LABRADOR ORIENTAL
Tout le pays qui s'étend de Natashquan jusqu’à Belle-Ile est confiié au Rév. P. Pouliot, prêtre séculier, officiellement résidant à Blanc-Sablon. C'est la partie la plus ingrate du Vicariat. Tous les fidèles, au nombre d'environ cinq à six cents, étant dispersés cà et là sur les îles ou sur la terre ferme, le long d’une centaine de lieues de côte, il en résulte que le missionnaire est, pour ainsi dire, constamment en voyage.
Quelques mots sur chacune de ces dessertes donneront une idée des difficultés de cette mission.
1. Æ'égaska à 22 milles de Natashquan, comprend 6 familles anglaises dont une seule est catholique.
2. Musquarro, à 12 milles de Kégaska, station de Sauvages Montagnais. Abandonné l'hiver, ce poste, au mois de juin, ‘se repeuple comme par enchantement. De tous les coins du : Labrador inférieur, les Indiens accourrent, pour prendre part à la mission que vient leur prêcher, chaque année un Père Oblat de Bethsiamis. On y voit alors jusqu’à 100 familles. C'est le plus fort groupement de Montagnais après celui de Bethsiamis.
3. La Romaïne.—A 18 milles de Musquarro ; village qui cempte une douzaine de familles. (55 personnes et 38 communiants).
A part les édifices du poste de la Cie de la Baie d'Hudson, on y trouve une chapelle en mauvais état, de 25 pieds carrés. En temps ordinaire, elle sert d'école pour les enfants.
4. ÆHarrington. Ce village composé de 27 familles de pé-, cheurs venues de Terre-Neuve, occupe une jolie position au fond d'un hâvre où les vaisseaux de fort tonnage peuvent entrer facilement. Toutes ces familles, à l'exception d’une, sont protestantes.
s. Tête à la Baleine, un des plus beaux postes occupés par les pêcheurs du Labrador, à 20 milles d’'Harrington.
Ici, comme en plusieurs endroits du bas Labrador, les pècheurs ont leur maison d'été et leur maison d'hiver. Dans l'été, ils demeurent sur les îles, pour être plus près des places de pêche ; mais ne pouvant y passer l'hiver, parceque le bois de chauffage fait entièrement défaut, ils reviennent à la fin de l'automne sur le continent.
Une quinzaine de familles catholiques composent cette population.
Au centre du groupe d'îles appartenant à cette mission, se trouve l’île de la Providence, où il n’y a guère que 3 familles. Mais, à cause de sa position si favorable, on l'a choisie pour y construire, sur une éminence, une chapelle que l'on aperçoit de tous côtés.
6. Baie des Moutons.—En partant de la Tête à la Baleine, on arrive après un trajet de 12 à 15 milles à la Baie des Moudons.
Au fond de ce hâvre on voitun joli village composé, comme celui d'Harrington, de familles protestantes venues de Terreneuve. 5 familles catholiques y résident.
7. St-Joseph de la Tabatière est d’un aspect très pittoresque. Les sombres rochers de la Côte s’écartent ici pour faire place à une vallée bien étroite et l'on aperçoit là une église catholique et son presbytère.
Cette église fut bâtie par les Pères Oblats, il y a 40 ans. L'extérieur est très pauvre, mais l'intérieur est convenable. Tout est peint en blanc sauf les portes et fenêtres de couleur bleue.
Dans le voisinage de cette chapelle, il n’y a que 3 familles catholiques.
8. St- Augustin est à 7 milles de St-Joseph, sur la rivière du même nom. En hiver il y a une quarantaine de familles qui y résident, mais elles partent toutes, au printemps, pour se fixer sur les îles avoisinantes.
9. Bonne Espérance. —Sur une étendue de côte de 45 milles, à partir de la rivière St-Augustin,l’on rencontre une douzaine de familles catholiques. ;
10. Baie de Brador.—Ce bassin est un des points de la Côte les plus enchanteurs. On y rencontre quelques familles.
11. Lourdes de Blanc-Sablon.—Nous voici arrivés à l'entrée du détroit de Belle-Ile, à la dernière mission de la Côte : Longue Pointe, résidence régulière du missionnaire, nommée anjourd’hui Lourdes de Blanc-Sablon. On y compte 20 familles catholiques ; l'église et le presbytère sont bâtis à un endroit appelé l’Anse aux Dunes et dominent le bassin de Brador. La Baie de Blanc-Sablon tire son nom des sables blancs d’une petite rivière qui lui apporte le tribut de ses eaux. De là, on distingue les Côtes de Terreneuve. Comme on le sait, la partie du continent qui est sitn£ à l’est de Blanc-Sablon appartient à la colonie terreneuvienne qui possède ainsi les deux + côtés du détroit de Belle-Ile.