‹ Quelques motifs d'espérer [microform]Chapitre 19 sur 51 · Loc. ciY., pp. 144 à · texte numérisé non relu

Loc. ciY., pp. 144 à

certes qu'il nous vienne en tête d'établir entre eux et les deux savants évêques de Ghâlons et de La Rochelleaucuneespèce de comparaison, mais simplement parce qu'ils ont traité la matière avec beaucoup plus d'ampleur. C'est un gros volume que nous a laissé le regretté maître de Saint-Sulpice, et c'est tout un livre aussi que formeraient déjà le& lettres de M^"^ Mignot. Mais par là même qu'ils ont parlé de tout, et de tout assez complètement,, nous ne pouvons entreprendre de les suivre en chacune des matières qui composent, réunies, ce qu'on appelle la science sacrée. Disons seulement qu'ils y portent, l'un et l'autre, le plus profond mélange de sagesse et de science, de sincérité personnelle et de docilité à l'enseignement de l'Eglise, d'examen libre et de respect pour les vraies traditions. Un même esprit les anime tous deux, et l'archevêque ne nous en voudra pas si nous croyons reconnaître chez lui l'influence du modeste prêtre qui fut son professeur et qui resta son ami. Pour M^' Mignot, comme pour beaucoup d'autres, M. Hogan aura été l'éducateur, l'initiateur, celui qui montre la voie et auquel, même en le dépassant, on reste toujours redevable du chemin parcouru.

Pour ces deux maîtres, il ne fait plus de doute que les programmes des grands séminaires doivent être élargis et renouvelés. <( Il est déjà bien loin, le temps où la théologie dogmatique

et morale, avec la philosophie scolastique pour prélude, pouvait être regardée comme un bagage intellectuel suffisant pour le prêtre. » Il y faut ajouter, tout au moins, l'étude plus approîoiuhe de la Bible, l'histoire de l'Eglise, les règles de l'apologétique et de la prédication, la connaissance de la philosophie moderne et des sciences naturelles ; et, sur chaque point, on devra se tenir au courant de l'état présent des questions. Mais les années de grand séminaire n'étant pas augmentées, comment étudier dans le même temps, deux fois plus de matières? Peut-être, et ceci est de l'auteur de cet article, en travaillant davantage ; mais certainement, et ceci est de M. Hogan d'accord avec les évêques cités plus haut, en s'occupant moins de ce qui n'en vaut pas la peine : « La théologie dogmatique gagnera à une étude plus se-

rieuse de l'Ecriture sainte et à la connaissance directe des Pères, plus qu'elle ne saurait perdre à l'abandon de quelques théories démodées et des subtilités scolastiques. L'apologétique fera bien d'oublier les difficultés d'un autre âge pour mieux résoudre celles de notre temps. » Du reste, les connaissances nouvelles ne seront pas seulement juxtaposées à ce que l'on doit garder de la science ancienne; elles s'y inséreront, elles la fortifieront, elles compenseront avantageusement les parties élaguées : par exemple,

« la philosophie a beaucoup à apprendre des sciences; la théologie morale tirera un grand profit des récentes études de psychologie ; et l'histoire, traitée d'une manière intelligente, projettera sa lumière sur presque tous les sujets* ». Mais ce n'est pas seulement le programme des études qui a besoin d'être renouvelé et complété ; c'est encore et surtout dans la méthode proprement dite, dans les dispositions mentales et les procédés de recherche, qu'une évolution, une adaptation est devenue nécessaire. « Conservatisme et progrès », tel est l'heureux titred'un des articles où M. Hogan traite premièrement du caractère immuable qu'emprunte la théologie dogmatique à la fixité des vérités divines qu'elle a pour objet ; en second lieu, du caractère progressif qu'elle doit à la nature même de l'esprit humain et à l'accroissement perpétuel des sciences avec lesquelles elle se trouve en rapport. Toutes les fois qu'une de ces tendances s'exagère aux dépens de l'autre, c'est pour le dommage des deux : « La tendance évolutive, si elle ne rencontrait aucun obstacle, aurait bientôt émancipé la théologie du joug de l'autorité et anéanti toutes les croyances fixes ;

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