‹ Quelques observations chirurgicalesChapitre 9 sur 19 · RÉSECTION DU COUDE · texte numérisé non relu

RÉSECTION DU COUDE

J. W..., 24 ans, marié. — Le blessé reçut, le 12 janvier, une balle qui traversa le coude gauche en déterminant une fracture compliquée des condyles de l'humérus. Il arriva à l'ambulance le 8 février. Le bras était dans un appareil plâtré allant seulement jusqu'au poignet et qui, trop serré, avait fait gonfler la main qui reste froide et sans mouvements : un abcès avait été ouvert au bras. Le 9, après avoir éthérisé le blessé, on pratiqua la résection du coude par une incision longitudinale passant entre les deux condyles. L'hémorrhagie veineuse fut abondante à cause de la congestion du bras. Deux petites artères furent liées. On chercha à conserver le périoste. On réséqua successivement la tête du cubitus, puis celle du radius, qui étaient malades. Les condyles fracturés furent enlevés avec les doigts, avec d'autres fragments au nombre de quatorze. Et, enfin, l'extrémité

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inférieure de l'humérus, fracturé en pointe, fut réséquée; les os enlevés et réséqués forment une longueur de 10 centimètres. Le bras fut placé sur une attelle coudée suspendue, et maintenu par des bandes exerçant une légère compression; la plaie pansée avec de la glycérine et de l'eau phéniquée; le pouls était à 138. Le soir, on fit une injection souscutanée de 1 centigramme de morphine. Le 11, le pouls esta 128; le gonflement du coude a diminué ; la suppuration bien établie; la plaie bien rouge. Le 13, la suppuration est très-abondante; le pouls tomba à 100; état général bon. Le 15, du chloral est donné, en outre, des injections. Le 23, la plaie est un peu plus rouge. Le 26, on ouvrit un abcès dans le bras. Le 28, le blessé perd l'appétit. Le 2 mars, il eut un frisson violent suivi de vomissements. Le 3, nouvel abcès au-dessus de l'extrémité du radius, injections d'eau phéniquée, le pus légèrement sanieux et fétide ; le bras est moins gonflé que jamais; la plaie a toujours bon aspect. Le 4, nouveau frisson; transpirations abondantes; l'haleine avait l'odeur purulente ; perte d'appétit complète ; pus fétide : le blessé toussa un peu. Le 8, l'état est si grave, qu'on décida l'amputation comme la dernière ressource, et, après avoir chloroformisé le ma-

lade, elle est pratiquée par la méthode circulaire au tiers supérieur ; le blessé perd peu de sang, la compression ayant été faite avec les doigts : huit ligatures d'artères; pansement à Feau phéniquée. Le 11, une pneumonie se déclara et le malade mourut, cinq jours après l'amputation. L'autopsie montra les deux poumons très-congestionnés ; dans le lobe inférieur droit on trouva des abcès gros comme une noix. Le foie ne présentait rien d'important.

V. B..., 21 ans, garçon. — Le blessé reçut une balle le 16 août au milieu de F avant-bras droit. La balle, passant entre le radius et le cubitus, occasionna une fracture compliquée de ce dernier os : plusieurs petites esquilles furent extraites au moyen des pinces, le blessé éthérisé : le bras et la main étant très-gonflés et douloureux, un cataplasme fut appliqué autour du bras de mauière à couvrir les deux blessures. Le bras fut placé sur une éclisse de bois bien garnie d'ouate, et maintenu au-dessus par une bande de carton. La sonde servit à reconnaître une nécrose du cubitus de 2 centimètres de longueur de chaque côté de la fracture ; la nécrose n'était que superficielle, et, quatre semaines après, on ne pouvait trouver aucune trace de la maladie. La blessure était chaque jour injectée avec de l'eau phéniquée. Par hasard, un petit morceau d'os

àli OBSERVATIONS CHIRURGICALES.

sortit avec le pus qui, pendant un mois, fut abondant et sain. Le bras, pendant le deuxième mois, était dégonflé et sans douleur. Le blessé quitta l'ambulance le 4 décembre guéri.

Dans deux autres cas pareils, les blessés ayant eu chacun quelques morceaux d'os extraits sous l'influence de chloroforme, furent également guéris trois mois après l'accident : l'un d'eux, ayant l'articulation du coude ouverte, guérit en conservant néanmoins des mouvements notables dans l'articulation.

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