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Les stipules des Epilobiacécs

On décrit assez ordnairement les Epilobiacées comme dépourvues de stipules. Cela paraît être vrai pour la plus grande tribu de la famille, celle des Epilobiées, ainsi que pour la tribu des Gaurées. Mais dans les autres tribus, Lopeziées, Fuchsiées, Jussieuées et Circæacées, toutes les plantes que nous avons examinées à l’état vivant étaient pourvues des stipules latérales caulinaires qui ont été décrites par M. Spach. Ici les stipules sont tellement grandes qu’elles ne peuvent avoir échappé aux botanistes qui ont refusé des stipules à cette famille. Mais les stipules manquaient dans les Epilobiées, qui formaient la masse de la famille, et on aura conclu de là que les autres tribus devraient être pareillement extipulées.

Toutes les espèces de Fuchsia et deCircæa que nous avons examinées ont des stipules d’une longueur de 0,4 à 0,8 m/m ou plus encore, glanduliformes étroite-laneeolées ou subulées parfois arquées en faucille, glabres ou pubescentes. Elles se distinguent dans ces deux genres par cette particularité qu’elles sont rétrécies à 3 ou 4 endroits de manière à devenir moniliformes, et quelquefois elles tombent article par article de haut en bas. Aux endroits rétrécis la stipiüe est formée par des rangées transversales de cellules beaucoup plus raccourcies que les cellules des parties intermédiaires dilatées, et s’atrophiant plus rapidement que celles-ci. Dans les jeunes feuilles non encore épanouies on se convaincra facilement que les stipules ne manquent jamais et qu’en général il n’en existe qu’une de chaque côté du pétiole.

Plus la feuille est jeune, cependant jusqu’à un certain point de son développement, plus la stipule est grande. Dans le bourgeon axillaire d’un Circæa alpina nous avons mesuré une feuille longue de 0,60 m/m accompagnée d’une stipule longue de 0,38 m/m, celle-ci dépassant par- conséquent la moitié de la feuille. A un âge moins avancé quand la feuille ne forme encore qu’un petit mamelon, on pourra rencontrer des stipules qui égalent ou dépassent même la feuille à laquelle elles appartiennent, ainsi nous conservons une préparation d’un bourgeon axillaire très jeune où deux feuilles seulement sont ébauchées en forme de petits mamelons opposés. Le plus grand mamelon a environ une longueur (hauteur) de 0,38 m/m tandis que l’une de ses stipules mesure 0,50 m/m, c’est-à-dire un quart environ de plus que la feuille.

On observe également avec facilité dans les Fuchsia que la stipule atteint son développement complet long-tems avant la feuille. Lorsque la génération des cellules est suspendue dans la stipule, elle est encore en pleine activité dans le bas du limbe de la feuille. Les cellules mères dans lesquelles naissent les cellules semilunaires des stomates sont encore pour le plus grand nombre en voie de formation et les cellules de l’épiderme sont toutes petites et remplies d’une matière non-limpide. Des groupes de ces jeunes cellules alternent avec d’autres dont les cellules sont presque complètement développées. »

Mais il paraît tout aussi certain que le premier rudiment de la feuille naît un peu avant l’apparition s premières traces de stipules. Il est cependant prouvé par le fait suivant que les rapports de tems n’ont s une très grande importance et peuvent subir des variations considérables : dans le même bourgeon illaire de Circæa alpin a dont il vient d’être question, il existait d’un côté de l’axe deux stipules, une ur chacune des feuilles opposées et toutes deux plus longues que leurs feuilles, tandis que de l’autre côté n’existait pas de traces de stipules. Ce désaccord dans le développement des stipules des deux côtés de même feuille a moins lieu de nous étonner lorsque nous considérons que ces organes sont réduits à un mbre assez restreint de cellules, dont la plupart a une face libre et exposée à l’influence de l’air atmosérique ce qui, favorisant l’évaporation et par cela accélérant l’affluence du fluide nutritif, fait que ces pules se développent de même que des poils etc. avec une extrême rapidité. O n’a donc pas besoin de pposer une grande différence de tems dans l’apparition primitive des stipules de la même feuille pour e la première puisse avoir atteinte un développement considérable avant l’apparition de la seconde.

