J. N. GINGRAS, PTRE
Voilà encore une cabale qui ne prend pas plus que la 4 cabale faite par les partisans de M. Langelier à St. Raphaël, quand ils disaient que j'avais préféré St. Michel à St. Nérée
| Jors de la bénédiction des cloches.
Heureusement que M. le curé Breton a fait bonne justice de cette gasconnade, en m'écrivant la lettre suivante :
| Saint-Nérée, le 23 août 1886. TV M. Faucher de Saint-Maurice M. P. P.
Mon cher monsieur,
Je suis tout à fait surpris qu'on vous ait accusé d’avoir refusé d'être parrain des cloches de Saint-Nérée. LE | Soyez assuré, mon cher monsieur, que cette accusation ne | part pas de Naint-Nérée, mais de personnes qui ne cherchent | qu'à vous créer des ennemis et à faire tort à votre cause. | Moi, soussigné, j'affirme que vous avez accepté l'invitation | que je vous ai faite d'être parrain des cloches de Saint-Nérée. Madame Pierre Aubé devait vous accompagner comme marraine, lorsqu'un télégramme venant de Montréal et transmis pour moi par M. Pierre Drolet, Son Honneur le maire actuel de Saint-Charles, m'annonçait qu'il vous était impossible de vous rendre à Saint-Nérée, retenu que vous étiez dans la dite ville pour cause de maladie. Le dit télégrarmmme m'annonçait en outre qu'à votre retour à Québec vous enverriez votre obole. Vu cette circonstance je vous ai fait remplacer par M. Pierre Aubé, époux de la dite marraine.
(Signé,) Jos. ELIE, DIT BRETON, ptre.
.P..S.—Je vous permets de vous servir de ces quelques lignes si elles peavent vous être utiles. 4
Lx CURÉ GINGRAS ET NOTRE RACE INSULTÉS.
Le 5 mai 1886, je me levais en Chambre sur une question de privilèges et je disais : Hier quand la chambre votait unanimement l'adresse demandant la production de la requête des cultivateurs de St. Gervais de Bellechasse, priant le gouvernement de leur accorder un aide pour une beurrerie, j'étais loin de me douter qu’en ce moment même un journal publiait l’article suivant :
“ M. le curé de St. Gervais à l'intention de demander au “ gouvernement provincial un subside pour l'établissement ‘“ d’une beurrerie dans sa paroisse.
‘“ Que M. le curé aime le bon beurre cela se comprend ‘ mais nous ne concevons pas pourquoi dans notre province “ nos cultivateurs français ne peuvent s'organiser comme on “ le fait dans la province d’Ontario ou dans les Townships. ‘ La vache gouvernementale aura bientôt tari si toutes les ‘ paroisses comme celle de Saint-Gervais,se mettent à la téter. “ M. le curé ferait mieux d'apprendre à lire à ses paroissiens “ et de leur mettre entre les mains des ouvrages sur la cultu- ‘“ re des champs et du bétail, ”
Je proteste de toute mes forces contre ce langage grossier adressé à un prêtre qui non-seulement honore le clergé, mais qui fait aussi l'honneur de son pays. M. l'abbé Gingras exerce le sacerdoce depuis 1848. Tour à tour vicaire à Saint- Gervais, missionnaire à Percé, curé de SL-Raphaël, missionnaire aux Illinois, premier curé de la Baie St. Paul et premier curé de St. Edouard de Lotbinière, il a laissé partout le souvenir d'un saint, d’un savant et d’un patriote. Il a usé de son droit de citoyen. Il a envoyé une pétition à cette législature et s1 l’Aurore ne croit pas en Dieu ni en la Vierge Marie, elle devrait au moins croire aux droits de pétition qui est le privilège de tout citoyen britannique (applaudissement.)
Après avoir défendu la conduite du curé de St. Gervais, je passais à un autre incident.
‘ Le Week de Toronto, disai-je, a injurié, en paysan du Danube qu'il est, l'Assemblée législative de la province de Québec, à propos de la question irlandaise,
Notre confrère de Montreal Gazette relève vertement ce fait. Il s'exprime ainsi : | | © Les attaques du Week contre le Parlement de Québec ont
causé beaucoup d'’indignation. Néanmoins il faut rendre justice aux députés. Ils s'amusent entre eux du mot du Week qui les donne comme étant de parfaits représentants de | l'ignorance locale. Le Weck rit sous cape : il dit que l’Assem- | blée législative de Québec n’est composée que d'habitants.” ‘Que vont dire nos braves gens de la campagne en se 1 voyant ridiculisés aïnsi ? Est-ce que l’habilant n’est pas le pivot du pays ?
Le correspondant de la Gazette fait aussi le relevé des P professions des députés de l’Assemblée législative.
| Avocats et notaires... 28
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F Cultivateurs.…........… Mean eene dise 15 e RL nent the 65
Parmi les avocats ministériels nous comptons, dit la Montreal Gazetle, des hommes comme l’hon. M. Taillon, le juge Würtele, l'hon. M. Flynn, l'hon. M. Lynch, l’hon. M. Blanchet, M. LeBlanc, M. Nantel, M. Asselin ; parmi les avocats de l’opposition nous comptons des hommes comme l'hon. M. Mercier, M. Lemieux, M. Robidoux.
‘“ Les marchands qui sont députés à Québec sont des hommes d’affaires dont la réputation s'étend à tout le Dominion. Les journalistes qui honorent l’Assemblée législative sont des hommes comme MM. Asselin, Faucher de Saint- Maurice, Desjardins, Desaulniers et Nantel. Ce sont les meilleurs écrivains de la presse française.
“ Pourquoi s’il en est ainsi, attaquer la Législature de Québec ? Pourquoi ? il ne faut pas s'en étonner : est-ce que l'on n’a pas désigné cette Assemblée où nous siégeons comme étant à la suite d’un ‘“ gouvernement en souliers de bœuf ? ” Comme intelligence, comme honnêteté ce parlement peut marcher tête haute à l'égal de n'importe quelle autre assemblée délibérante dans le monde. ”
. Ainsi s'exprime la Gazette de Montréal. J'ajouterai que si le Week de Toronto veut nous ridiculiser en appelant notre parlement un parlement d'habitants et de gens en souliers de bœuf, il se trompe grandement,
Les habitants qui font et qui défont les parlements sont fiers de faire représenter leurs intérêts par des gens qui ne rou- Î
gissent pas de leurs antécédents. Leurs ancêtres chaussés de souliers de bœuf ont découvert l'Amérique depuis la Baie d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique. Leurs ancêtres avec des souliers de bœuf ont gagné les batailles de la Monongahéla, de Carillon, de Ste. Fove et leurs descendants, avec la même tradition des souliers de bœuf font pacifiquement la conquête du pays qui sera plus tard la France Américaine. ” Ces paroles ont été applaudies par la Chambre toute entière.
Ce n’est pas la première fois que j'ai pris ainsi la défense de ma race en Chambre et les Hansards de 1882, 83, 34, 85, 86 en font foi.