SOCIETE BOTANIQUE UE EKANCE
détachées, et que l’axe de l’inflorescence en porte aussi un grand nombre qui sont encore en place. Si une conclusion quelconque pouvait être déduite d’une observation si incomplète, elle serait plutôt favorable à l’opinion de Linné, Jussieu, Richard, etc., qu’à celle de Nuttall, Barbiéri et Meyen.
L’analogie viendrait encore à l’appui de la même opinion, si l’analogie pouvait être ici de quelque poids dans la balance. Il existe, en effet, à côté de la Vallisnérie spirale, des plantes submergées dioïques, chez lesquelles on a vu également les fleurs mâles se détacher par la rupture de leur pédoncule, et arriver ainsi en contact avec les fleurs femelles à la surface de l’eau. En effet, les choses se passent ainsi, d’après M. Robert Wight (in Hooker’s Miscellany, II, p. 3ôô), chez le Vallisneria alternifolia , Roxb., et aussi, d’après Roxburgh, chez VHydrilla ovalifolia, L. C. Rich. (Serpicula verticillata , Lin., Roxb.). Elles ont encore lieu d’une manière analogue, quoique avec une particularité nouvelle, chez VUdora canadensis , Nutt. [Elodea canadensis , Michx.). Dans cette dernière plante, d’après Nuttall, les fleurs mâles se détachent par la rupture de leur pédoncule; mais, dès qu’elles arrivent à la surface de l’eau, leurs anthères s’ouvrent avec élasticité et répandent leur pollen qui flotte sur le liquide.
De quelque manière qu’ait lieu la fécondation chez la Vallisnérie, il sera toujours difficile de s’en rendre compte avec les données que possède aujourd'hui la science. En effet, soit que les fleurs mâles restant sur la plante, leur pollen vienne seul flotter à la surface de l’eau, soit, comme je suis bien plus porté à le croire, que ces fleurs se détachent et viennent répandre leur pollen dans l’air, il doit toujours arriver que la poussière fécondante se trouve plus ou moins longtemps en contact avec le liquide; à moins toutefois qu’ou ne suppose que ces fleurs ouvertes flottent sans se renverser, de manière à maintenir les anthères ouvertes, constamment élevées au-dessus de l’eau. Or, on connaît l’action fâcheuse exercée par l’eau sur les vésicules du pollen des plantes ordinaires; il faut que le pollen de la Vallisnérie ne soit pas organisé de manière à subir cette action, et qu’il résiste au moins pendant quelque temps à l’influence de l’eau. Du reste, le pollen des plantes submergées en général, doit être organisé de telle sorte que le contact de l’eau ne le fasse pas crever, ou que du moins, il n’y détermine pas trop promptement l’émission du boyau pollinique. Il faut également admettre que, chez elles, le stigmate exerce sur les vésicules polliniques une action spéciale et très prompte, soit grâce à une humeur visqueuse, non miscible à l’eau, soit de toute autre manière. Mais, même avec cette condition, once peut encore s’expliquer comment s’opère la fécondation chez plusieurs de ces plantes, surtout chez celles qui sont à la fois submergées et unisexuées, comme les Naïadées et les Zostéracées. Sans doute la mi ure, en donnant aux derniers de ces végétaux leur singulier pollen confervo'ide, a dû assigner à cet organe fécondateur des propriétés toutes spéciales, entièrement