Dans le Lopezia. coronata les stipules ont souvent une longueur de plus de 1 millim., elles sont peu près cylindriques et s’atténuent d’une base lancéolée en une pointe subulée. Quand la feuille ; complètement développée et épanouie, les stipules sont déjà fanées, tout au moins vers la pointe, iis elles persistent néanmoins assez Ion g- tems sur la tige souvent même après la chute de la feuille nt la base est articulée. A une époque plus avancée, toutes les cellules de la stipule, ou au moins les qui composent leur base élargie, sont remplies d’un fluide rouge. Mais si on examine un bourgeon s jeune, on trouvera que le contenu des mêmes cellules est plus verdâtre et que quelques unes sntr’elles, plus grandes, sont tout-à-fait remplies de raphides. Dans les stipules nous n’avons observé 3 cellules à raphides que dans le Lopezia et le Jus sia e a, tandis qu’elles existent en abondance ns les feuilles de toutes les Epilobiacées que nons avons examinées. Dans un jeune bourgeon de > p e z i a nous avons remarqué une fepille d’une longueur de 0,45 m/m et dont la stipule mesurait 0,25 m c’est-à-dire plus de la moitié de la feuille.

Le Jussiaea longifolia, le Ludwigia alterniflora et l’Isnardia palustris sont tous mis de stipules glanduliformes, qui dans le Jussiaea ont une longueur de 0,60 à 0,80 m/m, dans Ludwigia de 0,20 à 0,34 et dans l’Isnardia seulement de 0,15 à 0.20 m/m. Leur coloration est urpre ou rouge-brunâtre dans le Ludwigia et l’Isnardia, jaunâtre dans le Jussiaea.

Dans les vraies Epilobiées, savoir: Epilobium, 0nothera, Clarkia, Eucharidium etc. nous vous jamais trouvé de stipules; nos observations ne comprennent cependant que bien peu de répréîtans de ces genres.

Beaucoup de ces Epilobiées, mais pas toutes, ont des feuilles qui se distinguent par un autre énomène qui, comme les stipules des autres tribus se montre à une époque précoce du développement disparaît avant que la croissance de la feuille soit achevée. De l’extrémité supérieure des jeunes tilles naît un appendice particulier qui tantôt est ovoïde, tantôt renflé dans la partie supérieure en •me de massue ou capitule avec un support plus contracté. Cet appendice se compose de cellules nplies d’un fluide plus limpide et qui sont plus grandes que celles qui composent le reste de la feuille cette époque de son évolution. Les cellules périphériques se terminent en dehors, surtout celles qui •ment la partie supérieure de l’appendice, en une papille obtuse et arrondie, souvent renflée en forme massue. Ceci donne à l’appendice quelque ressemblance avec un stigmate. Quand la feuille panouit l’appendice stigmatoïde présente une saillie peu sensible sur son sommet. Mais plus la feuille t jeune, plus l’appendice est grand en raison du reste de la feuille;*) de sorte que dans de très

) Une jeune feuille de l’Epilobium angustifolium est dans sa totalité longue de 0,70 m/m et a un appendice de 0,34 m/m qui par conséquent fait presque la moitié de la feuille. Une autre feuille de la même plante est d’une longueur de 0,69 m/m et son

jeunes feuilles il forme une partie considérable de la feuille entière. Dans les feuilles les plus jeunes au contraire, qui n'apparaissent que comme un petit mamelon, on ne trouve pas encore l’appendice. Quoique formant ainsi le sommet de la feuille, l'appendice n’est pas la partie qui naît la première mais bien celle qui la première et même long-tems avant le reste de la feuille atteint son complet développement. Quan à la fonction de cet organe particulier, il paraît probable qu’il joue un rôle semblable à celui des poils sur les organes qui sont en train de se développer. La forme présente un certain intérêt en ce qu’elle rappelé beaucoup la forme que prend la même partie de la feuille quand elle se présente comme feuille carpellaire.

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