‹ Quelques observations sur l'Aulularia de PlauteChapitre 6 sur 45 · Cf. uu. GOO-CÎM · texte numérisé non relu

Cf. uu. GOO-CÎM

Sed seruum inouni S(r<)l)iluni niiror ii})i sit, qucni o^o iussoram llic oppt'riri. Cum e^o niecum cojîito.

Si inihi dat opcrnin, nie illi irasi'i iniuriuni esL

2. Cf. LiNnsAY, Latin KmendHliotif Cli. I Kirors of emcndation, p. U sqq.

SUR l' « ATJLULARIA )) DE PLAUTE i 1

sianus de Plaute, les noms écrits d'après nos principes se seraient confondus avec le dialogue proprement dit. Il fallait quelque chose qui frappât de suite les yeux . Ils remplacèrent les noms par une lettre grecque, qui servait à désigner le même acteur durant toute la pièce (ou quelquefois seulement pour une scène). Tel personnage s'appelait A, un autre B, un troisième F et ainsi de suite. Ce moyen très simple et très net (la lettre était en rouge) indiquait clairement les changements d'interlocuteurs. Le Bembinus de Térence nous a conservé une reproduction exacte de cet usage antique*. La résolution de la clef et la nature du rôle étaient indiqués avec le nom dans l'en-tête qui précédait chaque scène ; par exemple Phormio^ se. avant le u, 179.

A GETA P ANTIPIIO B PIIAEDHIA dv SERVOS ADVLESCENTES U

Le Bembinus donne :

1® Le nom de l'acteur (Geta, Antipho, Phaedria).

2** Le rôle qu'il joue (seruos, adulescens).

3^° La lettre grecque qui sert à le désigner durant la scène (ABr).

4® Les expressions DV (= deuerbium) indiquait que c'était du dialogue parlé; C {■= canticum) indiquait le dialogue chanté.

Quant à la Renaissance Caroline, on recopia les manuscrits de Plaute, ce moyen fut, sans doute, trouvé peu pratique pour les lecteurs contemporains. On laissa en blanc l'espace réservé aux sigles grecs, ainsi que les en-têtes de scène, afin qu'un rubricator pût les remplacer à l'encre rouge par le nom équivalent.

1. L'Ambrosianus ne peut nous en donner qu'une faible idée, l'encre rouge ayant disparu par suite du lavage opéré sur le niss.

12' (JlKLgrES OBSERVATIONS

Malheureusement pour le manuscrit archétype, g^râce auquel Plante nous est parvenu, Tipuvre du rubricator n*a pas toujours été faite'. Lii où nous trouvons des noms et les en- te tes, c'est une restitution souvent faite de chic par les copistes sans aucun texte sous les yeux. Les confusions, les omissions, les interversions n'en sont qu'une preuve trop évidente.

C'est ce que nous allons essayer de montrer.

Nous laissons de côté les manuscrits E J O, qui présentent des traces de remaniements (cf. Gôtz, Ann. Plautina, p. 73) et à plus forte raison FZ^.

BCD^ bien que dérivant d'un même archétype, ne subissent pas toujours le même traitement. Très souvent, ils ne donnent rien du tout : par exemple pour le Stichus, le Pcrsa et la plus grande partie du Rudens [B 100-1423 : CD 100-335, 382, 417-447, 497-518, 525, 534-584, 65i- 687,702,706-821,727,795, 826-8()3,877-885 et 986-1265, sauf une dizaine de vers où ils sont conservés dans D.

Il y a d'abord une remarque très importante à faire. La répartition des interlocuteurs n'est en général bien faite que dans les scènes où il n'y a en présence que deux acteurs et encore ce n'est pas toujours sans quelques

1. Pdur 16 pièces au moins. Quatre doivent être écartées : deux dont les noms représentent peut-être une tradition, puisqu'elles conservent les lettres jçrecqucs, le Trinummiis et le Poenulus, et d<Hix qui ii'ont ces lettres que dans quelques scènes, la Mostellnrin (se. avant les uii. 032 et 783) et le TruculenliiH (se. avant les un. 250, 711, 775; : et encore, poiu' ces deux dernières, l'authenticilé deslet(i*es me semble sinj^ulièroment compromise par la multiplicité des fautes (jui se produisent aux endroits où elles se trouvent.

2. On ne saurait trop bjftmer le principe qui a présidé à la confection de l'édition de Goetz-Lokwiî-Schokll. Quand il y a une particularité concernant un nom d'intei'locuteur, au lieu de la répéter chaque fois qu'elle se rencontre, on l'indique une seule fois pour toute la scène ou même toute la pièce. Et encore si on pouvait la trouver facilement : tantôt elle est mentionnée dans l'apparat [liud. p. 11, u. î>9\ tantôt dans la préface [AuL p. X), tantôt A la fois dans l'apparat et la préface (Mil. p. io. n. U) et p. XIX-XX, Au lecteur de s'y reconnaître.

