DEUX CARACTERES PARTICULIERS DE NOS LYCEES
Quand après avoir observé renseignement primaire^ on passe à l'étude des lycées, on se sent aussitôt sur un terrain bien autrement solide et résistant. Nous rencontrons ici des fondations vieilles de six ou sept siècles; car ce ne sont point nos Facultés qui continuent l'antique Université de Paris ; c'est notre instruction secondaire qui a recueilli cet héritage et qui, par une filière évidente, va se rattacher à l'ancien Collège de Sorbonne,etplus loin encore à l'École du Cloître Notre-Dame. On sait comment les collèges, d'abord fondés pour prêter un abri à des étudiants pauvres, attirèrent petit à petit à eux l'enseignement de l'Université , dont ils empruntaient les professeurs, et comment dès le quatorzième siècle ils furent célèbres par leurs cours. Déjà fort atteints au temps des guerres de religion , ces établisse-
ments eurent ensuite beaucoup à souffrir de la concurrence des Jésuites, lorsque ceux-ci vinrent apporter en France leur enseignement plus brillant et plus varié. Mais après l'expulsion de cet ordre, en 176'2, TUniversité de Paris rentra en possession de ses collèges, s'installa dans ceux de la compagnie rivale, et elle y régnait en 1789, quand le flot de la Révolution vint tout emporter.
Une seule maison survécut. Le collège Louis-le- Grand, plus ancienûement collège de Clermont, traversa la Révolution sous les noms successifs d'Institut des boursiers, collège de l'Égalité, Prytanée français . Malgré ces dénominations nouvelles, les études et les professeurs restèrent les mêmes.- En 1804, il s'appela Lycée impérial, et par un remarquable exemple de multiplication, il devint le modèle et le père de tous les lycées et collèges créés ou rétablis dans l'étendue de TEmpire.
Les lycées étant la pièce essentielle dans la reconstruction de l'enseignement opérée par 'Napoléon^, nous devons définir dès à présent le caractère nouveau qu'il imprima à l'instruction publique. Il donna au corps enseignant une cohésion que celui-ci n'avait jamais eue sous l'ancien régime, et dont aucun autre pays ne présente rien d'approchant. Il en fît une administration; et tandis qu'il relevait tant d'anciennes choses sous