‹ Quelques observations pratiques recueillies à la Clinique chirurgicale de l'Université impériale de KharcoffChapitre 5 sur 6 · DU I.OBUI.E DE D’OREIUE FORMEES A LA SUITE DE SA FERFORATION · texte numérisé non relu

DU I.OBUI.E DE D’OREIUE FORMEES A LA SUITE DE SA FERFORATION

A la suite de la plaie que l’on fait pour percer les oreilles, il survient quelquefois un genre parlicnlier d’afîeciion qui n’a pas été, que nous sachions, noté par les auteurs. — C’est une tumeur fibro-cartilagineuse qui a pour racine la cicatrice de la plaie faite au lobule, et qui peut acquérir un certain volume. — Nous avons eu occasion d’observer (rois faits ^ de ce genre dans ces dernières années, et chaque fois la tumeur se trouvait au côté postérieur du lobule. Le premier cas appartenait à une fille de dix ans qui se présenta à la consultation clinique dans l’année 1839 j le second appartenait à une fille de huit ans; le troisième, enfin , à une demoiselle de vingt-quatre ans, replète, de constitution lym phatique , qui, devant se marier dans quelques semaines, était peinée de paraître aux noces sans boucles d’oreilles, et vint au printemps de l’année 1842 nous prier instamment d’entreprendre une opération qui dût lui en procurer le moyen.

L’affection était très bien caractérisée, surtout chez la fille de dix ans, dont nous allons parler (^V. figure 15). Il y avait au côté postérieur du lobule de l’oreille droite une tumeur globuleuse , mamelonnée, à-peu-près de la forme et delà grandeur d’une noisette ordinaire : cette tumeur, d’une dureté extrême, était recouverte d’une peau miqce, adhérente,

de ooulein* naturelle , sur laquelle on voyait des ramifications veineuses très fines; sa base était appliquée au lobule, y adhérait seulement par une racine qui en traversait l’épaisseur, et la tumeur aboutissait à une petite cicatrice que l’on remarquait à sa surface antérieure. En pressant la surface antérieure du lobule contre la tumeur, on sentait cette racine, et on en reconnaissait l’extrême dureté; on pouvait facilement comprendre que ce prolongement n’était que la cicatrice de la plaie faite dans l’épaisseur du lobule lorsqu'on perça l’oreille.

Chez chacune de ces filles la présence des boucles d’oreilles avait causé des douleurs qui forcèrent leurs parens de les ôter bientôt après les avoir appliquées. Chez la seconde, la tumeur était d’une forme moins régulière et sa racine plus large. Ses parens avaient autrefois fait couper la tumeur ù plat et percer l’oreille de nouveau pour réapliquer les boucles; mais l’enfant ne put les supporter, et la tumeur repoussa. La fiancée aussi avait fait plusieurs essais de ce genre, mais toujours sans succès ; la racine de sa tumeur en devint plus large, et acquit une forme prismatique.

Dans chacun de ces cas l’ablation de la tumeur eut lieu en l’excisant d’abord à plat surja surface du lobule, puis en cernant la racine par deux incisions elliptiques faites par ponction avec un petit ténotome. Les bords furent rapprochés avec un point de suture, et la plaie guérit sans accident. On ne se servit pas de cette plaie pour l’application des boucles, comme les personnes l’auraient désiré, et l’on conseilla de ne faire aucune ponction nouvelle qu’à une époque beaucoup plus reculée.

A la section de ces tumeurs on trouva que le tissu du corps et de la racine étaient de nature fibro-cartilagineuse.

La fig. 15, A, est la coupe de la tumeur représentée dans le portrait.

Au mois de novembre de l’année passée nous avons vu ù la clinique du célèbre professeur Syme, d’Êdimbourg , une femme qui portait au lobule de l’oreille droite, à la suite de l’irritation qu’autrefois lui avaient causée les pendans, une affection en quelque sorte analogue ù celle dont nous parlons, mais qui, cependant, en différait essentiellement. Dans ce cas, toute l'épaisseur du lobule était hypertrophiée, et avait subi une dégénérescence fibro-cartilagineuse. M. Symeexcisa le lobule en faisant deux lambeaux qui, rapprochés par deux points de suture, se cicatrisèrent promptement.

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