SÉANCE DU 27 AVRIL
examen superficiel, ou plutôt qu’il avait reproduit sans examen les données consignées dans les ouvrages antérieurs; car, en 1822, dans un article du Chapman s Philadelphia Journal (cité par De Candolle, Meyen, Vaucher, etc.), il nia l’exactitude du fait qu’il avait d’abord admis avec tout le monde, et il affirma qu’au lieu des fleurs mâles, ce sont uniquement des masses de pollen qui viennent flotter à la surface du liquide.
En 1828, un observateur italien, Paolo Barbiéri, a émis [Osservazioni microscopiche , memoria physiologico-botanica. Mantova, 1828, 8°) sur la Vallisnérie spirale d’Italie des assertions analogues à celles de Nuttall sur la variété américaine. D’après la citation faite par Meyen, Barbiéri a observé un grand nombre de fois cette curieuse plante, et il affirme avoir reconnu que ses grains de pollen, se détachant par milliers, viennent nager à la surface de l’eau, de manière à former les petites masses blanches qui faisaient employer par Micheli l’expression de « aquam dealbatam. » Barbiéri a même rompu le petit pédoncule des fleurs mâles qui, ainsi détachées, ne sont pas venues, assure-t-il, flotter à la surface du liquide.
Enfin un botaniste allemand, dont l’habileté et l’exactitude comme observateur n’ont jamais été mises en doute, Meyen est venu appuyer par ses propres recherches sur la Vallisnérie cultivée en serre les résultats des observations faites sur la plante spontanée par Nuttall et Barbiéri. « Quoique la Vallisnérie, dit-il dans sa Physiologie (iVcmcs System der Pflanzen- Physioloyie , III, 1839, p. 287), fleurisse presque chaque année dans nos serres, on n’a jamais pu voir ses fleurs mâles se détacher; mais j’ai vu moimême maintes fois que des masses plus ou moins volumineuses de son pollen s’élèvent vers la surface de l’eau, et que là, venant naturellement ou artificiellement en contact avec les fleurs femelles, elles en opèrent la fécondation. »
Ou ne peut s’exprimer avec plus de netteté, et la question si intéressante de la fécondation chez la Vallisnérie se trouve ainsi posée, par les assert ions contraires que j’ai rapportées, dans un tel état d’incertitude, qu’il me semble impossible de l’élucider sans de nouvelles recherches faites avec tout le soin possible. On peut donc voir que j’étais suffisamment autorisé par l’état actuel de la science à provoquer de nouvelles observations sur un sujet qui mérite plus que tout autre peut-être l’attention des botanistes.
N’étant pas en position d’observer la Vallisnérie vivante, j’ai cherché si l’étude de la plante sèche pourrait me fournir quelques données sur le sujet en question. Mais, parmi les nombreux échantillons qui représentent cette espèce dans l’herbier de M. Delcssert, un seul, venu de l’herbier de Ventenat, m’a offert une inflorescence mâle dans un état à peu près convenable pour donner quelques renseignements instructifs ; seulement une compression exagérée en a déformé toutes les parties. Cependant il m’a été facile de voir que la paroi interne de la spathe ouverte est tapissée de fleurs mâles