‹ Quelques mots sur la question des poussières au Congrès de Dusseldorf 1910Chapitre 4 sur 6 · ETES · texte numérisé non relu

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et allant jusqu’à 10 mètres cubes pour une injection de 40 à 50 litres.

L'imprégnation se mauifeste par un bruit particulier produit par la pénétration de l’eau dans les pores et les crevasses. Elle est suffisante quand l’eau suinte du front de taille, ce qui a lieu après une durée de temps variant dans de larges limites, de 10 minutes à 6 heures.

La position et le nombre de trous, la profondeur de ceux-ci, la longueur de la chambre de pression au fond du trou, sont déterminées par expérience dans chaque cas particulier, suivant la nature du charbon et des terrains encaissants, l'épaisseur de la couche, la position des clivages, les intercalations stériles, etc.

Quand le toit ou le mur est mauvais, il importe d écarter le trou autant que possible du mauvais terrain, de façon à ne pas désagréger celui-ci.

Les résultats ont été tellement satisfaisants que le procédé est appliqué maintenant à Dorstfeld à l'exploitation

d’une quinzaine de couches.

Les avantages suivants ont été obtenus : d’abord suppression presque toujours complète de toute poussière lors de l’abatage, du chargement et du transport, d’où, non seulement prévention du danger d’explosion, mais assainissement des chantiers et des galeries, amélioration de l'éclairage, etc.

Ensuite, dislocation de la couche et suppression ou diminution de la nécessité d’emploi des explosifs pour l’abatage.

Enfin, saignage préalable du grisou, qui s'échappe du front de taille au fur et à mesure que l’eau remplace le gaz dans les pores. |

Disons, d'autre part, que le procédé a été loin de réussir indifféremment dans toutes les couches. Comme nous l’avons dit, les résultats ont été surtout satisfaisants

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dans les couches de la série grasse. Dans d’autres, ils ont été médiocres; dans d’autres encore, notamment dans les couches de charbon flambant, ils ont jusqu'ici été nuls.

Dans certaines couches aussi, dont les morts-terrains sont tout-à-fait mauvais, on a dû renoncer à la méthode sous peine d’endommager trop fortement les dits mortterrains.

Ajoutons que plusieurs ingénieurs allemands se sont montrés sceptiques à l’égard de la portée pratique de la méthode et de la possibilité de sa généralisation.

Quoi qu'il en soit, et si même cette méthode devait se localiser dans un groupe de couches, elle mérite à Coup sûr la plus grande attention et semble susceptible de rendre, dans certains cas, des services ailleurs qu’en Allemagne, tant au point de vue de la sécurité qu’au point de vue de la facilité de l'exploitation; nous connaissons, par exemple, dans notre pays même, certaines couches où l’abatage produit une poussière réellement intolérable, que l’on combat comme on peut par d’autres procédés, mais que l’on combattrait peut-être plus efficacement par celui que nous venons de signaler.

Il existe d’autres moyens plus ou moins efficaces par lesquels on a tenté de supprimer ou tout au moins de diminuer la production des poussières et qui rentrent ainsi dans la 1° catégorie.

Telle est, par exemple, la saturation de l'air de la mine par de la poussière d’eau ou de la vapeur, ou par les deux réunis, moyen employé dans plusieurs mines aux États- Unis. |

Nous n’en parlerons pas ici, car il n’en a pas été question au Congrès de Dusseldorf ; nous l’avons du reste déjà signalé ailleurs.

D’autres ne sont que des palliatifs qu’il n’est pas dans le cadre de cette courte notice de rappeler 11.

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DEUXIÈME CATÉGORIE. — Le traitement de la poussière par l’Arrosage et la Schistification.

Le procédé le plus anciennement connu est l’arrosage. C’est d'ailleurs celui qui se présente naturellement à l'esprit de quiconque se préoccupe d’écarter les dangers ou les inconvénients des poussières.

La question de l’arrosage a été traitée de fréquentes fois avant le Congrès de Dusseldorf. Elle l’a été notamment au Congrès de Chimie appliquée à Londres, en 1909, et, dans un compte rendu de ce congrès rédigé en collaboration avec M. l'Ingénieur en chef Directeur Stassart (1), nous avons fait connaître la substance des communications présentées, ainsi que nos propres observations à ce sujet.

