OBSERVATION II
Méningite cérébro-spinale à début brusque, coïncidant avec une
forte émotion.
I s’agit d’une petite fille de 9 ans qui, le 17 janvier, en traversant une place, manque d’être écrasée par une automobile. A la suite de cet accident, une céphalée violente se déclare environ une heure après.
L'enfant pousse des cris et est abattue ; elle entre
chez une parente qui habite non loin de là et son état.
devient si alarmant qu’on ne peut la transporter au domicile de ses parents. Le soir même, la raideur de la nuque se montre avec une telle intensité qu’elle est en opisthotonos, l'enfant reste dans cet état les 19 et 20 janvier.
La masse sacro-lombaire est à ce point contracturée que la ponction est faite dans cette position d’opisthotonos avec une certaine difficulté le 18 janvier. Nr
Le liquide céphalo-rachidien est à ce point visqueux que c’est à grand peine qu'on en obtient quelques gouttes, environ 2 centimètres cubes qui ne purent
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être retirés qu'avec une seringue faisant fortement le vide ; elles s'écoulèrent avec une certaine lenteur et étaient tantôt rosées, tantôt franchement rouges, tantôt sanieuses. Dans les 3 tubes où elles furent recueillies elles se coagulèrent dans les vingt-quatre heures et il se forma un eulot rouge qui finit par être emprisonné dans les tubes entre deux ménisques de sérosité qui resta claire. Le microscope montra des hématies en abondance, quelques lymphocytes et quelques polynucléaires. 10 centimètres cubes de sérum de Dopter furent injectés dans l'espace sousarachnoïdien.
Le 20 janvier, on pratique une nouvelle ponction ‘lombaire, qui donne issue à un liquide très légèrement trouble et contenant quelques flocons ressemblant aux filaments des vieilles uréthrites blennhoragiques ; ils sont cependant plus volumineux. L’écoulement ne se fait pas spontanément; il faut encore recourir à l'aspiration d'une seringue faisant fortement le vide.” >
On retire 30 centimètres cubes de liquide et on injecte 20 centimètres cubes de sérum anti-méningococcique de Dopter. Dans le liquide obtenu, on observe des polynucléaires fragmentés ou altérés ; on ne décèle ni microorganismes, ni bacilles ; il y a quelques lymphocytes : 10 à 12 dans le champ du microscope.
Le signe de Kernig, très intense le 18 janvier, s’atté-
nue surtout après cette 2° ponction.
Le 22 janvier, la raideur de la nuque disparait pour
None reparaitre, moins forte cependant, le 24. A cette date une 3° ponction lombaire est faite; le liquide est trouble ; il y a 50 lymphocytes environ dans le champ.
du microscope et quelques polynucléaires bien colorés. On fait alors une 3° injection de sérum de Dopter de
20 centimètres cubes.
À partir de ce moment la céphalée disparait et la température de 39° tombe à 37°6.
Il persiste seulement une légère douleur au niveau de la nuque, mais il n’y a plus de raideur; le signe de Kernig est à peu près nul. Un peu de gonflement accompagné de douleur se manifeste au genou droit, mais cette arthropathie est passagère.
L'état de l'enfant va en s’améliorant et à la 4° et dernière ponction lombaire pratiquée le 9 février, on retire un liquide à peu près clair, avec seulement quelques polynucléaires, quelques lymphocytes (5 à 6 par champ) et quelques globules rouges.
La malade entre alors en convalescence pour êtrecomplètement guérie en mai 1912. res
L'intérêt de cette observation réside dans le mode de début de l'affection. Voilà un enfant en pleine santé qui sort pour faire une course, elle a une grande frayeur et, une heure après cette forte émotion, les symptômes méningés apparaissent avec une telle intensité que l’on n'hésite pas à pratiquer immédialement une ponction lombaire.
Il est évident qu'il n’y a qu’une simple coïncidence entre l'émotion ressentie et l'apparition des symptômes.
Le début brusque dans la méningite cérébro-spinale