‹ Quelques mots sur l'instruction publique en FranceChapitre 30 sur 43 · Pré^ost-Paradol, De Véducation · texte numérisé non relu

Pré^ost-Paradol, De Véducation

«obligée lie porter <et qui génje tous nés mom^ laenta. ï^urquoâ radipw9tratekur prime^t41 te ^mfessemr ? Pourquoi la <cjiaii«e ^e^itHeUe eneombrée ide devoim écrits î Pourquoi te professeur n'iest*M jpnfi maître de pj:^e&criare à :f^&f^ élève» les livrée qu'il veut? Pourquoi Ist cli^iplâne est^le si <Uf^ iicUe À maintenir? Powipioi les traitemauts des professeurs diffèrentrrils ^1^ les lycées, de s^nte que ravaneemecit ne peut se Iwe sur place? C'est rûiternat qu'on retrouve au fond do iow ces l^us. Le jjour où rUuiversiité serait débarrassée de cette tâche qui ne lui convient pas, son euseignement serait plus libre et plus fort, son personnel plus respecté, ses iiaéthodes plus fle^ibtes, ^on iuJQuence dans le pays plus iucontestée. Q est vrai que, soit calcul de l'administration, soit plutôt fatalité iuhéreute à l'origine du corps univerisitaire, les intérêts de fios professeurs sont liés 4 la coosepvation de riaternat : unie boaae partie de leurs appointements est faite des profits réidisés

sur la pensioiii des jfniternes. Mais il n'i^ pas admissible qu'un pays coname le irôife sqH ho^ d'état de payer ses professeurs, et ûe la'est pas Wi^e raison de oe g^are qxû po»'rra jamais âbfve^ v^ voquôe pour perpétuer ehez nous u»e tostilutie» ' reconnue comin»e vieieuse.

Un motif qui est donné souvent, c'est que les parents, privés de ce débouché, lenverroat. leurs

enfants ;dans les maisons eoclésia&tiques. Mai$, comme nous l'avons déjà di£, Tinternat doit sw* tout fia pqpularité à ses attaches offîcielles. Si TËtat ne le patronait pas et ne le désignait pas aux familles comme le meilleur parti à preoadre pour leurs enfants, non-seulement beaucoup de collégiens n'auraient pas été privés de Téducation def£^nille, mais les séminaires eux-mêmes auraient reçu moins d'élèves. Admettons cependant qu'aujourd'hui l'internat soit tellement entré dans nos mœurs qu'il soit impossible de l'extirper, et Siupposons que les établissements ecclésiastiques voient leurs réfectoires et leurs dortoirs se remplir de tout le contingent de pensionnaires refusés par nos lycées. Est-ce à ses internats que l'Université doit sonaction sur la jeunesse? Qu'importe que nous ne conduisions plus les élèves à la promenade, si nous leur donnons l'instruction? Malgré ses défauts et ses lacunes, la supériorité de l'enseignement universitaire est tellement reconnue que les meilleures pensions ecclésiastiques envoient leurs élèves aux classes de nos lycées. Voilà le point qu'il faut conserver et où il faut appliquer tous nos eflforts. Ce n'est point par ses maîtres d'études et ses censeurs, si excellents d'aiUeurs qu'elle les puisse choisir, que l'Université travaillera au progrès intellectuel du pays. Qu'elle .améliore ses écoles et ses classes, qu'elle

fonde solidement l'instruction supérieure : voilà son vrai rôle. A Sainte-Hélène, Napoléon se plaignit un jour que M. de Fontanes eût méconnu Tune de ses plus belles conceptions. En créant l'Université, il avait voulu que la science restât une chose secondaire, et qu'on s'attachât surtout « aux principes et à la doctrine nationale. » On sait ce que ces mots voulaient dire dans la boiiche de l'empereur. C'est le contraire de ce programme que nous voudrions voir suivre à l'Université. Qu'elle s'attache surtout à la science, et elle deviendra alors l'initiatrice des progrès intellectuels et moraux du pays.

Nous ne demandons pas que l'Université ferme subitement ses internats. Qu'elle prenne seulement les mesures nécessaires pour les réduire graduellement. Il faudrait d'abord hausser la limite d'âge : à moins de circonstances exceptionnelles prévues et définies par le règlement, aucun enfaut au-dessous de douze ans ne devrait être reçu pensionnaire. Jusqu'à cet âge, les études ne sont pas si élevées qu'on ne puisse au besoin les faire à la maison avec l'aide des parents ou de l'instituteur primaire. On a multiplié, dans ces dernières années, les collèges pour les petits. Ces maisons sont placées à la campagne ; on vante la beauté de leur site, la grandeur de leurs parcs. J'applaudirais à tous ces perfectionnements s'ils

n'avaient pas pour résultat d'étendre le mal qu'ils sont destinés à alléger. Plus vous rendrez les abords de l'internat riants, plus vous y engagerez les familles. Il faut au moins que la limite d'âge serve de correctif à la séduction exercée par ces utiles améliorations.