Le Congrès de Dusseldorf n'ayant guère apporté d’éléments nouveaux à la question, nous ne nous y étendrons pas.

Rappelons seulement que l’arrosage s'entend de deux façons : l’arrosage local, qui tend à écarter le danger des poussières à l'endroit même où l'inflammation de celles-ci est à redouter, par exemple, et surtout, dans le voisinage des mines à tirer, et l’arrosage généralisé, qui, s'appliquant à toute l’étendue des travaux, tend à écarter en outre le danger de propagation, par les poussières, d’une inflammation amorcée n’importe où et par n’importe quelle cause.

Tandis que le premier système seul est appliqué, et encore, partiellement, dans la plupart des pays miniers, en Belgique notamment, l’arrosage généralisé l’a été dans quelques autres, mais surtout en Allemagne, où il à été appliqué avec vigueur et persévérance... Nous ajouterons : avec succès, malgré quelques douloureux mécomptes qui

(1) Les Mines et les Explosifs au Congrès de Londres. — Annales des Wines de Belgique, t. XIV.

ont démontré que l'efficacité du procédé est subordonnée à sa mise en pratique avec continuité et sans la moindre négligence.

Nous avons rappelé ailleurs les sont les objections, plus ou moins fondées, faites contre l’arrosage, du moins contre l’arrosage généralisé ; nous n’y reviendrons pas.

L’attention du Congrès de Dusseldorf a surtout été attirée sur un autre moyen de rendre inoffensive la poussière de charbon ; c’est ce qu’on a appelé la « schistification », c’est-à-dire l’emploi de poussières incombustibles.

L’idée de cet emploi a été émise en 1891 par M. W. E. Garforth, lors de la première enquête anglaise sur les explosions de poussières. « Les expériences», disait M. Garforth dans sa déposition du 2 juillet 1891, dont nous avons, MM. Macquet, Demeure et moi-même, rendu compte (1), « devraient aussi porter sur les poussières de schistes. Ces » dernières, plutôt que l’eau, me paraissent pouvoir fournir » le moyen d'éviter les explosions. »

C’est encore sous la direction de cet Ingénieur et spécialement pour la démonstration des idées émises par lui et par d’autres ingénieurs anglais, qu'a été érigée en 1908 la galerie d’Altofts.

Les Annales des Mines de Belqique ont donné dès 1908 le compte rendu des premiers essais effectués (1).

M. Garforth a fait défiler devant le Congrès un très grand nombre de clichés relatifs à ses expériences.

Celles-ci avaient notamment pour but, déclare l’auteur, de rechercher un moyen autre que l’arrosage, pour combattre le danger des poussières.

Le moyen expérimenté a été la « schistification ».

Les expériences, non encore terminées, ont démontré (1) Voir Revue Universelle des Mines, années 1892 et 1893.

(1) Les expériences anglaises à la galerie d’Altofts (A. BREYRE). — Ann. des Mines de Belg.,t. XIII, p. 1149.

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l'influence notable exercée par l'emploi des poussières incombustibles pour empêcher ou pour arrêter une explosion.

Les résultats acquis dès à présent ont paru à M. Garforth tellement satisfaisants, qu'il à appliqué la schistification au Charbonnage qu'il dirige, dont 15,000 mètres de voies ont été ainsi saupoudrées de poussières incombustibles. Celles-ci sont non seulement épandues mais déposées sur des planches longitudinales ou transversales.

Le prix de revient est d'environ 1 1/4 centime par tonne extraite.

La communication de M. Garforth s’est complétée à Dusseldorf par celle de M. Taffanel, Directeur de la station d’Essais de Liévin.

Les expériences sur la schistification ont été reprises par ce dernier d’une manière méthodique. Elles ont mis de nouveau en lumière la réalité de son influence, mais en même temps, elles démontraient que l'efficacité n’était pas absolue.

