Antoine Guillois
Le 15 mai 1808 une nouvelle hémorrhagie l’enleva à Rueil-Seraincourt (1) ; il avait 51 ans. Chose étrange, quinze jours plus tard, le 23 mai, le Sénat enregistrait les lettres patentes qui octroyaient à Cahanis le titre de comte, avec armoiries d’argent à la balance soutenue par une verge embrassée d’un serpent, le tout de sable, quartier des comtes sénateurs ; par la même promotion Savary devenait duc de Rovigo, Defermon et Beurnonville étaient également élevés à la dignité de comtes de l’Empire. (2)
Richerand pratiqua l’autopsie puis rembaumement du corps de Cabanis. Le cœur (3) fut déposé à Auteuilprès de Mme Helvétius. Puis le cortège ordinaire des douleurs officielles, après une cérémonie religieuse, accompagna les restes de Cabanis au Panthéon, où Carat prononça son oraison funèbre. Si la perte fut vivement ressentie par l’élite de la nation, le véritable deuil fut à Auteuil chez ses amis et chez les pauvres.
Aux yeux de tous, avec Cabanis disparaissait une figure, un souvenir du passé. Benjamin Constant écrivit à Fauriel (4) : « à peine aperçoit-on quelques débris de cette classe, qu’assurément la génération qu’on forme et qu’on veut former ne remplacera pas. » Riche-
1. Chronique médicale 15 septembre 1901 Sur le lieu de la mort de Cahanis.