Concernant la sentence d'excommunication
fondé. Je ne saurais dire s'il l'a clé dans le temps où on l'a mis en circulation. Pour le présent, ma situation ecclésiastique semble réglée moyennant des sacrifices personnels dont j'ai pris moi-même l'initiative.
Je ne vous cacherai pas que l'aflluence des curieux, surtout depuis le mois de janvier, m'avait donné l'idée d'interrompre mon cours pendant quelques semaines, afin de disperser les auditeurs inutiles, qui sont plutôt gênants. Les circonstances m'ont décidé à le suspendre tout à fait. Pour assurer la paix de mon existence, et contribuer, autant qu'il est en moi, à la pacification des esprits dans l'Église catholique, j'ai résolu d'abandonner mon enseignement. Je ne continuerai pas mon cours après Pâques. Si je ne l'ai pas dit, il y a quinze jours, à M. Jean Réville, c'est que j'ignorais encore le parti que les autorités ecclésiastiques voudraient prendre à mon égard 1.
Il me reste à aous remercier du fond du cœur pour l'exquise bienveillance que j'ai toujours
i. Je n'en savais guère plus quand j'écrivis à M. A. Réville; j'avais appris seulement, par voie indirecte, que le Saint-Office renonçait à me condamner personnellement .
trouvée auprès de vous, et je vous prie de croire que j'en garderai un souvenir reconnaissant.
Belle vue, le l'j mars 190^.
Au Révérend F.
Cher Monsieur,
Ce qui arrive est inouï. Mais ne pensez-vous pas que le gouvernement pontifical désire maintenant la séparation de l'Église et de l'Ktat en France, sans se douter de ce qui en résultera, et parce que certain ordre religieux ne se voit plus d'avenir qu'en essayant de créer le trouble, afin de provoquer une réaction ? Je crois qu'on se trompe, et qu'une réaction catholique est impossible. Il y a certainement beaucoup de logique dans les conseils de l'Église romaine, et beaucoup d'harmonie entre les jugements du Saint-Office et les protestations du « jeune Cardinal Merry del Val » en faveur du pouvoir temporel. J'avoue, d'ailleurs, que M. Loubet, en entrant au Quirinal.
a commis un bien plus grand péché ({ue moi en contestant l'authenticité johanniqiie du quatrième Evangile.
Bellevue, le '2<^ mai 1904.
A M. l'abbé X, à Chartres.
Monsieur,
Vous savez peut-être déjà que le diocèse de Chartres va être affligé de maprésence,au moins intermittente. Vendredi prochain, je quitterai Bellevue pour m'installer au village de Garnay,
près Dreux,.. La sympathie que vous
m'avez toujours témoignée, depuis le temps déjà lointain où nous étions condisciples cnDuchesne, Martin et Jovene, m'engage à recourir à vous pour vous demander de prévenir officieusement l'administration diocésaine, en attendant que je l'avise moi-même, ce que je compte faire en me rendant à Chartres, si je le puis, dès les premiers jours de mon arrivée à Garnay. J'ai obtenu de Rome, il y a cinq ans, la faculté de célébrer la
messe dans ma chambre, et j'aurai à soumettre mon induit au contrôle d'un des vicaires capitulaires de votre diocèse. Je lie les connais pas même de nom, et, si vous voulez bien me faire un petit mot de réponse, je vous saurai gré de me dire si vous-même serez à Chartres la semaine prochaine ou la suivante, à quel personnage officiel je devrai m' adresser, et quels sont les lieu, jour et heure de ses audiences l.
Bellevue. le ij juillet 1904.