En second lieu, le lycée, loin de décourager l'hospitalité privée, doit la provoquer et l'aider. Que les parents obligés de se séparer de leur fils aient la ressource de le placer chez d'autres parents, où il grandira dans Tair de la famille, et où il trouvera une juste et honnête liberté. Le proviseur aura la liste des personnes recommandables qui se présentent pour recevoir un ou deux hôtes ; un fonctionnaire du lycée pourra rendre visite toutes les semaines à cette colonie d'externes. Les abus seront moins nombreux qu'on ne le croit, surtout si l'on ne choisit pas, pour inaugurer cette institution, des routiers vieillis dans l'internat, mais des jeunes gens sortant de la maison paternelle.

Il va sans dire que ceux d'entre les professeurs qui voudront prendre sous leur toit des pensionnaires devront y être autorisés. Il se formera aiasi de petits groupes semblables à ceux des collèges anglais. Je n'ignore point qu'en Angleterre le travail dans les pensions laisse souvent à désirer. Mais il faut compter sur l'esprit plus stu-

dieux de nos jeunes gens, sur rémulation qui s'établira entre les maîtres, sur rautoritë universitaire qui empêchera ces pensionnats de devenir une opération mercantile. L'intérêt pédagogique se réveillera ; des conférences pourront avoir lieu, où Ton comparera les méthodes et les résultats.

Troisièmement, la plus grande sévérité doit présider à la composition de nos internats. U î^ifA éloigner sans hésiter tout élève dont le langue ou les manières annoncent un commencemeo^t de corrupUoûî : c'est là un devoir envers les familles. « On ne laisserait pas avec les autres un enfwt malade d'une maladie contagieuse. Est^œ donc que la contagion des mœurs est moins . dangereuse et qu'elle a des suites moins funestes? Un principal qui a de la religion peut-il soiatenir cette pensée effrayante, mais véritable, qu'un jour Dieu lui demandera compte de toutes les âmes qui se sont perdues dans son collège, paix^e qpue, pour des vues d'intérêt, ou par trop de com|d&i* sance et de mollesse, il n'en aura pas éloigné les corrupteurs : Sanguinem ejvs de manu tua requiratn^.9

Par suite de ces éliminatiotas , la discî{iUne pourra devenir plus flexible,, et l'on eflicera de nos règle»ments les articles inspirés par la doua»-

l. Traité des Études y VIII, u, 3.

t». Nos ^otLere aont Ipus 'ceurbés schis vme TSèf^ uniforme, mulgvé tes 4iSéiieMe% «d'Âge ifst ée ca^ Tftctère. L'autorité agirait fèiis jsabiloflaant on cO&erefaaot des coUatitorateaiFSrpanm 1^ élèi^œs les plQS «sérieux. Si l'on r^aidlksaait Ja popuktio^ du lycée par études dednq^ou ak «âèves isous la sufvaillance d'un camarade plus âgé, <m aurait û^ avantage d^intéresser à la discipline ^un certain fiombne déjeunes gens ; on stôit'^'il Ji'est lien poor rendne consep^teur fipmuie un petit ^tag-*iflfent d'autorité. Mieux qu'un msdtre d'étude, joes surveillants feraient comprendre à leurs ,cama«> rades la nécessité de Fi^rcke. Ils aideraieuit (dans leur travail les élèves les moÂDSs avancés; phis ct^un enfant attardé ou découri^é aérait redevaUe de <ses inx)grès à im grand imniftra^e, lequel ée son côté rapprendrait, en les «enseignant, bien des ebcKses qu'il avait oubdiée^ A:UX fonctioias de surveillant «eraleni attachés cearbiins avantages oomine la l'â)re fréqueniatioji de la bibliothèque, ^s soï\ties plus aombreuse^^

On iobjectera que ee sptème peut donner )^u

à (des excès de pouvoir, à des quenelles: maJ^Jes surveillâ&ts seront placés jeux-^m^es sous rordr:e de l'autorité supérieure; OjCHUime il y (Cn aura un bon nombre, il s'étabiira bientôt une sorte âe droit coutiinaiier qu*on sera intéressé de part jet d'autre à maiixtefliir. Nous avons peine à nous fi*

gurer ce système, parce que dans les établissements que nous avons sous les yeux tout le monde est ligué contre la règle. On objectera aussi les vexations exercées sur les petits dans les collèges anglais. Mais outre que le caractère français est autre, il existe en Angleterre sur ce point une longue tradition qui, si elle voulait s'établir chez nous, pourrait être arrêtée dès l'origine. Rappelons-nous enfin que Tordre maintenu par les citoyens, même s'il est défectueux par moments, vaut mieux qu'une exacte discipline sous un maîtres

Pour établir de telles réformes, il faut que le proviseur devienne le chef indépendant et responsable de son lycée. Enveloppé lui-même dans les mailles ^u règlement où il retient ses subordonnés, il n'est pas maître de tirer parti de son expérience. Laissez les proviseurs conférer entre eux et se communiquer les ré'sultats de leurs essais : les perfectionnements réalisés sur un point profiteront alors à la France tout entière. L'éducation publique, ainsi modifiée, sera débarrassée d'une partie de ses défauts et de ses dangers : mais il ne faut pas oublier qu'elle n'est jamais qu'un pis-aller, et il serait à souhaiter que sur ce point l'opinion se fît entendre pour remettre en honneur les vrais principes. A tout père de famille qui, sans raison décisive, repasserait à au-

trui le soin d'élever ses fils, devrait s'attacher cette sorte de défaveur qui est la punition d'un devoir méconnu.

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