‹ Quelques lettres sur des questions actuellesChapitre 33 sur 46 · Voir Documents, n" XXI · texte numérisé non relu

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l'Église catholique, une tentative, consciente chez quelques-uns », — chez moi probablement, — « inconsciente chez la plupart, p'our transformer le catholicisme en une sorte de protestantisme libéral ». Vous devez pourtant savoir, Monseigneur, ce que c'est que le protestantisme, et vous ne pouvez pas ignorer ce que c'est que le catholicisme. Toute la religion n'est pas dans la critique biblique et dans la philosophie du dogme. Même sur ce dernier point, les auteurs de la prétendue tentative s'éloignent radicalement du protestantisme. Les protestants ne reconnaissent de valeur qu'au pur Évangile. Ceux que vous leur assimilez relevaient plutôt la tradition catholique au-dessus de l'Évangile même. Mais la question qui divise essentiellement catholiques et protestants est celle-ci : La religion est-elle un fait individuel ou un fait social? Question qui, appliquée au christianisme, devient : la religion instituée par le Christ et ses disciples est-elle individualiste ou universaliste? A quoi nous avons répondu ; la religion est un fait éminemment social, et le christianisme authentique est catholicisme. C'est sur la notion de l'Église que se séparent catholiques et protestants, et je suis étonné qu'un théologien comme vous n'ait pas l'air de s'en souvenir.

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Mais vous êtes hanlé par la terreur de la critique biblique, et relTarenient de la crainte vous fait tenir des propos tout à fait extraordinaires de la part d'un homme qui est entré dans le clergé après avoir fourni déjà une brillante carrière dans l'Université. Si ce n'était l'effroi qui vous trouble dans la juste appréciation des choses, ce serait une impardonnable légèreté qui vous aurait fait résumer en ces termes tout le travail de l'exégèse scientifique : « Chacun à son tour, au nom de sa philosophie religieuse, vient déclarer invraisemblable i^X ou tel fait, inauthentique tel ou tel texte qui ne cadre pas avec son système )-). — Où donc, Monseigneur, avez- vous appris l'histoire de l'exégèse? Et comment ne s'est-il trouvé autour de vous personne pour vous apprendre, si vous ne le saviez pas, que les principaux problèmes concernant l'origine et le caractère des livres bibliques sont résolus dans le même sens par des savants qui ont des opinions religieuses et philosophiques très différentes?

Elle est entendue, la question du Pentateuque, en tant qu'il s'agit de discerner les principaux documents qui y sont entrés, leur date approximative, leur caractère, et les divergences ne portent guère que sur ce que l'historien peut retenir de la légende relative à Moïse et à l'exode d'Israël.

Entendue, la question d'Isaïe, à qui l'on relire la majeure partie du livre qui porte son nom, et 1 in. certitude n'est que sur l'attribdtion et la date de quelques fragments. Entendue la question des Psaumes, que l'on s'accorde à renvoyer aux temps postexiliens. Entendue aussi, la question du quatrième Évangile, qui n'est, à proprement parler, ni une œuvre apostolique, ni une œuvre historique, et il s'agit seulement de savoir si l'on doit en retenir ou non quelques éléments pour l'histoire de Christ. Entendue, même la question des Évangiles synoptiques, pour ce qui est de leur nature, de leur rapport mutuel, de leur degré d'historicité. Entendue, la question des récits concernant l'enfance de Jésus, et de ceux de la résurrection.

L'on dirait vraiment que vous n'avez jamais pratiqué la méthode historique, puisque vous ne savez pas la reconnaître chez des savants qui l'emploient sur un terrain plus difficile que celui où vous ave./, exercé votre talent. Peut-être est-ce là votre excuse : vous avez étudié l'histoire des derniers siècles, et vous n'avez pas, que je sache, beaucoup cultivé les langues orientales ni l'histoire des reUgionsde l'antiquité, non plus que celle des origines chrétiennes. Cette lacune de votre érudition pourrait vous rendre un peu cir-

conspect. En tout cas, il est plaisant de voir un homme qui prétend imposer à lexégèse comme règle absolue un système dogmatique, et la clian- «•er ainsi en art d'éluder le sens naturel des textes, venir reprocher aux critiques de la Bible un parti pris contre la vraie science, l'histoire authentique, et les accuser de servilité à l'égard d'une conception philosophique dont le plus grand nombre d'entre eux n'ont aucun souci.