SLR l' « ALIALAHtA >) DK PLALTK 13

omissions'. {Amph., se. avant le u. 1î)3, cf. 1S3, 176, 180, 185, 186, 317, 318, 319, 323, 324, 362, 363, 364. — Aul., se. avant le a. 120, cf. 170, 171, 172. — Capt., se. avant le u. 781, cf. 817-818, 867-868, 885-886. — Pseud., se. avant le u. 3, cf. 16, 18, 29, 31, 32, 36, 37, 47, 60, 81, 88, 131. — A/;7., se. avant le u. 947, cf. 957-958, 965-966, 969, 980, 987, etc.). Quand il y en a trois, et, à plus forte raison quatre ou cinq, si les noms ne sont pas omis (Aul., omis par fi' D du u.'415 au u. 580: les noms sont rétablis par J3*. — Mil., un. 1137- 1191), ou bien les attributions .sont simplifiées [Aal.^ uu. 280-339), ou bien le désordre le plus complet y règne». {Mil., se. avant le u. 1394, cf. 1398, 1400, 1401, 1405, 1406, 1407, 1409, 1418, 1420, 1422, 1424, 1425, 1429, 1431, 1435, 1437. — Pseud., se. avant le u. 230, cf. 237, 239, 240, 254, 268, 269, 273, 279, 283, 296, 321, 326, 329, 330, 331, 335 : je laisse de côté 336-338, où il y aurait une interversion k discuter : 340, 348, 354, 357, 359, 362 : 357-370 seraient à revoir de près pour la distribution : 380, 393. — Capl., .se. avant le «. 251. cf. 253, 255. 266, 269, 271, 272, 274, 277, 284-287. 334, 335, 358, 359, 385, 393, 394, 397- 400, 428, 429, 430, 447).

1. C'est sans cloute la simplicité du dialogue ^presque toujours deu.v acteui*s seulement sur le théâtre, excepté aux se. avant les uu. 2S0, 350, 682, où mes critiijues trouvent leur pleine confirmation) qui fait que la distribution est assez exacte dans VAulularin. Même observation pour VAmphiiruo.

2. Il y a dans celte scène deux cuisiniers et un esclave. Au lieu du nom de chaque cuisinier, les inss. placent le nom jrénérique (^»cus aux au. 283, 287, 289, 2î)3. 29i. 29«, 2î)8, 303, .307, 309. 31 î, 323, 3.30. Une seule fois, il y a ('onp*. .«.322 , jamais Anthrax. Aux uu. 333, 338. 3i9, il a Con^if), mais un nouvel en-tcte de scène, fautif, il est vrai, est donné avant le u. 327.

3. La Cislellnriii a besoin d'être entièrement remaniée pour les noms d'interlocuteui*s à cause de la lacune. Cï. éd. (ioetz-Schoell, p. XI-

li yl'K'-yLKS OBSKKVATIO.NS

C'est surtout au ■ commencement des pièces que les trois sources BCD donnent conjointement les noms d'interlocuteurs : mais il arrive également qu'elles le donnent pour toute la pièce (par exemple Pscud.). Cependant les omissions sont nombreuses : voici les principaux cas :

Quand H donne les noms d'interlocuteurs, CD les omettent {Mil, uu. 187-25S, :H3-330, 337, 340, 439, 520-58G, 829, 830, 848, 8o2, 87i, 878, 881, 938, 987, i214, 1314-1319, 1324, 1342. — Pseml., au. 33, 38, ir)9, 238, 295, 334, 427, 433, 457-478, 481-301, 304, 5()0, 609, 1106, 1231).

Quand CI) donnent les noms, if les omet [Mil., uu. 272, 481, 496, 787, 789, 790, 900, 909, 945. — Rud., uu. 1203-1418. — Ps., uu. 18, 37, 47, 88, 347, 395, 610, 623, 638, 712, 932, 992, 1011, 1013,1016).

D donne seul les noms d'interlocuteurs : ils sont omis dans BC ou dans l'un des deux seulement (voir les exemples du Rudens, cités plus haut, excepté uu. 1203 h 1265. — Aul., uu. 387 à 831. — CapL, uu. 240-498 ". — Pseud., uu. 242, 279, 326. — Mil., u. 979), ou il les omet seul quand ils sont dans BC [Mil., uu. 616, 930, 1027, 1036, 1217).

C omet les noms quand ils sont dans BI) ou l'un des deux seulement [Mil., uu. 32-78, 171-186, 196, 219, 232, 241, 255-260, 961. —Pseud., uu. 89, 99, 196, 32 K 343, 348, 380, 453, 479, 302, 507-523, 1134. —liud.. uu. 323, 336-380, 414-416, 485-494, 319-523, 327,533, 688-694, 723, 728, 745, 761, 780-786, 792-794, 866- 871).

Quand les trois sources donnent les noms, elles sont loin d'être d'accord : pour l'Aulularia, on n*en peut dres-

1. Il esl vrai que poiii* ces deux dernières pièces nous n*av(»ns pas C.

SLR l' « AULLLAKIA » DE PLALTE 13

ser une liste, puisque B^ ou B^ entrent seuls en ligne de compte pour plus de 600 vers* (cf. Mil,^ uu, 444, 496, 672, 774, 782, 936, 937, 966, 1078, 1313, 1373. — Pseud., uu. 16, 18, 240, 333, 843, 892, 914, 933, 936, 989, 1196, 1300^).

Un exemple, qui nous montre bien commentée faisaient ces restitutions arbitraires, se trouve dans le Rudens se. avant le m. 89. Le copiste, croyant n'avoir que deux interlocuteurs (PleusidijDpus et Sceparnio), quand il y en avait trois (les mêmes et Daemones), s'est mis à l'œuvre. Arrivé au w. 100, il s'est aperçu des absurdités qu'il commettait et s'est arrêté. H y a, dans les mss. 97 S., 97 P., 98 S., 98 P. au lieu de P, D, S, D : les noms d'ailleurs manquent dans presque toute la scène excepté dans D,

Les en- têtes de scène ont eu à subir, outre les traitements du même genre, dont la liste serait longue, des mutilations d'une autre nature.

Je vais prendre pour exemple TAulularia où ils sont relativement bien conservés ; mais il est des pièces où la fantaisie des copistes se donne une plus libre carrière 'K

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