De Jouvenel. Nos compatriotes dans l’histoire
à leur aise, vous ne trouverez que l’amour sincère de la vérité, du bonheur des hommes, et les douceurs de l’amitié fondée sur la vertu. Il n’y a pas grand mal à tout cela » (1).
Mme Helvétius était morte en 1800 léguant à son ami la jouissance de sa maison, Cabanis conçut de cette mort un très vif chagrin ; après Turgot, Franklin, Condorcet, sa protectrice aimée ! C’était pour lui l’ancien monde qui disparaissait emportant ses relations les plus chères, ses amitiés les plus brillantes. Dès lors il alla habiter régulièrement quelques mois par an à Willette près Meulan, chez le marquis de Grouchy devenu son beau-père. Il avait en effet épousé en l’an IV, Charlotte de Grouchy, la sœur moins jolie mais aussi digne de Mme de Condorcet.
Droz (2) nous a laissé ce portrait de Cabanis à l’époque. « Il rendait meilleurs ceux avec lesquels il conversait parce qu’il les supposait bons comme lui ; parce qu’il avait une entière persuasion que la vérité se répandra sur la terre ; et parce que nul soin pour la cause de l’humanité ne pouvait lui paraître pénible. Les paroles doucement animées, coulaient avec une élégante facilité. Lorsque dans son jardin d’Auteuil, je l’écoutais avec délices, il rendait vivant pour moi, un de ces philosophes de la Grèce, qui sous de verts ombrages, instruisaient des disciples avides de les entendre. »