Vous n'avez peut être été guère mieux inspiré en allant, pour juslifier le décret du Saint-OiTice, rechercher un manifeste officiel ^ du protestantisme orthodoxe contre les libéraux. Est-ce que le décret ne vous paraîtrait pas assez autorisé par lui-même? Que n'allez-vous aussi demander quelques documents à l'Église russe ? Les Églises dissidentes ont plus d'intérêt que la nôtre à combattre la critique, parce qu'elles se fondent sur des textes qu'on ne peut discuter sans les ébranler elles-mêmes. Nous croyions appartenir à une Église dont le principe était vivant.

Vous citez ensuite, à l'appui de votre thèse, celles des propositions condamnées que vous avez trouvé les plus significatives. Et là encore, Monseigneur, vous n'avez pas eu la main heureuse.

1 . Lettre pastorale des surintendants de Hesse Cassel, citée d'après Go-ïau, L'Allemagne protestante.

Vous citez la proposition 111 : « On est en droit dinférer que la foi pi'oposée par l'Église est en contradiction avec l'histoire ». — 'Elle est extraite d'Autour d'un petit licre (introduction, xxii) : « Si l'on n'explique pas à ceux qui sont capables do réflexion l'état réel des choses, ils s'instruisent dans les livres des protestants et des incrédules, et l'attitude même de certaines autorités ecclésiastiques peut les induire à penser que la croyance officielle de l'Église est en contradiction avec l'histoire. » Je parlais de certaines autorités et d'une possibilité morale : le 'Saint-Office parle de l'Église et d'une déduction logique, fondée en raison. Que pensez. Monseigneur, de cette substitution?

Vous citez la proposition XIII : « Ce sont les évangélistes eux-mêmes et les chrétiens de la seconde et de la troisième génération qui ont artificiellement élaboré les paraboles évangéliques, et ont ainsi rendu raison du peu de fruit de la prédication du Christ auprès des Juifs. » — Cette proposition est prise des Études évangéliques (73>, un livre où j'ai prouvé l'authenticité substantielle des paraboles ; et l'on a étendu à toutes les paraboles ce que j'ai écrit des deux versets de Marc (iv, 11-12) où Jésus est dit avoir parlé en paraboles pour l'aveuglement des Juifs.

Que pensez-vous. Monseigneur, de cette substitution ?

Vous citez la proposition XV : « Les Evangiles se sont enrichis cVaclclitions et de corrections continuelles jusqu'àla fixation et à la constitution du canon ; dès lors il n'y subsista de la doctrine du Christ que des vestiges ténus et incertains. » — Cette proposition est faite de deux pièces mal jointes : un passage des Études èvangéliqiies (i'3) où je dis que « le texte des paraboles a été un peu iluide jusqu'à la composition des Évangiles synoptiques (cela résulte, avec évidence. Monseigneur, de la comparaison des textes parallèles), ou plus exactement peut-être jusqu'à la canonisation de ces Évangiles, qui a mis fin au travail de rédaction ;) ; et un passage de U Evangile et V Église (introduction, xx), oîi, après avoir rappelé que la prédication du Christ u'a pas été recueillie de sa bouche et transcrite dans un livre, mais résumée beaucoup plus tard sur le souvenir des auditeurs, je concluais : « Il ne reste dans les Evangiles qu'un écho, nécessairement aflaibli et un peu mêlé, de la parole de Jésus ». Gela s'entend naturellement de la rédaction par rapport à l'enseignement vivant. De plus, qui dit (( écho alfaibli » ne dit pas « vestiges faibles » ; qui dit (( écho mêlé ». ne dit pas « vestiges incer-

tains ». Les relouches, additions, coiM'eelions sont attestées par la comparaison des Évangiles et par riiistoiiv du texte; elles n'enipêclient pas, je le reconnais à chaque page de mes écrits, que la majeuro partie des discours attribués à Jésus clans les trois premiers Evangiles ne soit authentique quant au fond, et même quant à la forme. Encore une fois, Monseigneur, que pensez-vous de la substitution ?

