ANGLAISES EN CANADA
Le programme des institutions anglaises de notre pays est calqué sur le programme des universités britanniques. Les premiers instituteurs anglais ont dû chercher à instaurer sur le sol du Nouveau. Monde le système éducatif de leur mère-patrie. Cette tendance se conserve. Elle s’accentue même par l'échange de professeurs avec les vieux pays. Un des buts du ‘‘ congrès des universités de l'empire ” était d'aviser aux moyens d'opérer le plus aisément possible ce ‘ tour du monde ” des professeurs universitaires. La plupart de ceux-ci vont de l'Angleterre aux colonies ; ils font ici un stage de quelques années puis retournent en leur pays. Quelques-uns, assez rares toutefois, passent directement des colonies à la métropole et y font leur siège.
* J'ai écrit, dans mes articles précédents, que le cours secondaire anglais présente deux parties distinctes. Un premier cours, de quatre ans, élémentaire mais complet, comprend les langues mortes et vivantes, l’histoire, ia littérature, ia géographie, les mathématiques et les sciences. Le second cours enseigne, avec plus de développement, ces mêmes matières et conduit aux grades universitaires. Le premier cours est donné par diverses institutions, publiques ou privées, à de jeunes
étudiants de 12 à 16 ans : il est couronné par un exemen dirigé par les universités. Le second cours, de trois à quatre ans, est réservé aux universités ; celles-ci le donnent en entier par ellesmêmes, ou partiellement par leurs collèges affiliés.
Toutes les institutions anglaises du Canada ont adopté ce Système d'enseignément. Leurs High schools, Academies ou Collegiate institutes donn. at le premier cours ; les universités, le second. La désignation des classes varie cependant d'une province à l'autre, et c'est ce qui, dès l'abord, prête à la confusion. Les provinces maritimes et les provinces de l’ouest ont établi douze classes. La classe I enseigne l'alphabet, la classe VIII commence le cours classique élémentaire, lequel est continué jusqu'à la classe XII et se termine par l'examen d’immatriculation universitaire.
Les ÆZigh schoo!s et Collegiate institutes (1) de la province d'Ontario offrent trois divisions de deux ans l’une — lower, middle et upper, et suivent quatre programmes distincts désignés par les lettres A. B. C. D. Les étudiants qui ne tendent qu'à uneinstruction générale, sans vue particulière, choisissent le programme À, sans langues mortes, de la division lower et peuvent ajouter à ce programme les mathématiques et les scieuces de la division ride. Le programme C conduit à l'examen d'immatriculation avec 1.s diplômes de junior et de senior. Enfin le programme D donne entrée de plein pied à l'étude des professions libérales.
Les écoles anglaises de la province de Québec — tout en conservant les divisions reconnues par le Conseil de l’instruction publique (élémentaire, modèle et académique) — ont adopté, en 1915, une classification qui les rapproche des institutions des provinces maritimes et de l'ouest, Elles ont onze classes ou grades. Les élèves qui ont terminé la classe XI peuvent se présenter à l'examen spécial dirigé par l’université McGill et recevoir un diplôme (University school leaving certificate), qui leur donne admission aux cours des arts et des ciences des universités ainsi qu'aux facultés professionnelles en dehors de la province de Québec.
Les Collegiate institutes ne se distinguent des Æigk schools que par le nombre plus grand de Irurs élèves et de leurs professeurs. La plupart des High schooës des villes ont le titre d'ins/ifute,
Elles sont nombreuses dans notre Dominion les écoles publiques où sont enseignées les matières du cours secondaire inférieur. La province d'Ontario, à elle seule, en possède 161 — dont 117 Æigh schools et 44 College institutes — qui comptaieut 33,746 élèves en 1913. De ceux-ci
32,400 étudiaient la littérature et la composition anglaises, 30,300 d l'algèbre,
23,847 de la géométrie,
24,320 CT le latin,
26,656 ” la physique.
Quant à l'étendue de ces matières, nous pouvons la connaître en consultant le programme de l'éxamen dit University Junior matriculation (Ontario) dirigé par un comité constitué par les universités Toronto, Queens, McMaster et Western. Cette organisation date de 1909. Elle fonctionne à la manière des bureaux d'examen d'Oxford et de Cambridge et tient séance annuellement dans quarante centres désignés de la province et ne se refuse pas à siéger, sur invitation, en un point quelconque du Dominion. Son programms est explicite et détaillé comme celui du baccalauréat de Laval. Les matières obligatoires sont : latin, anglais, histoire, mathématiques et deux des matières suivantes : grec, français, allemand, sciences expérimentales, physique, chimie. 100 points sont alloués à chaque matière et pour le succès d’un examen il faut que l’aspirant conserve un ##nimum de 40 points sur chaque matière et une moyenne de 60 points sur l’ensemble. Celui qui n’a pas failli sur plus de trois matières est autorisé à reprendre ces matières à un examen ultérieur.
