‹ Quelques lettres sur des questions actuellesChapitre 28 sur 46 · Voir plus haut, leUre XXXIII · texte numérisé non relu

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issus d'un premier mariage, hypothèse gratuite, mais non absurde en soi ou impossible, soit des cousins germains de Jésus, ce qui est, sans nul doute, une interprétation fausse et arbitraire des textes.

Au point de vue de l'histoire, l'ensemble des croyances relatives à la virginité de Marie est une création de la foi. Cette foi, autorisée par l'Église, les transforme-t-elle eu réalités ? Voilà encore une de ces questions qui sont résolues dès qu'on a osé une fois les formuler. L'autorité de l'Eglise ne peut avoir d'effet rétroactif pour changer en faits anciens les symboles d'une foi plus récente. L'examen dont vous parlez n'a jamais eu lieu. La conscience chrétienne s'est approprié, en fait de livres inspirés et de croyances, tout ce qui répondait à son besoin, ce qu'ellemême avait pi'oduit. Jamais assemblée d'Evèques n'a véritablement discuté les titres histoi'iques des dogmes dont il s'agit, et je crois qu'on peut ajouter d'aucun dogme. Les conciles n'ont pas vérifié criliquement les origines des croyances qu'ils ont définies au nom de l'Église, mais seule* ment si ces croyances étaient en possession de la foi. Même le concile du Vatican n'a pas scruté les origines de la primauté pontificale. S'il l'eût fait^ il n'aurait pas pu déliuir cette primauté dans les

termes qu'il a choisis, et comme un privilège absolu, concédé par Jésus lui-même à la succession des Evêques de Rome.

Je ne m'excuse pas d'avoir écrit une lettre si démesurément longue, puisque vous m'y avez provoqué. Un mot encore pour finir : ce n'est pas l'origine de tel dogme particulier qui est en cause maintenant, c'est la philosophie générale de la connaissance religieuse, et la notion môme de l'autorité dans l'Eglise.

Ceflbnds, le 17 juin 1907.

A M. l'abbé Bricout, directeur de la Rame du Clergé français.

Cher ami, Il m'est permis de vous donner ce titre, puisque c'est moi sans doute que vous visez dans vos Paroles de croyant et d'ami, à l'endroit où vous dites d'un prêtre atteint par des censures récentes de l'épiscopat français, qu'il a été votre « maître », et qu'il reste votre « ami très cher ». Bien que nos relations soient devenues plus que rares en

ces dernières années, sans que je puisse voir ce qui, de mon côté, aurait pu les rendre pénibles, je suis touché, comme je le dois, de votre courageuse déclaration. Ce m'est une raison de plus pour vous adresser quelques remarques sur les principaux passages de votre article K

A propos de « certaines études » sur la résurrection de Jésus, sur le dogme de la Trinité, et sur la virginité de Marie, vous écrivez : « L'hérésie est manifeste pour tous, et les auteurs euxmêmes eussent été surpris que l'Eglise ne les condamnât point sévèrement ». LÉglise m'a déjà condamné tant de fois que je ne puis plus être surpris maintenant quand le fait arrive. Mais, sur le chapitre qui me concerne de préférence, celui de la résurrection, je ne crois pas qu'on puisse m'arguer d'hérésie. J'ai essayé de déterminer les circonstances probables de l'inhumation du Christ, et celles où est née la foi à sa résurrection ; je ne me souviens pas d'avoir nié le fait dans mes articles de la Revue critique et mes chroniques bibliques de la Revue d'histoire et de littérature religieuses. Je regarde comme légendaire le récit de la sépulture par Joseph d'Arimathée, et de la découverte du tombeau

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