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LA SONATE ITALIENNE

Giovanni Legrenzi, Giovanni Battista Vitali, Giovanni Battista Bassani furent les premiers qui écrivirent de véritables Sonates.

Legrenzi (1625-1690) écrivit des Sonate da Caméra, en forme de Suite, sans la construction ternaire propre à la Sonate, mais composées d'un véritable cycle de trois ou quatre mouvements. En 1667, il écrivit sa Benivoglia, op. 8, n° 1, qui fut célèbre et servit de modèle aux Sonates italiennes qui lui succédèrent.

Vitali (1644-1692) réduisit à trois le nombre des pièces des Suites-Sonates qu'il écrivit. Ce qui est le plus remarquable chez lui, -e'est l'emploi d'un thème générateur se répercutant à travers tout le cycle de la Sonate. Corelli se servit ensuite de ce principe que César Franck portera à son plein épanouissement.

Bassani (1657-1716) n'écrivit que les Sonates de

coupe binaire composées antérieurement à celles de Corelli, bien que publiées après. Il fut le maître de violon de Corelli.

Avec Arcang-elo Corelli, Francesco Geminiani, Francesco Maria Veragini, Giuseppe Tartini, Pietro Locatelli, Giovanni Battista Pesgetti, Bah dassare Galuppi, Pietro Nardini, Gaetano Pugnani, s'établit définitivement la coupe ternaire du morceau initial de la Sonate.

Corelli (1653-1713) écrivit d'abord quarantehuit Sonates pour deux violons avec basse continue (orgue, clavecin ou archiluth). Mais ce sont ses douze Sonates à deux, op. 5, pour violon et basse continue au clavecin, dont l'influence fut considérable tant sur les compositeurs contemporains que postérieurs, en Italie et en Allemagne. Elles parurent en 1700.

La forme employée presque exclusivement par Corelli est en cinq mouvements séparés par deux repos.

v 1. Grave ou Adagio, vestige du Prélude. > 2. Allegro (s'enchaînant au mouvement précédent). 3. Vivace (séparé), sorte de moto perpetuo, d'exercice de violon propre à faire valoir la virtuosité. ( 4. Adagio ou Largo, souvent dans une autre tonalité ) que le reste de la Sonate, qui s'enchaîne au der- ) nier mouvement.

( 5. Allegro ou Gigue, ou Vivace.

Le principe de la répercussion d'un motif énoncé dans le Grave initial ou dans Y Allegro qui suit et se répercutant dans un autre morceau de la Sonate est presque constant chez Corelli.

Geminiani (1680-1702) esl Fauteur de la plus ancienne méthode de violon.

11 écrivit vingt-quatre Soios de violon, op. 1 et 2, datant de 1716, et douze Sonates avec basse continue-, op. 11. Ses Sonates sont formées en général de quatre mouvements : Largo^ Allegro^ Adagio, Allegro. La ligne mélodique des Adagio, déjà belle chez Gorelli, devient ici parfois très expressive et émouvante.

Veracini (1685-1750) publia douze Sonates pour violon et basse continue, dont la forme est en quatre morceaux : Ouverture (ou Ritornello), Allegro, Largo (ou Menuet) et digue (ou Rondeau). La publication en fut faite en 1721.

Veracini fut le maître de Tartini (1690-1750) qui écrivit cent deux Sonates pour violon et basse continue, dont cinquante-cinq seulement ont été gravées, soit à Paris, soit à Venise.

Tartini écrivait ses Sonates en quatre morceaux : Grave, Allegro, Adagio, Allegro. Elles sont dans le même style que celles de Gorelli, mais de forme plus achevée. Il enchaîne souvent les morceaux, parfois construits sur des dessins proches parents les uns des autres.

Tartini fut le maître de Locatelli (1693-1764) qui écrivit douze Sonates pour flûte (ou violon) et basse continue, op. 2, composées toutes de trois morceaux seulement : Andante, Adagio, Presto. En 1737, il publia six Sonates pour violon, op. 6, en quatre mouvements chacune, s'enchaînant tous sans interruption.

Pesgetti (1704-1766) publia neuf Sonate perGraicembalo, divisées en trois ou quatre morceaux Blanche Selva. — Sonate. 4

62 QUELQUES tôÔTS SUR LA SONATE.

chacune. Elles datent de 1739, et c'est la première fois qu'un Italien appela Sonates des pièces destinées à un instrument à clavier seul .

(Ialuppi (1706-1784), de Burano(et dit, dece fait, il Buranello)] publia en 1754 douze Sonates pour clavecin, les unes en quatre, d'autres en trois ou même deux mouvements.

Nardini (1722-1703) est l'auteur de six Sonates pour violon et basse continue, op. 2, six Soli de violon, op. 5.

Pugnani (1731-1798) composa quatorze Sonates pour' violon seul. Avec Nardini il fut le dernier compositeur de Sonates en Italie. Tous deux sont d'ailleurs de la période de décadence pendant laquelle le Concerto, favorable à la seule virtuosité, prenait déplus en plus d'extension. Pugnani fut le maître de violon de Viotti.

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