‹ Quelques notes sur un médecin philosophe de la Faculté de Paris. P.J.G. CabanisChapitre 13 sur 22 · Archives de l'Institut , cité par M. Picavet · texte numérisé non relu

Archives de l'Institut , cité par M. Picavet

rand fit son éloge à l’École de Médecine, louant ses qualités de cœur et la variété de ses connaissances et Destuttde Tracy, quelques semaines plus tard, lui succédant à l’Académie française, de Ségur et le poète Andrieux après lui, exaltèrent encore la noblesse de ce caractère.

Depuis cette époque, la mémoire de Cabanis a été saluée respectueusement par tous ceux qui se sont occupés de sa personnalité. Ecoutons Moreau de la Sarthe dans la partie médicale de son Encyclopédie méthodique (1) : « Il possédait, nous dit-il, deux qualités qui paraissent s’exclure : la candeur, la simplicité, la confiance d’une part, et d’une autre part une connaissance approfondie du cœur humain, une finesse d’esprit, une délicatesse de goût que nul autre homme peutêtre n’a portées au même degré ; heureux assemblage qu’un observateur exercé pouvait aisément découvrir dans sa physionomie, d’ailleurs si expressive, si mobile, toujours si bien d’accord avec toutes les manifestations de ses sentiments ou de ses pensées ou avec les inflexions de sa voix et la vérité de ses intonations. »

Mignet en 1850 (2) a dit de lui qu’il a pu réunir le dévouement du médecin, la pensée du philosophe, la générosité du politique, l’élévation de l’écrivain et la modération du sage.

1. Moreau de la Sarthe Encyclopédie méthodique , partie médicale. Tome X.

2. Mignet, Eloqe de Cabanis. Séance de l’Académie des sciences morales, 15 juin 1850.

Sainte-Beuve l'appelle le « bon, l’honnête, l’excellent Cabanis ». M. de Réinusat (1) en 1844 nous le résume ainsi : Son caractère élevé, la pureté de sa vie, sa fidélité généreuse à ses opinions, l’indépendance de son âme, ont laissé de lui une haute idée aux hommes, rares aussi qui estiment de telles qualités à leur véritable prix.

A toutes dates, depuis le biographe Michaud et l’abbé de Féletz, jusqu’à M. Picavet (2) et M. Antoine Guillois en passant par Victor Tissot (3), Pariset (4), Peisse (5), Dubois d’Amiens (6), c’est envers l’homme le même concert de sympathies et d’éloges et cela est d’autant plus remarquable que ces manifestations émanent souvent de ceux qui furent, jusqu’à l’injustice envers l’œuvre, les adversaires implacables des doctrines de Cabanis.

1. De RémuSat. Revue des Deux-Mondes , 15 octobre 1844. ’2. M. Picavet. Les idéologues.

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