A'ous citez la proposition XX : « La révélation n'a pu être que la conscience, acquise par l'homme, de sa relation avec Dieu. » — C'est un texte incomplet, qui vient d'Autour cViin petit livre (195) : (( Pour peu qu'on y réfléchisse, et quelles que soient les circonstances extérieures auxquelles se sont rattachés l'éveil et le progrès de la connaissance religieuse dans l'homme, ce qu'on appelle révélation n'a pu être que la conscience, acquise par l'homme, de son rapport avec Dieu ». J'envisageais la révélation dans son terme, et je constatais simplement que, même en supposant les circonstances merveilleuses que raconte la Bible, en admettant que Dieu en personne a parlé à l'homme, la révélation n'existe pas avant que l'homme ait compris, et, comme l'objet de la religion est le rapport de l'iionnne avec Dieu, avant qu'il ait eu conscience de ce

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rapport. Où est, Monseigueur, le subj'ectwisme dont vous m'accusez?

Faut-il que je continue l'examen de toutes les propositions que vous avez signalées dans votre article? Ma lettre deviendrait un volume, et partout, Monseignem*, partout j'aurais à faire les mêmes observations. Je me coutente de relever encore une des « erreurs » qui vous auront le plus scandalisé. C'est la proposition XXIX : « Ou peut accorder que le Christ (|ue riiistoire présente est bien inférieur au Christ qui est l'objet de la foi. » — Le texte original est dans Autour cViin petit Iwre (ii3) : « On a dit que, dans ces conditions, le Christ de l'histoire serait bien inférieur au Christ de la foi. » Il s'agit d'une objection que l'on a soulevée contre le chapitre du Fils de Dieu, dans L'Évangile et V Église. Le Saint-Office la transforme en thèse absolue, bien que, dans la suite, je ne l'accepte pas comme légitime, et que je la repousse dans ma conclusion (p. i36) : « Le Christ liistorique, dans l'humiUté de sou service, est assez grand pour justifier la christologie. » Que pensez-vous, Monseigneur, de ce procédé ?

J'en viens à h l'étrange théorie en vertu de laquelle le critique et l'exégète pourraient l'ejeter comme faux des faits que l'Église croit comme

très certains (proposition XXIII), ou n'être pas condamnés quand ils posent des prémisses d'où il suit que les dogmes sont historiquement faux ou douteux, à condition qu'ils ne nient pasles dogmes mêmes directement » (proposition XXIV). — Cette théorie, Monseigneur, est plus qu'étrange, elle est ridicule; aussi bien n'a-t-elle été soutenue par personne. Mais, étant donnés les moyens d'exégèse dont disposent les théologiens du Sainl- Orfîce, je vovis concéderai volontiers qu'on la déduite aussi à'Aiitou?' d'un petit livre, dans les passages où je réclame pour le critique un droit d'ailleurs imprescriptible, celui de vérifier létat des témoignages, et de dire en toute sincérité ce qu'il a trouvé. D'après le Saint-Office et d'après vous, l'on n'aurait pas le droit d'énoncer le résultat de ces investigations, quand il contredirait les opinions reçues dans l'Église, ou compromettrait les dogmes qui ont un rapport avec l'histoire. Cette exigence de l'Église ne peut être qu'une mesure de pohce, et rien de plus. Ce ne pourrait être un droit, ou bien il faudi'ait dire que c'est le droit d'opprimer et de supprimer la recherche scientifique eu matière d'histoire religieuse.

