Traitement de la pneumonie. Union médicale
Mathelin 4
constate après les premiers temps de leur maladie un abaissement de la proportion des- globules rouges, tandis que celle des globules blancs augmente parallèlement. On sait aussi que chez les diabétiques, la pneumonie revêt souvent un caractère grave et se termine par la suppuration et la gangrène. — Il en sera de même pour les pneumonies des gens débilités, des alcooliques et des vieillards, contrairement à l’opinion d’Andral qui dit que la considération de l’âge ne doit que rarement empêcher de pratiquer de nombreuses émissions, sanguines. Nous publions à la fin de notre travail une observation de M. Josias, montrant que la saignée eût pu être non seulement inutile mais encore hâter la terminaison fatale chez une femme de 73 ans, qui fut traitée par l’alcool et qui succomba au troisième jour de sa pneumonie.
Enfin, nous avons vu tout récemment la méthode de traitement être encore tout autre que les saignées, à cause de certaines contre-indications, chez un malade entré au mois de mars dans le service de M. le professeur Hardy. Cet homme âgé de 41 ans, était atteint d’une bronchite chronique depuis dix ans et avait déjà eu cinq pneumonies dont la dernière, au mois de janvier de cette année, avait été soignée dans le service de M. Peter. — A son entrée à l’hôpital il avait une fièvre intense, le pouls battait 120 et la température approchait de 40° ; la dyspnée était forte, et la maladie qui était au second degré comprenait tout le poumon gauche excepté une lamelle assez mince à la partie antérieure et posléro-supérieure. Malgré cette intensité des symptômes généraux et l’étendue de la pneumonie M. Hardy n’eut pas recours aux émissions sanguines chez ce malade,
parce qu’il avait des antécédents morbides fâcheux et qu’à son entrée, il avait un état général mauvais, de la sécheresse de la langue et une grande prostration. Il fut traité par les ventouses scarifiées, le tartre slibié à la dose de 25 centigrammes qu’on cessa après deux vomissements et trois ou quatre évacuations alvines, par la potion alcoolique de Todd, les toniques et les reconstituants. La guérison put être obtenue mais elle ne fut pas aussi rapide que par la méthode des saignées coup sur coup, car vingt jours après le début de la maladie, ou entendait encore du souffle et quelques râles après la toux.
Occupons-nous maintenant des effets de la saignée. Mais d’abord, à quelle époque doit-on la pratiquer ? La plus favorable répond au premier degré de la pneumonie, quand il n’existe encore que de la congestion avec exsudation dans les alvéoles du poumon, tant que l’exsudât n’est pas formé (Bennett) ; par son action déplélive, elle peut alors, ainsi que l’accordent ses adversaires eux-mêmes, enrayer la maladie. Mais les jours suivants, sans prétendre juguler la pneumonie, comme le voulait Bouillaud, on peut encore espérer un certain bénéfice de l’emploi de la saignée, car, dit Lépine (1), » l’exsudât d’une pneumonie ne se fait pas tout d’un coup ; une vaste hépatisation ne s’opère pas tout d’un bloc, mais par poussées : donc une saignée faite le troisième et quelquefois même le quatrième jour n’arriverait pas trop tardivement pour exercer une influence sur le processus de l’exsudation. »
Nous verrons un peu plus loin l’action exercée par la