‹ Quelques notes sur le vicariat apostolique de S.G. Mgr. G. Blanche [microforme]Chapitre 9 sur 14 · IX.—NATASHQUAN · texte numérisé non relu

IX.—NATASHQUAN

Après un voyage sur la Côte Nord, en arrivant à Natashquan l'on éprouve un véritable sentiment de plaisir en apercevant ce joli village d'une cinquantaine de familles, avec ses maisons peintes de riantes couleurs et le clocher de la petite église perdue au milieu d'un bois d'épinettes. Mais, l'enthousiasme est vite refroidi lorsque l'on y débarque, parce qu’au point de vue de la végétation, Natashquan apparaît en tout semblable aux autres parties de la Côte.

Cette mission date de 1855 et se compose rresque exclusivement de familles venues des Iles de La Madelcine. Ces bons Acadiegs s’établirent à l'embouchure de la "ivière, sur un plateau d'environ 40 pieds d'élévation au-dessus de la mer et tou: couvert de bois.

Ils bâtirent en même temps les édifices religieux de leur mission : l'église, le presbytère et l’école. Tout à l'entour, c'est la forêt, une belle forêt d'’épinettes au travers de laquelle on a tracé sur le prolongement de la colline, un agréable sentier de 5 ou 6 pieds de largeur conduisant de l'église au hameau. |

L'église fut construite avec du bois provenant de deux gros navires anglais qui étaient venus s'échouer sur la côte et que les habitants achetèrent à un prix avantageux. Elle fut bénite le 29 juin 1861.

En d’autres pays on redoute les laves des volcans, la crue subite d’un fleuve ou les tourbillons d'un cyclone ; ici, c’est le sable qui est le péril, (tout comme au Sahara), lorsque le vent souffle violemment et soulève une pouderie de sable qui pénètre partout, dans les habitations par les interstices des portes et des fenêtres et s’accuinule autour des maisons. Voici

un fait qui fera juger de quelle gravité est la question du sable, à Natashquan. En 1889 on éleva en face de l'église une clôture de 15 pieds de hauteur ; en 1895 il ne restait plus qu'un pied ou deux de cette clôture au-dessus de l’amas de sable qui s'était formé contre cet obstacle.

L'église est, après celle de la Pointe-aux-Esquimaux, la meilleure, la mieux achevée intérieurement et présentant au moins un pen de style.

Les Pères Blondel et Jauffret y font le ministère et desservent en même temps deux missions : Piastre Baie et Goynish.

a. Piastre Baie, à 32 milles de Pointe aux Esquimaux et à 42 milles de Natashquan, sous la protection de St-François Régis, ne date que de 1862.

Pendant les premières années, on n'y voyait que la famille Tanguay, mais en 1898, M. Beetz, riche propriétaire belge, choisit cet endroit comme lieu de villégiature où il put se li-

vrer à son aise aux plaisirs de la pêrhe et de laychasse. 11 s’y bâtit une villa très coquette et y fixa sa résidence ; plusieurs familles sont venues depuis se grouper près de lui.

Il n'y a pas encore de chapelle à Piastre Baie ; les offices religieux se font dans le salon de M. Eeetz qui denne toujours au missionnaire la plus cordiale et la plus franct:: hospitalité.

b. Sé-Félix de Goynish, sur la rivière du même nom, à 12 mille de Natashquan, fut fondé en 1875. Ce village comprend douze familles sur la côte Ouest de la rivière et huit sur la côte Est. Cette division des habitants ea deux groupes rend difficile la desserte de cette mission entété, car la rivière ét-nt très large et le courant très fort, il n’est pas aisé de passe : à toute heure ; aussi ies Pères sont-ils obligés de dire la messe tantôt d’un côté, tantôt de l’autre et de faire en cette déserte deux catéchismes et deux cérémonies de la première communion.

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