Antoine Guilloïs
3. Avec l'aide de deux jeunes étudiants en médecine, Pinel et Boyer.
port. Ce dernier fut inutile. Le lendemain Condorcet était mort ; il s'était empoisonné. Victor Tissot rapporte « qu’à l’époque où les Girondins périrent, Garat et plusieurs de ses amis portaient sans cesse sur eux dans un anneau un poison composé par Cabanis et capable de donner immédiatement la mort. La mort, Garat voulait bien la subir mais il voulait éviter l’échafaud et cependant il fit le sacrifice du précieux et fatal présent de Cabanis en donnant à Condorcet l’anneau qui contenait le poison libérateur. Condorcet le reçut avec reconnaissance. » Il est plus probable que ce fut Cabanis luimême qui remit à Condorcet le poison, « le pain des frères », probablement une combinaison d’opium et de
stramonium. D’après M. Frédéric Masson (1), Bonaparte
aurait acquis de Cabanis lors d'une visite à Auteuil et porté sur lui jusqu’en 1308 le même poison, qui revêtait la forme de bâtons de sucre d’orge.
Destutt de Tracy, l’abbé La Roche, Ginguené et d’autres amis d’Auteuil, furent également victimes de la Terreur; ils restèrent longtemps en prison. Roucher porta sa tête sur l’échafaud. Cabanis dont on connaissait pourtant les attaches avec Condorcet et les Girondins, dont on se rappelait l’amité avec Mirabeau, désormais voué aux gémonies, avait néanmoins trop d’amis dans tous les partis pour être sérieusement inquiété. On lui offrit même une place de ministre aux Etats-Unis : il refusa de quitter Mme Helvétius et ses études. D’ailleurs il réprouvait les excès des factions, mais il applaudissait