‹ Quelques Observations de Transfusion du Sang en Clinique Chirurgicale: Organisation du Centre de Transfusion Sanguine de l’Hôtel-Dieu d’AngoulêmeChapitre 25 sur 38 · QU D · texte numérisé non relu

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La pathogénie du choc est mieux connue depuis les travaux de Quénu publiés pendant la guerre de 1914-1918. Ce rappel nous conduit à remarquer ici combien la classification des indications de la transfusion que nous avons adoptée est en fait artificielle. Les syndromes d’hémorragie, d'intoxication ou de choc sont rarement isolés. I appartient au jugement du clinicien de définir la valeur comparée de ces termes, à des fins de traitement judicieux.

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Le choc est habituellement la résultante, et d’hémorragie, et d'intoxication ou d'infection, et de phénomènes psychiques ou nerveux. Il en résulte un déséquilibre compiexe se traduisant par le tableau clinique que nous rappelions au début de ce paragraphe. Du point de vue de sa pathogénie, on caractérise le choc par le syrdrome dominant, sans que cette spécification puisse exclure les autres causes de déséquilibre.

Quénu distingue :

L. Le choc d'emblée ou choc immédiat, qui apparaît aussitôt après l’accident qui le provoque. Il y reconnaît :

a) Un élément d’inhibition psychique (douleurs du traumatisme ou du syndrome abdominal aigu, par exemple);

b) Un élément nerveux moins bien connu. On sait, désormais, l'importance qu'il y a à ménager les fibres nerveuses : à pratiquer, par exemple, une novocaïnisation soigneuse des troncs nerveux disséqués au cours d’une amputation; à ne pas tirailler le plexus mésentérique au cours d’ure intervention abdominale ;

c) Une hémorragie massive d'emblée qui est l’occasion habituelle du choc immédiat et sur la pathogénie de laquelle nous nous sommes expliqués précédemment.

2. Un choc primitif manifesté seulement dans les heures qui suivent l’accident. I] survient ordinairement sans raison apparente. L’hémorragie, le traumatisme nerveux ou psychique reste hors de proportion avec la gravité du tableau clinique.

Il a été mis en lumière qu'il s'agissait alors d’une toxémie à syndrome dépressif, par résorption massive d’albumines étrangères à partir des tissus contus dévitalisés.

3. Un choc secondaire ou tardif apparaissant après la 36€ heure, qui traduit l'infection de la plaie et la période de pullulement microbien. Le choc secondaire est un choc

septique.

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Nous avons cherché à nous expliquer pour quelle part la transfusion du sang pouvait egir dans le traitement du choc, sur les différents désordres dont il procède. Les travaux de Laubry et Tzanck sur le rôle primordial du tonus vasomoteur de la circulation de retour, nous en fournissent une explication.

Dons l'hémorragie massive ainsi que dans le choc,ces auteurs notent une sidération identique par voie réflexe de ce tonus vasculaire, ce qui entraîne le blocage de la circulation de retour. L’augmertation de capecité réalisée de cette manière au niveau des capillaires et des veines (lacs sanguins abdominaux), est considérable par rapport à la capacité artérielle.

Les variations du rapport :

masse (sanguine)

capacité (vasculaire)

que Laubry et Tzarck ont appelé « coefficient de sécurité », nous renseignent sur la distinction qu'il convient d'établir entre hémorragie et choc ét sur la conclusion thérapeutique qu'il convient d’en tirer.

Dans les conditions physiologiques, ce rapport & est un peu inférieur à l'unité, ce qui se traduit cliniquement par l’état d’euphorie du sujet.

Dans l’hémorragie massive, M diminue brusquement et par réflexe de défense, C est augmentée (vaso-dilatation des lacs sanguins abdominaux). Les accidents résultent autant de la spoliation sanguine que de ce blocage brutal de la circulation de retour. Le rapport & diminue brusquement par abaissement de M et augmentation de C.

Dans le choc, la masse sanguine reste la même, mais la sidération du tonus vaso-moteur de la circulation de retour, abaisse également la valeur du rapport = par augmentation brutale du dénomirateur de cette fraction.

Ce qu'il importe dorc de corriger dans le choc, c’est la valeur de C, c'est-à-dire la réduction de la capacité vasculaire

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par la restauration du tonus vaso-moteur de la circulation de retour.

Pour ces raisons sans doute, Tzanck a pu écrire : «à grand choc petite transfusion », et préconiser l'association adrénalinesérum glucosé-tonicardiaque dans le traitement du choc grave, le malade étant placé en Trercelembourg.

Nous devons dire, en ce qui concerne notre expérience, que nous avons toujours vérifié l'efficacité de la transfusion, voire de la transfusion répétée, employée sans autre adiuvant pour obtenir la rémission du choc. Sans qu'il nous ait été possible de poursuivre chaque fois l’analyse des phénomènes biologiques qui en résultaient, nous croyons que la transfusion agissait efficacement pour combattre l’hémorragie, l’anémie et l'infection associées en même temps que pour contribuer à la régulation de certaines constantes (équilibre acide-base, glycémie) et pour apporter à l’organitme des moyens de défenses supplémentaires : désintégration des matières protéïiques et apport d’anti-corps (Jeinneney).

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