Personne, à ma connaissance, n'a davantage soutenu que « la loi ecclésiastique qui prescrit de

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soumettre à la censure préalable les livres qui concernent les divines Écritures ne s'étend pas à ceux qui cultivent la critique des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament » (proposition I). « 11 faut, dites-vous, avoir cessé de croire que l'Église a le dépôt de la vérité, pour réclamer contre une telle mesure. » — Non, Monseigneur. 11 faut, non pour soutenir la proposition condamnée, qui est fausse, puisque l'Eglise enlend certainement soumettre le travail critique à sa censure, mais pour ne pas se conformer à ses prescriptions sur ce point, il faut seulement, dis-je, connaître l'histoire de la religion, l'histoire des dogmes chrétiens, l'histoire del'Église, et la mentalité des théologiens fidèles à la tradition scolastique. Alors on sait que, pratiquement, la censure dont il s'agit est la mort de toute critique, parce qu'elle est destructive de la liberté et de la sincérité scientinques. Je vous apporterai des exemples si vous en voulez. Quant au dépôt de vérité confié à l'Église, il ne coniieut pas de réponses particulières pour les problèmes de la science et de Thistoire; et c'est pourquoi précisément, voulant régir la science et l'histoire, l'Église rencontre des contradictions ou provoque la désobéissance.

Vous louez, Monseigneur, « l'extrême modéra-

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tiou, l'extrême réserve des termes dont use le Saint-Orfice ». Je vous avouerai que cet éloge m'a fait un peu sourire. Parmi les exemples que vous avez choisis, je prends celui qui me regarde, la proposition XXX : « Le nom de Fils de Dieu, dans tous les textes évangéliques, équivaut seulement au nom de Messie ; il ne signifie point du tout que Jésus est le vrai et naturel Fils de Dieu. » Il y a donc, pensez- vous, des textes où la formule Fils de Dieu peut signifier seulement Messie, et d'autres où elle signifie davantage : Quelle sagesse, et quelle heureuse distinction ! — La source paraît être cette phrase de L Evangile et l'Eglise (p. -6) : L'on trouverait sans peine dans les Évangiles plus d'un passage d'où il résulte que le titre de Fils de Dieu était pour les Juifs, pour les disciples et pour le Sauveur luimême, l'équivalent de INIessie. » On me prête une opinion inepte en me faisant dire que « Fils de Dieu » signifie (( Messie » dans tous les textes évangéliques. Le titre s'entend au sens métaphysique dans le quatrième Evangile, et déjà dans le fameux texte(MATTii., xi, 2;;) : « Nul ne connaît le Fils, si ce n'est le Père, ni le Père, si ce n'est le Fils. » J'ai voulu dire et j'ai dit que, dans les textes qui représentent les déclarations authentiques de Jésus, ou la pensée des premiers dis-

ciples,c*est-à-dire dans la plupart des discours que reproduisent les Évangiles synoptiques, Fils de Dieu et Messie sont termes synonymes, qui n'impliquent pas ce que le Saint-Oifice appelle « la vraie et naturelle filiation divine ». J'y mets, comme vous voyez, autant de nuances que la S. Congrégation, et des nuances dont celle-ci n'a pas tenu compte en interprétant mon texte.

Pour finir. Monseigneur, ce décret, qui émane seulement dune Congrégation i-omaine. et qui n'engage pas à fond la responsabilité de l'Église, vous nous le donnez comme un oracle infaillible, et vous excommuniez déjà, de votre chef, ceux qui ne s'y soumettraient pas « sans retard et sans réserve ». Ils « nauront plus qu'à sortir de l'Église; c'est douloureux, mais il était temps que l'équivoque cessât, et que l'on ne pût plus s'affirmer catholique en soutenant des thèses protestantes ou rationalistes ». J'ai déjà remis au point quelques-unes de ces thèses. Ici, prenant une liberté que me permettent peut-être nos anciennes relations, je vous dirai que ce n'est pas avec ce ton cavalier et cette fausse pitié qu'on reconduit les gens à la porte du sanctuaire. Qui êtes-vous donc pour nous jeter ainsi dehors? Si haut placé que vous soyez déjà dans la hiérarchie, vous n'avez pas encore qualité pour nous

juger. Des articles comme celui que vous venez d'écrire pourront vous élever jusqu'aux dignités suprêmes. Eh bien ! Monseigneur, — puisqu'ainsi l'on vous nomme, — laissez-moi vous avei'tir que vous possédez plus que suffisamment l'esprit d'un inquisiteur, et tâchez d'acquérir l'àme d'un évêque.

