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il lui fallait entreprendre un voyage de plusieurs
jours, pour avoir un peu de farine en échange de ses produits. Encore ne pouvait-1l que porter un léger fardeau et parce que les chemins qu'il avait à parcourir étaient difficiles, souvent impraticables, et parce que lestomac n'avait pour se soutenir qu'une faible et assez chétive nourriture.
Beauchène se mit donc à ruminer de son mieux, pour savoir ce qu'il allait faire pour tirer avantage d'un beau quart de salin qu'il avait devant lui. Il n’y avait pas de temps à perdre, car les provisions a Ho eaiEti à diminuer Or,tout en ruminant, il se rappela qu'en passant à Bécanc our, le capitaine Landry lui avait dit : Beauchène, si vous m'’apportez du salin, je vous le paierai un bon prix. D'un autre côté, son curé, le Revérend M. Dion, qui voulait encourager ses premiers efforts, lui avait soufflé à l'oreille : vous m'apporterez du sucre et je vous le païerai bien. Bonne affaire se dit notre pionnier en lui-même, je vais descendre en bas, et je reviendrai avec du pain et du lard.
Meis Cardin était mort. Carabin, qui l'avait remplacé, n'avait pas eu meillear chance, 1l fallait imaginer un nouvel expédient pour voyager, et il fut bientôt trouvé. Un beau pin gisait par terre, on ne sait depuis quand, à quelques arpents de sa cabane ; il s’en fit un canot. Comme il avait manié l’aviron pendant douze aïs, sur la rivière Bécancour, il n'était pas en peine pour faire courir sur la rivière Nicolet, la frêle embarcation.
Les préparatifs du voyage terminés, Beauchène montait un beau matin sa pirogue avec son fils ainé, âgé de neuf ans, portant avec soin deux cents livres de sucre pour son ancien curé et trois quintaux de salin pour son vieil ami. Pendant la route, tantôt les oiseaux des bosquets mêlaient leurs gazouillements anx chansons qu'il fredonnait pour se distraire, tantôt 1l admirait les beautés que ia main du Seigneur avait distribuées dans ces lieux avec tant de profusion.
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À quelques milles de la cabane, il aperçut de la fumée qui s'élevait audessus des arbres ; (7) il s’arrêta pour voir ce que c'était, et trouva des sauvages occupés à travailler des paniers. Après quelques paroles que ces enfants des bois voulurent bien échanwer avec lui, str les écueils quil devait éviter, il reprit son aviron pour continuer sa route. Les choses allaient à merveille, le canot glissait légèrement sur l'onde pure et paisible, quelque fois la pensée de revoir encore bientôt ses parents. ses amis, la vieille évlise où 1l avait prié si souvent venait rafraichir son âme ; plus tard, 1l semblait se voir déjà, de retour de son expédition, avec sa femme et ses enfants, il était au comble du bonheur... Mais hélas ! un malheur inattendu devait-1l si vite empoisonner tant de
joies Ets,
Pendant que Beauchène et son fils s'amusent à regarder autour d'eux, le canot va se heurter contre une roche qu'ils n'avaient pas aperçue, et chavire à l'instant. Le ciel fut alors témoin d’une de ces scènes dont on peut Se faire une idée, mais que la plume est impuissante à décrire. Après un. moment de silence, deux cris se fort entendre, les cris de la douleur: Mon Dieu! Mon fils! Les échos d’alentour eurent à peiue le temps de les répéter que d’un saut, le père s'élance à l'endroit où son cœur lui dit que son fils vit encore Aussi prompt que l'oiseau, il plonge au fond de l’eau et retire l'enfant qu'il va porter entre ses bras, sur le rivage.
Ce n’est qu'alors qu’il pat respirer un peu et réfléchir sur les dangers qu'il avait couru et la perte qu'il venait de faire Pour un riche c'était peu de chose, mais pour iui c'était beaucoup. Il peräait le fruit de toutes ses sueurs et d’un temps où tous les moments étaient précieux. W'i! n'eut consulté que le penchant de l’homme, ii se fut désespéré, et qui sait CA DR SPRL METEO ebhans Greene oui dada dntub ae due ect yotéé
(7) Il rencontra des sauvages sur une éminence, à une petite distance de la terre que possède aujourd’tui le docteur Landry, dans la paroisse de St'Albert,