Brochure citée, p
2. « Il faut l'avouer aussi : nos manuels de théologie n'ont pas de grands attraits pour une intelligence de vingt ans.
« Tous se ressemblent sur deux points, ajoutet-il : ils sont écrits dans une langue plus que médiocre; et ils manquent d'ampleur, d'élévation, d'intérêt, surtout d'actualité. On s'en sert au séminaire ; on les compulsera, peut-être, dans les paroisses, pour les conférences ecclésiastiques ; mais on les consultera peu pour le ministère des sacrements, et pas du tout pour celui de la prédication. Ce sont des manuels morts ^ »
Sans du tout méconnaître l'évidente obligation, pour le prêtre, de savoir le latin, idiome officiel de l'Eglise, il se demande si ce n'est pas « un peu perdre son temps que de s'escrimer à penser, écrire ef parler dans une langue dont on outrage sans cesse les règles et le génie propres, et dont on n'usera tout juste, plus tard, que pour demander une dispense d'empêchement de mariage». Il ne craint pas
Avec leurs multiples ti^aités, leur latin du moyen âge, ils produisent l'effet d'une immense forêt où les arbres sont drus et hauts, les allées broussailleuses, la vie confuse et sombre : il semble qu'on y doit manquer d'air et de jour. Les uns ont voulu tout dire: ce ne sont que prolégomènes, préliminaires, définitions, divisions, subdivisions, états de questions, thèses, scolies. Les autres ont renchéri sur cette manie de dissection ; et, outre de nombreuses « Observations » et de filandreux « Corollaires », on y voit encore d'interminables « Appendices » à la fin de chaque traité, et des « Notes » à peine lisibles au bas de toutes les pages. » — Lettre aux directeurs du grand séminaire, p. 16.