PT ES
absolument non grisouteuse, et, en outre, particulièrement humide, sauf dans une partie du chantier; c’est dans celle-ci qu'une cartouche d’explosif brisant, déposée sur le sol, a, en faisant explosion, allumé les poussières sur toute l’étendue des seules galeries sèches existant dans la mine.
Les événements de ce genre sont les plus démonstratifs, vu qu'ils se sont produits dans la pratique même des travaux miniers; mais les expériences faites sur une grande échelle n’ont pas non plus manqué : d’abord, celles de Henry Hall en Angleterre, puis celles faites dans différentes galeries d’essai en Allemagne et en Autriche et, plus récemment, à Frameries.
On n’a donc plus à se préoccuper, dans les expériences actuelles, de la démonstration du danger des poussières. Toutefois, les premiers essais de M. Garforth, dans la nouvelle galerie d’Altofts, ont encore eu ce but, et l’on doit reconnaître que l’expérimentateur anglais a su, le premier, reproduire avec une grande fidélité, dans des conditions se rapprochant de celles de la pratique, la violence d’une explosion de poussières parvenue à un certain degré de développement.
Le danger étant bien constaté, les efforts se portent actuellement sur les moyens de le combattre.
Ces moyens peuvent se diviser en trois catégories : 1° Les moyens consistant à empêcher la formation de la poussière ; 2° Ceux par lesquels on s'efforce de rendre la poussière inoffensive ou incapable de propager une explosion ;
3° Ceux par lesquels on évite toute cause d’inflammation de celle-ci.
FU De
PREMIÈRE CATÉGORIE. — Le procédé Meissner.
Déjà dans notre notice précitée sur « Les accidents du grisou », nous avons signalé les nouveaux essais effectués avec succès en Westphalie sur le procédé, très intéressant et très original, proposé il y a une vingtaine d’années par M. le Geheime Oberbergrat Meissner, alors que cet ingénieur était en fonctions comme Inspecteur des Mines, dans le bassin de Saarebrücken.
M. Meissner s'était proposé d’attaquer le mal à son origine, c’est-à-dire dans la couche même, avant que le charbon soit abattu.
Pour atteindre.ce but, il injectait dans le charbon en place, « en ferme », de l’eau sous pression, qui, pénétrant dans les clivages et dans les pores de la houille, supprimait la possibilité de production de poussières lors de l’abatage.
Il va de soi que si non seulement la production de poussière était supprimée dans les tailles mais que, par suite d’une imprégnation suffisante d'humidité, les charbons restaient non poussiéreux pendant les manipulations et les transports au fond et dans les puits, il n’y aurait plus aucune production de poussières charbonneuses possible dans les travaux souterrains, et que, dès lors, le danger redoutable qui préoccupe à bon droit tant de personnes, serait radicalement écarté.
Ce procédé est donc d’un très haut intérêt; aussi dès qu'il nous fut signalé, il y a une vingtaine d'années, nous informâmes-nous de ses résultats.
Ceux-ci furent, à cette époque, peu brillants. Cela pro-
venait des défectuosités du mode d’application. Le trou de sonde, par lequel se faisait l’injection d’eau, avait une profondeur insuffisante, 1 mètre seulement ; en
LS is
outre, la pression sous laquelle l’eau était foulée n’était que de dix à vingt atmosphères ; en outre encore, la fermeture du trou d'injection ne se faisait que sur le bord extérieur de ce trou, de sorte que l’eau sortait rapidement de la surface du charbon, sans qu’une pression suffisante eût été atteinte au fond du trou.
Les recherches furent abandonnées, et M. Meissner, qui avait d’ailleurs quitté le bassin de Saarebrücken, se préoccupa plutôt de combattre le danger des poussières par l’arrosage généralisé et systématique des travaux de la mine.
Elles furent reprises récemment en Westphalie, à la suite de la catastrophe de Radbod, à la demande de M Meissner et de l'Administration des mines de Dortmund, et avec des modifications indiquées par M. l’Oberbergrat Kalthuner.
Cest au charbonnage de Scharnhorst qu’eurent lieu d’abord ces nouveaux essais et M. le Bergassessor Dobbelstein en a rendu compte dans le Gluckauf (livraison du 6 novembre 1909).
La profondeur des trous de sonde fut portée à 3 mètres et l’obturation se faisait à plusieurs profondeurs par des coins en bois chassés autour des tuyaux d'injection, contre les saillies du trou de sonde foré en plusieurs fois à des diamètres divers.
Les résultats obtenus furent des plus encourageants et les essais furent répétés dans plusieurs mines. |
M. le Bergassessor Trippe, directeur de la mine de Dorstfeld, s’en occupa à son tour et sa communication au Congrès de Dusseldorf relate les résultats de ses essais, qui sont maintenant entrés dans le domaine pratique.
Il perfectionna encore le procédé, en améliorant le mode de fermeture du trou d'injection.
Le trou est creusé à un diamètre uniforme de 42 à 43 millimètres.
He
Le tube d'introduction d’eau est pourvu vers son extrémité, du côté du fond du trou, d’une rondelle d'arrêt; sur cette rondelle s’introduit un cylindre de caoutchouc d’un diamètre extérieur de 40 millimètres et d’une longueur de 010 ou davantage. Un autre tube, concentrique au premier, s’emboite sur celui-ci et porte aussi un disque métallique qui s'appuie sur le cylindre de caoutchouc. Ces deux tubes sont filetés sur une certaine longueur, de telle sorte que le second, par rotation, chemine sur le premier et comprime le caoutchouc, qui se comprime, se gonfle et forme fermeture hermétique contre les parois du
trou.
pe ==
| « EZ PS ra pie D ÉSRRRTRPEE À,
C’est en somme le système que M. Lindsay Wood a employé en Angleterre vers 1880 pour la mesure des pressions dans les couches, et que nous avons employé nous même, dans le même but, au charbonnage de Belle- Vue, en 1889-86.
La pression de l’eau était, à Dorstfeld, de 25 à 40 atmosphères et était donnée soit par une pompe, soit même par le raccord du tuyau d'injection à la tuyauterie générale d'arrosage que l’on trouve, comme on sait, dans beaucoup de mines allemandes.
Les résultats ont été remarquables dans les couches de charbon gras, dont la nature poreuse se prête mieux à l’imprégnation.
Celle-ci s'étend sur un volume de charbon variable suivant la compacité du charbon et l'épaisseur de la couche,