A la vérité, la schistification complète, c’est-à-dire l’emploi de la poussière incombustible là où la poussière de charbon a été totalement enlevée, donne assez facilement une zone arrêtant une explosion, même déclenchée sur une longueur assez grande. Mais M. Taffanel fait remarquer que dans la pratique, 1l restera, le plus souvent des poussières charbonneuses. Aussi a-t-1l recommencé les essais en déposant dans la zone d'arrêt, un mélange à 75 % de schistes. Or cette zone, à laquelle on avait donné 150 mètres de longueur, a été traversée par une explosion déclanchée sur 79 mètres seulement.

Qu'en serait-il d’une explosion ayant parcouru plusieurs centaines de mètres avec violence croissante, caractéristique d’une explosion de poussières ?.…

M. Taffanel à alors, déclare-t-1l, « recherché des procédés nouveaux qui soient efficaces ».

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Ce moyen, il croit l’avoir trouvé en accumulant des poussières incombustibles, en grande abondance, mais sur une longueur restreinte, dans certaines parties de galeries que l’on veut transformer en zones d’arrêt des explosions.

Les poussières sont ou déposées sur des planches disposées longitudinalement le long des parois des galeries (c’est le mode de dépôt employé aussi par M. Garforth), ou, avec plus d'efficacité, semble-t-1l, sur des planches disposées transversalement dans la partie supérieure de la galerie, comme M. Garforth l’a fait également, d’après sa communication au Congrès de Dusseldorf.

Dans les deux cas, l’ébranlement de l’air qui, dans une explosion, précède la flamme, détermine une chute abondante de ces poussières, qui créent dans la galerie une atmosphère en quelque sorte « asphyxiante » pour ladite flamme et arrète celle-ci.

Les essais faits Jusqu'à présent à Liévin dans cet ordre d'idées, ont donné des résultats remarquables.

Is le sont d'autant plus que la schistification ainsi pratiquée est chose aisément réalisable à peu de frais et sans inconvénients sérieux. Ces résultats paraissent même tellement satisfaisants aux Ingénieurs du Corps des Mines de France que ceux-ci semblent disposés à proposer à bref délai des mesures réglementaires reposant sur cette base.

Comme il y a ailleurs qu'en France des mines où les exploitations sont très étendues ou bien communiquent entre elles en beaucoup de points, la question de l'isolement l’un de l’autre de ces chantiers ou leur division au point de vue de la propagation d’une explosion, toujours à redouter quoi qu'on fasse, présente beaucoup d'intérêt dans les divers pays miniers.

L'important est de savoir si cette efficacité des zones à schistification intensive se maintiendrait à l'égard d’explosions déclenchées sur une longueur de plusieurs eentaines

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de mètres. Il est à craindre que l’on ait des mécomptes. Dans ce cas, le remède proposé ne serait qu’un pallatif. Ajoutons que s’il en était même ainsi, le procédé serait néanmoins très intéressant. Il n'existe d’ailleurs pas, dans le domaine des mesures de sûreté, de procédé d’une efficacité absolue.

Signalons qu'au lieu de poussières incombustibles, M. Taffanel a essayé de placer sur les planches transversales aux galeries, des bacs remplis d’eau qui, se culbutant sous le choc de l'explosion, déversent dans la galerie de grandes quantités d’eau qui arrêtent au passage la flamme de l’explosion.

Ce procédé a également réussi, mais il est d’une application pratique un peu moins commode que la schistification.

Nous aurions ici, pour passer en revue les essais pratiqués récemment à grande échelle dans divers pays, à signaler ceux de Rossitz (Autriche). Mais il n’en a pas été question au Congrès. Nous avons d’ailleurs, dans la note précitée rédigée avec M. Stassart sur le Congrès de Londres, déjà fait connaître les premières expériences accomplies dans cette galerie qui, comme les deux autres, a de grandes dimensions et a une longueur de 300 mètres environ. L’(ÆEsterreischusche Zeitschrift für Berg- und Hütlleniwesen a publié récemment la suite des travaux effectués à cette galerie d'essais.

3° CATÉGORIE. — La prévention des causes d’inflammation.

Sans méconnaître en aucune facon la haute utilité des efforts accomplis pour chercher les moyens d'empêcher la propagation d’une explosion, nous avons toujours pensé qu'il'était, avant tout, important d'éviter l'inflammation initiale aussi bien du grisou que des poussières.

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