-est de Loivre entre le canal de l'Aisne et la voie ferrée.
Une section appuyée des grenadiers devait prendre par la voie ferrée, une autre par le canal, tandis que les deux sections restantes attaqueraient de face.
A l'heure « H » — 6 heures du matin — nos poilus sortent des lignes.
Ciel bas. Il fait froid et il fait gris.
Il a plu les jours précédents. On enfonce dans la boue jusqu'à la cheville. Les pieds
s'empêtrent dans les fils de fer brisés de l'ennemi.
Pour comble, à peine a-t-on fait cent mètres que les mitrailleuses boches s'éveillent.
Vuillaume marche avec la section de gauche, celle qui doit prendre par la voie ferrée.
Devant eux, à l'angle du bois et du chemin de fer, une mitrailleuse crépite. Vuillaume la prend en consigne. Résultat : la mitraille concentre sur lui ses feux. Il se planque. Les balles pleuvent autour de sa tête. La terre vole. Il est aveuglé. Son pourvoyeur est touché...
Il ne perd pas son sang-froid. Sans se soucier des « mouches » qui lui bruissent aux oreilles, il délace méthodiquement les chargeurs que portait son camarade, les ajuste sur son dos, puis, se dressant brusquement, tenant sous le bras son fusil-mitrailleur dont il se sert comme d'un terrible arrosoir, il bondit sur les Boches.