L'épreuve suffisante — pass — sur les lang.es mortes compotte les inévitables César et Xénophon, ainsi que Virgile et Homère. Ces auteurs sont présentés en dose bien mesurée par chapitres ou nombre de vers, conformément à des commentateurs nommés. Les traductions en anglais sont assez étendues, mais le thème, c'est-à-dire la traduction de l'anglais en latin ou en grec, se réduit à quelques courtes phrases calquées sur un texte donné. C'est ainsi que le texte Vuntios mittit et regibus imperat ut coachs cupis castra oppugnent fournit, à l'examen d’immatriculation de juin 1915, sept phrases anglai-
SZ
ses qu'il fallait mettre en latin, v. g.: a) Letus send messengers.… 6) The messenger was commanded by the king ;.… e) After collecting the forces he sent them into the camp... g) V2 Jou had send a messenger, we would have attacked the camp.
L'épreuve latine, la plus difficile en ce même examen, requérait la traduction, sans dictionnaire, de la phrase suivante : Às he was afraid that they would surround his own forces, for three days he prevented the enemy from crossing the stream.
L'aigcire, la géométrie, la physique et la chimie ont la même étendue que dans notre Programme de baccalauréat. Il
n’y est question de tr'gonométrie que pour l'obtention des honnenrs.
L'examen de littérature, pour 1916, exige le par cœur de plusieurs morceaux, de 10 à 20 pages, tirés de Coleridge, Tennyson, Shakespeare (/ules César). 11 prescrit aussi une composition couvrant à peu près deux pages, Papier écolier, sur un sujet choisi entre neuf Sujets proposés v. g- : a) Une scène du matin sur le Rialto au temps de Shylock ; #) Le centenaire de la paix anglo-américaine ÿ C) Enrôlement (discours patriotique).
Le curriculum des High schools et Academies de la province de Québec diffère peu de celui d'Ontario. Il n’est pas fait mention du grec dans les rapports d'examen que j'ai consultés. Les auteurs latins, inscrits au Programme de 1915, et devant servir apparemment jusqu’à nouvel ordre, sont César IT et III et Gleason’s Ovid, lignes 1-670. Il est question toutefois de la traduction. d'auteurs non désignés (unseen authors).
J'ai écrit plus haut que les examens sont contrôlés par l'université McGill. Les épreuves finales de 1915 — Grade Î1 Academy — ont sensiblement la même allure que celles d'Ontario.
Inutile d'entrer dans le détail des Programmes des provinces maritimes et de l'ouest. Ils se ressemblent tous entre eux
ia nature et l'étendue des matières d'enseignement. Aussi les certificats d’études des institutions anglaises sont-ils interchan- ‘ Seables, classe par classe, dans toute l'étendue du Dominion.
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Le démarquage des Programmes anglais n’est pas perceptible seulement dans l'enseignement secondaire inférieur. Il se révèle d’une façon non moins sensible dans le cours secondaire universitaire. Les statuts des universités McGill, Toronto, Queen's, Alberta, Colombie Anglaise, Manitoba, Acadia en font foi. J'y trouve la même classification, les mêmes matières — moins le grec qui est partout facultatif —, la même étendue qu’à Oxford. J'y vois les mêmes groupes d'études, à peu près, correspondant aux grandes divisions : lettres, sciences, génie civil ; la même durée ; trois à quatre ans après l'immatriculation.
Je note toutefois une particularité qui mérite d’être signalée. Dans la plupart des universités canadiennes précitées, les deux dernières années du cours classique conduisant au baccalauréat s'agencent de telle sorte avec les premières années du Cours professionnel — médecine, droit, génie civil— que l’étudiant peut prendre concurremment ses grades de B. À. et M. D. en sept ans après l’immatriculation, de B. A. et B. C. L. en six ans et même en cinq ans, de B. À. et B. S. en six ans. C'est que les cours de physique, de chimie, de biologie, de bactériologie, etc., sont les mêmes dans la faculté des arts et en médecine, et l'enseignement, dans la faculté des arts, du droit romain, du droit constitutionnel, de l’économie compte pour un demi-cours de la faculté de droit.
L’étroite parenté qui lie entre elles les universités anglaises du Canada apparaît pareillement dans les règles d’admission à leurs facultés. Outre les bacheliers de tous les noms, les porteurs des diplômes suivants ont libre accès — excepté dans la province de Québec — aux études professionnelles de l'Atlantique au Pacifique : University school leaving certificate (Québec) ; Zmmatriculation junior et senior (Ontario) ; Grades XT et XII (provinces maritimes et de l’ouest) ; Collège entrance examination, et New York state board of regents (Etats-Unis) ; Oxford et Cambridge (local) examination.
La même entente se manifeste dans le nombre de points
requis pour le succès dans un examen d'immatriculation ou de baccalauréat :
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