LA PRESSION ARTÉRIELLE DANS LE DÉCUBITUS LATÉRAL
L'étude de la pression artérielle, a pris depuis ces dernières années une importance considérable en elinique. Elle y fut introduite par von Basch, de Vienne, qui fit connaître,en 1881, une méthode d'exploration du pouls, susceptible de donner des renseignements plus précis que ceux que l’on avait pu obtenir jusqu’alors. Mais ce fut Potain, en France, qui comprit clairement, le premier, de quelle utilité pour les médecins, allait devenir la sphymomanométrie. Lui-même d’ailleurs, grâce à son appareil si simple et si pratique, et grâce aussi à son grand sens clinique, parvint, par la connais-. sance de la pression artérielle, à déterminer fort exactement l’état normal ou pathologique du système cir-
culatoire,
Mais comme précisément, à la suite de ses nombreux
travaux, l'étude de ia pression artérielle devenait indispensable au médecin, on en vint à rechercher plus de précision dans sa détermination. On avait remarqué que, si la préssion normale indiquée par l’appareil de Potain, était, d’après l’auteur lui-mème, de 16 à 17 centimètres de Hg., ia pression réelle ne semblait pas dépasser 11 à 12 centimètres de Hg. Le sphygmomanomètre : de Potain donnait donc une estimation supérieure de ÿ ou 6 centimètres de Hg. à la normale. Et, en effet, ainsi que l’a bien noté M. Gallavardin (1) dans son livre sur La tension artérielle en clinique, si le principe de l’appareil est exact, son application, d’une manière rigoureusement scientifique, est extrêmement, difficile : il y a « fixité insuffisante de l’artère » ; au lieu de reposer sur un lit osseux rigide, elle repose parfois sur un lit musculaire qui se laisse déprimer en même temps que l'artère, et il peut arriver mème, qu’au lieu d’être déprimée, la radiale, chassée de son lit normal, fuie sous la pression de la pelote élastique.
Il fallait donc trouver le moyen de fixer l'artère : Riva-Rocci y parvint en la comprimant dans son instrument par « un lien pneumatique circulaire ». Grâce à ce nouvel appareil, on arriva à déterminer, avec une très grande exactitude, la pression artérielle, puisque le chiffre trouvé ne s'écartait que de 1 à 2 centimètres de Hg. de la pression réelle.
{. GaLLAvARDIN. La tension artérielle en clinique, 1 vol. Paris, Steinheil, 1910.
Mais la pression ainsi obtenue était la pression maxima de chaque pulsation artérielle, c'est-à-dire une pression qui, ainsi que le remarquait déjà Potain, ne correspondait qu'à un instant limité de chacune des pulsations. Au contraire La pression minima est une pres” sion constante ; c’est elle, qui, ainsi que l'indique M. Pachon (1), « règle l'effort initial du cœur au moment de l'évacuation ventriculaire >
M. Josué (2), il y a déjà plus de cinq ans, montra d quelle importance clinique était la connaissance des tensions artérielles maxima et minima. Il indiqua dès ce moment, d’une facon très précise, tousles renseignements que l’on pouvait en tirer pour calculer le travail du cœur et en connaître le fonctionnement. Après lui M. Gallavardin insisla également sur la nécessité de tenir compte de cette pression minima, qui, d'après M. Pachon(3) tout récemment, présenterait «une constance remarquable à l'état physiologique, non seulement chez le mème individu, mais encore chez les divers individus». Elle n’aurait qu’une « valeur de dé-
croissance très faible le long du système artériel », et
1. V. Pacmow. La mesure de la pression artérielle par la méthode des oscillations. L’oscillométrie pratique. Paris médical, 1e juillet 1911.
9. O. Josué. Pression systolique et diastolique. Coefficients cardio-vasculaires. 50€. méd.des Hôpil.,Paris, 28 février 1908.