METAL
mais il se rappela qu'il était chrétien et qu'il devait se comporter en chrétien.
Pour le salin, il était perdu sans ressource ; il ne fallait plus y penser, le sucre il pouvait en retirer quelque chose. Alions, dit notre pionnier, du courage, il ne faut pas laisser s? perdre le bien que Dieu nous a donné dans sa bonté. Il prend son fils, va le porter sur une roche voisine de l’edroit où le malheur l’a visité, lui met en mains une corde qu'il se passe autour des reins et lui dit: ‘“ quand tu verras que j'ai atteint le fond de l’eau, tu me retireras doucement, le peu d'aide que je recevrai de toi, me favorisera beaucoup.” La tentative réussit on ne peut mieux. Après quelques quarts d'heure de travail, le sucre était sauvé, le canot était à flot, et nos deux navigateurs continuaient leur voyage.
Il était nuit quand ils arrivèrent, humides jusqu'aux os, chez le père Gélinas bien connu dans les premiers temps de l'établissement des Bois-Francs. Là, ils reçurent une hospitalité d'autant plus généreuse que leur position excitait la sympathie des cœurs compatissants, et celui de M. Gélinas en était un qui avait donné ses preuves depuis longtemps.
Le lendemain, Beauchène était à Bécancour et ravontait ses malheurs à ses parents et à ses amis. On lui fit des générosités, on l’encouragea de toute part, et sans tarder, notre pionnier reprenait la route de sa cabane où l’attendait sa femme et ses enfants.
—— 0:0—— UN AMI GÉNÉREUX À quoi bon tant d’amis, un seul suf-
fit quand il nous aime.