Ceffonds, le 'ir juillet 1907.

LU

Au même.

Monseigneur, Rien n'était plus loin de ma pensée que de vous attribuer quelque vue d'ambition. Vous êtes trop sincèrement chrétien pour être ambitieux de l'épiscopat. Et comme il faut être insensé pour désirer d'être évêque en France à l'heure qu'il est, vous êtes aussi trop sage pour le souhaiter. Mais des articles comme celui de la Croix pourraient vous recommander malgré vous au choix du Saint-Siège, qui croirait, à très juste titre, posséder en vous un instrument sûr et docile de ses volontés. Voilà tout ce que j'ai

voulu (lire dinis la conclusion de mu lettre. Lu vôtre me prouverait encore, s'il en était besoin, que vous serez toujours cet instrument sûr et docile, puisque vous n'admettez même pas qu'on puisse avoir raison, ne fût-ce qu'à demi ou sur des points particuliers, contre un décret du Saint- Office.

Je doute pourtant que votre apologie du décret Lamenlahili soit bien solide, quand vous écrivez qu'il n'y a pas « défaut d'intelligence ou de bonne foi chez ceux qui ont rédigé « les propositions, «puisqu'ils ont rapproché des assertions différentes, sans les attribuer à celui-ci ou à celuilà y>. Le décret condamne des opinions qu'il dit avoir été soutenues par certains novateurs, et non des opinions qu'on pourrait, à tort ou à raison, déduire de leurs écrits. Or je suis, le rapport des textes en fait preuve, un de ces novateurs pour la majeure partie des propositions condamnées, et j'ai l'ennui de constater que ces propositions altèrent plus ou moins les opinions qu'elles sont censées reproduire. Quelques-unes sont de véritables contresens, entre autres celle qui concerne la rédaction et le but des paraboles évangéliques. Ne parlons, si vous voulez, ni d'inintelligence, ni de mauvaise foi; du moins y-a-t-il passablement de légèreté, d'ignorance, et un trop

grand désir de trouver matière à condamnation. Il est bien regrettable que je ne sois pas consulteur du Saint-Office ; je crois pouvoir dire, sans vanité aucune, que j'aurais pu dresser une liste encore plus longue de propositions, en marquant plus exactement la différence entre mes opinions et celles que représente l'enseignement commun de l'Église.

Ce n'est pas précisément faute de celebret, mais faute d'induit pontifical, que j'ai cessé de dire la messe depuis novembre dernier. Le celebret était requis pour obtenir le renouvellement de cet induit, et j'ai toujours supposé que le Cardinal Richard (à qui l'Evêquede Châlons m'avait renvoyé) ne l'avait pas donné, parce qu'il connaissait le sentiment du Pape sur ce point. Ce que vous me racontez de votre conAersatiou avec le Saint- Père me semble confirmer mou hypothèse. Je comprends, du reste, fort bien qu'onne m'ait accordé \\\ celebret, ni induit; mais je regrette qu'on ne m'ait pas dit pourquoi, et que le Cardinal Richard, par exemple, ait répondu à ma requête en me faisant dire qu'il me donnerait bientôt une décision qu'il ne m'a jamais signifiée.

Pour une raison analogue, j'ai peu apprécié la bienveillance qui a fait omettre mon nom daiis l'ordonnance où le même Prélat semblait vouloir

insinuer que les articles de Dupin et de Herzog étaient pseudonymes et pourraient être imputés à lauteur, innommé, des chroniques bibliques.

J'aime à penser, Monseigneur, qu'il ne restera rien entre nous de l'impression fâcheuse que ma lettre a pu vous causer, — rien qu'un dissentiment fondamental sur une question qui ne nous est point personnelle, à savoir l'autorité de l'Église, — et je vous prie d'agréer, avec mon meilleur souvenir, l'expression de mes sentiments très respectueux.

Ceffonds, le 3o juillet 190;^,

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