L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE AUX ETATS-UNIS
On connaît assez, du moins de nom, les High schools des Etats-Unis. Je crois que cette désignation des classes intermédiaires entre les classes de grammaire et le: classes collégiales et universitaires, a originé chez nos voisins. Leur cours A'est autre que celui des écoles de même nom d'’Ontario dont j'ai décrit plus haut le Programme détaillé. Il est complet en quatre ans : lère, 2e, 3e et 4e année.
Je lis dans le rapport très intéressant et très compréhensif du commissaire de l’éducation pour l'Etat de New York que, sur le total de 57,070 étudiants de 1ère année de High school, en cet Etat, 29.3 pour cent ont continué jusqu’à la 4e année et 23.3 pour cent ont subi l’examen final. De ces derniers 5.46 pour cent sont entrés dans les collèges universitaires et autres, 1.77 pour cent dans les écoles normales, 4.70 pour cent dans les écoles professionnelles. Un autre rapport que je ne puis trop louer est celui du commissaire fédéral de l'éducation, publié à Washington. Il s'étend à tous les Etats de la République voisine et nous renseigne parfaitement sur tous les degrés de l'instruction publique, depuis l’élémentaire jusqu’à la supérieure et l’universitaire. C’est en consultant ces deux rapports —<elui de New York et celui de Washington — que j'ai constaté l'existence de trois bureaux d'examen dont la juridiction est reconnue en tous les Etatset même en Canada. Le premier est le Regents board de l'Etat de New York, le deuxième est le Coëlege entrance examination board, le troisième est le New England college entrance certificate board.
Ce dernier bureau présente quelque analogie avec notre Comité permanent des congrès. Il est constitué par quinze collèges universitaires de la Nouvelle-Angleterre. Il ne s’oc-
cupe pas d'examens, mais il statue sur la qualité des matières d'enseignement, et sur leur étendue en chaque classe. Il surveille le fonctionnement des écoles ; il les force à adopter le programme qui donnera à leurs diplômes la valeur d’un examen d'entrée dans les collèges et les universités. C'est, dans l'organisation de l’éducation publique, un rouage indépendant, mais dont le rôle est reconnu par l'autorité. Le rapport fédéral dit qu’il a contribué puissamment au progrès des écoles publiques. Celles-ci ambitionnent l'honneur d'être inscrites sur le tableau des écoles qualifiées. Les Principaux de ces écoles ne sauraient présenter un meilleur titre à l'avancement. Il semble que c’est par les rapports du Æ gents Board et du College entrance examination board que le Vexw England board juge de la qualité des écoles, donne ou refuse la reconnaissance convoitée.
Ce n’est pas à dire qu’ils soient sévères les règlements de ces bureaux d'examen. Non, ils acceptent les diplômes des écoles approuvées et ne requièrent que les matières ordinaires : anglais, algèbre, géométrie, histoire — toujours obligatoires — et'une langue moderne étrangère ou une langue morte. Pour ces langues, la simple assistance aux cours suffit, comme nous le disons plus loin. Les certificats qu'ils décernent assurent l'admission à toutes les écoles professionnelles des Etats-U nis et des provinces anglaises du Canada.
Les collèges — Æigher schools, Collegiate schools — donnent l'enseignement secondaire supérieur. Leurs quatre classes sont généralement désignées sous la rubrique : lo Freskman, 20 Sophomore, 30 Junior, 4o Senior. Ils acceptent les diplômes des Æigh schooîs pourvu que le directeur atteste que le candidat a conservé un nombre déterminé de points.
Ces points, connus chez nos voisins sous le nom de units, demandent un mot d'explication. Je lis, par exemple, que le collège Harvard ne reçoit à sa première classe (Freshman) que celui qui peut présenter 15% wnifs of schoo! work, acquis comme Suit : 3 w#nzs pour le latin, 3 pour l'anglais, 3 pour chaque langue étrangère moderne, 1 pour chaque partie d'histoire (ancienne, européenne, anglaise, américaine), 174 pour l'algèbre, 1 pour la géométrie, 1 pour la physique, 1 pour la chimie, 4 pour la géographie, % pour la botanique, % pour la zoologie. Cela veut dire que le diplômé de Æigh school a dû faire 3 années de latin, 174 année d’algèbre, etc.
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On peut se demander ce que comprend le travail d'une année. Le collège Brown, de Providence, le définit en statuant que l’&nif correspond à 120 heures de travail. Pour le collège Amherst, l'unit représente un cours de cinq heures par semaine une année durant. L'entente n'est pas moins imparfaite quant au nombre d'units requis pour l'admission au collège. AÆarvard en demande 15%, Brown 1414, Amherst 14, Dartmouth, N. H. se Contente de 121%. Chez ce dernier la répartition des wnits est faite comme suit : anglais 3, latin 4, algèbre 14, géométrie 1, histoire 1, une langue vivante 2.
On discute vivement chez nos voisins la valeur relative des matières d'enseignement en vue des units. Le commissaire fédéral écrit dans son rapport de 1914 qu'il parait opportun de reconnaître que l'algèbre a droit à plus qu'Irf mit, et que, dans la plupart des collèges, l’histoire ne mérite pas l'unit. Il Suggère de reviser la répartition des wr1fs et de donner plus de valeur au travail des dernières années de High school.
Les matières Classiques enseignées durant les quatre années du cours collégial sont les mêmes que celles de notre programme de baccalauréat. Le latin est étudié jusqu'à l'année finale. La physique, la chimie, les sciences naturelles commencent dans la classe Fressman. Vu que tous les collèges préparent au B. A. et au B. S., ils ont nécessairement deux Cours distincts avec prépondérance donnée soit aux classiques, soit aux sciences.